Quelques condamnations et enquêtes en cours
~ Le 1er juillet 2003, Luca a été condamné
à Turin à 8 mois de prison fermes pour résistance,
tentative de favoriser la fuite dune personne
et refus de présenter un papier didentité.
Acquitté le 6 mars en appel de laccusation davoir
tabassé un journaliste (Genco, lors de lenterrement
dEdoardo Massari, anarchiste mort en prison en 1998. Par
contre lautre compagnon, Arturo Fazio, dans la nature
a vu sa peine de 3 ans et 8 mois confirmée), il était
arrêté laprès-midi même suite
aux bombages des locaux du journal La Stampa. Un passant, intervenu
lors de lintervention des flics contre la petite troupe,
a pris 6 mois et 20 jours avec sursis pour résistance
et violence à agent. Il avait accepté
la procédure de partegiamento, un deal avec le juge. La
troisième personne arrêtée est en attente
de jugement.
~ Le 11 juillet, près de 50 perquisitions se sont déroulées
en même temps dans toute lItalie. Le procureur de
Bologne a monté une nouvelle association subversive
(article 270bis), impliquant cette fois des compagnons avec des
camarades du milieu communiste, qui a été nommée
CRAC, Centro di richerca per lazione communista.
Aussi, pour parler clairement, non seulement nous refusons,
comme beaucoup de personnes ont l'habitude de faire dans ce genre
de cas, de "prendre de la distance" ; mais au contraire,
nous confessons que si le CRAC était réellement
une association en mesure d'accomplir de tels travaux précieux
("subversion de l'ordre démocratique"... "combattre
le capitalisme"... "détruire l'Etat"), nous
n'aurions certainement pas hésité à en faire
partie. Mais malheureusement, il n'en est pas ainsi. Et non pas
à cause de l'incapacité des amis et compagnons du
CRAC ; plutôt pour le simple fait que la révolution
sociale n'est pas la mise en acte d'un projet élaboré
par un groupe politique, par une avant-garde, par un parti, armé
ou moins que ça, mais bien plus un processus historique,
une catastrophe de l'époque, le fruit d'une explosion des
contradictions internes à une organisation sociale en déclin.
[extrait du communiqué du centre de documentation Porfido
à Turin]
~ Le 10 novembre, un compagnon de Trieste a reçu un
avis de fin denquête préliminaire du procureur
Casson, de Venise. Il est accusé davoir téléphoné
le 17 novembre 2001 à un journal de Venise pour communiquer
lemplacement dun document de 18 pages des Nuclei territoriali
armati, (organisation marxiste-léniniste apparue en 1995
dans le Veneto).
Avec cette déclaration, jentreprends quelque
chose qui me paraît avoir quelque chose de surréaliste
: contraindre un anarchiste à expliquer quil ne serait
pas prêt à écrire ni à défendre
un texte comme celui que vous mavez gracieusement rendu
disponible le 10 novembre (date à laquelle on ma
notifié la conclusion de lenquête préliminaire).
Je pense que la Digos est suffisamment informée à
propos de mes lectures, de mon mode de pensée et de mes
fréquentations anarchistes. (...) Comment expliquer tant
dacharnement, vu que sur 107 pièces à conviction,
pas moins de 95 sont des textes (livres, opuscules, revues) anarchistes
? Comment expliquer la cécité de ceux qui ne comprennent
pas quentre lusage de termes comme bourgeoisie
impérialiste et exploiteurs, il ny
a pas seulement une différence de langage, mais quil
sagit aussi de contenus, analyses, projets, tensions et
rêves différents ; que celui qui recherche des affinités
avec les autres compagnons nest pas le moins du monde intéressé
à se faire embrigader dans quelque organisation que ce
soit, un parti combattant qui se pose en avant-garde pour conquérir
le pouvoir. Poursuivre [ce texte], je le répète,
me semble pour le moins surréaliste : je devrais continuer
à critiquer un texte quon mattribue (ou que
jaurais contribué à rédiger, ou seulement
à publier, je nai toujours pas compris) pour faire
comprendre que je suis totalement étranger à cette
affaire ? (...) Je présume quen ne classant pas lenquête,
Casson me considère coupable dassociation subversive,
etc. Ou, autre hypothèse, il ne lintéresse
pas de savoir si jai fréquenté, connu ou soutenu
quelques militants de cette organisation combattante (mon usage
des initiales en majuscule est beaucoup plus modéré
que dans le communiqué dont on mattribue la paternité),
mais il voulait seulement trouver quelquun à qui
faire porter le chapeauil . Peu importe qui, lessentiel
est quil y en ait un.
[extrait de la déclaration de Fabio Sgarbul, novembre 2003]
~ Le 1er décembre, le tribunal de Cunéo a renvoyé
au 15 janvier le procès dun compagnon accusé
d incitation à la haine et à la violence
entre êtres humains de différentes ethnies.
Il avait tagué le 5 septembre 2002 des slogans antisionistes,
un autre contre Benetton et un dernier contre la police.
Mis à part que je ne sois absolument pas convaincu
de lexistence dun critère de différenciation
des être humains en ethnies, et que cela suscite ainsi en
moi une forte impulsion de suspicion et de répulsion, ,
je voudrais bien connaître celui qui a formulé à
mon encontre laccusation d incitation à
la haine et à la violence ethnique et quel serait
le groupe ethnie contre lequel je mexciterais avec tant
daigreur. A moins que je me sois choisi pour ennemi une
inexistante ethnie sioniste (comme si on pouvait parler
dune ethnie fasciste ou socialdémocrate) dont ferait
partie la famille Cavaglion [proprio dun des magasins tagué],
à moins quil y ait aussi une improbable ethnie
flicarde (analogue à lethnie inédite
policière ou magistrate) dont feraient
partie les personnes enrôlées dans les forces de
répression, ou encore, enfin, une surprenante ethnie
vénitienne [la famille Benetton est du Veneto] dont
les Benetton seraient les preux porte-drapeaux à travers
le monde ?.
[extrait de lopuscule de Guido Mantelli, Une accusation
insolite]
Les textes sont en général disponibles en italien
sur :
http://guerrasociale.org
http://anarcotico.net
[Extrait de "Cette Semaine" n°87, fév./mars
2004, p.5]