Occupation d'EDF à Guigamp


Depuis le 7 décembre 2001, nous squattons la ferme du Rucaer rebaptisée Ty Disuj — la maison insoumise, en breton — à Pabu à côté de Gwengamp (Tregor 22). Cette occupation fait suite à l'expulsion de l'AcAB 9, rue de Monbareil à Gwengamp.

Peu de temps après notre arrivée à la ferme, EDF est venu nous couper l'électricité avec les gendarmes. Nous l'avons réinstallée jusqu'à ce que EDF coupe au poteau et enlève le câble le 17 décembre en plein pendant les 2 semaines les plus glaciales du mois. L'électricité ne nous sert pas seulement à nous éclairer mais aussi et surtout à nous chauffer. EDF a de plus porté plainte. Pendant ce temps, les propriétaires de la ferme engageaient une procédure d'expulsion en référé qui nous conduit à une expulsion pour le 7 janvier 2002.

Suite à la coupure d'électricité le 24, à 15h, nous habitantEs de la ferme et personnes nous soutenant, nous sommes rendus à l'agence EDF de Gwengamp pour l'occuper. Nous revendiquions l'arrêt des coupures d'électricité, le retrait de la plainte et la remise en place de l'élec’ à la ferme. Face à l'arrivée rapide des forces du désordre, nous avons rapidement fermé la porte avec de la ficelle, laissant une dizaine d'entre nous dehors et restant à six à l'intérieur avec 4 employées d’EDF. Précisons que les employées n'étaient pas retenues en otage, qu'il leur a été proposé de sortir par l'issue de secours et que nous avons condamné l'entrée uniquement pour nous protéger des violences policières.

Un policier en civil rentre par une fenêtre mais ne tente rien pour nous faire sortir. Après deux heures d'occupation calme, les autorités et les responsables EDF venues sur place préfèrent passer à l'action plutôt que de répondre à nos revendications. Une vingtaine de keufs surexcités déboulent en furie par derrière et tabassent violemment les 6 personnes à l'intérieur : coups de matraque aux visages, sur les mains, coup de pied dans les couilles, tabassages au sol. Aucun d'entre nous n'a opposé la moindre résistance et pourtant les coups ont continué à voler dans le fourgon et dans le commissariat. Les policiers de Guingamp en avaient fait une affaire personnelle et nous avaient promis ce tabassage lors de l'expulsion de l'AcAB le 14 Novembre. S'en suit pour les 6 interpellés (dont 5 souffrent de divers hématomes) une nuit de garde à vue pour le réveillon de Noël. Nous avons passé 18 heures à six dans une cellule de 5 mètres carrés, non chauffée, extrêmement humide et avec des chiottes sans chasse d'eau.

A notre sortie, nous apprenons que le procureur nous poursuit pour séquestration et que nous passeront en procès le 25 Fevrier 2002 à 13H30 au tribunal de Guingamp (22).

Nous remercions les personnes qui ont téléphoné pour protester.

Bill, 26 décembre 2001squattregor@caramail.com

Extrait de Cette Semaine #84, fév-mars 2002, p.12