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Villiers-le-Bel : nouvelles mises en examen, le règne des balances
(Le 24 février 2008)

Quatre nouvelles mises en examen dans le dossier Villiers-le-Bel

Reuters, sam. févr. 23, 2008 9:46 CST

PARIS (Reuters) - Quatre personnes soupçonnées d’avoir tiré sur des policiers lors des violences de Villiers-le-Bel (Val-d’Oise) en novembre dernier ont été mises en examen vendredi, a-t-on appris auprès du parquet de Pontoise.

Elles devront répondre de "tentative d’"homicide" sur les policiers commise "en bande organisée", a précisé la procureur de Pontoise, Marie-Thérèse de Givry. Trois des suspects ont été écroués.

Au total, sur la quarantaine de personnes interpellées lors d’une vaste opération de police lundi dernier, dix-huit ont été mises en examen. Onze d’entre elles ont été écrouées à ce jour.

Avant vendredi, trois suspects avaient été mis en examen pour avoir roué de coups un commissaire de police, quatre pour l’incendie de bâtiments publics, cinq pour des jets de pierre et deux pour vol et destruction du véhicule appartenant au commissaire.

Lors d’une conférence de presse au palais de justice de Pontoise, Marie-Thérèse de Givry a estimé que le nombre de personnes écrouées démontrait que, pour le parquet, "la liberté est la règle et la détention l’exception."

La magistrate a été interrompue par des jeunes présents dans la salle aux cris de "Donnez-nous des preuves", par allusion à l’absence d’éléments matériels dans le dossier évoquée par des avocats de la défense.

Marie-Thérèse de Givry leur a répondu que l’instruction était toujours en cours et que la justice avait "besoin de temps."

"Aujourd’hui, il va falloir reconstruire Villiers-le-Bel et je veux dire aux jeunes que la justice va les aider", a-t-elle lancé, assurant que la lutte contre les discriminations était une priorité de la garde des Sceaux, Rachida Dati.

Les faits se sont produits dans le contexte de deux nuits de violences urbaines impliquant des dizaines, voire des centaines de jeunes gens.

Le président Nicolas Sarkozy s’est félicité vendredi de l’opération de police "exemplaire" menée à Villiers-le-Bel.

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Villiers-le-Bel : un 5e tireur présumé mis en examen

AFP et Le Figaro, 24/02/2008 | Mise à jour : 16:20

Au total, dix-neuf personnes qui ont été mises en examen et douze placées en détention provisoire depuis la vaste opération de police menée lundi à Villiers-le-Bel. La descente de police menée lundi à Villiers-le-Bel ne cesse d’apporter de nouveaux indices et de nouveaux noms aux enquêteurs. Samedi une cinquième personne a été mise en examen et incarcérée dans le volet de l’enquête concernant les tirs contre les forces de l’ordre fin novembre. Au total, ce sont plus de dix-neuf personnes qui ont été mises en examen et douze placées sous mandat de dépôt à l’issue la vaste opération de police menée lundi à Villiers-le-Bel pour retrouver les auteurs des violences survenues les 25 et 26 novembre à la suite de la mort de deux adolescents à moto percutés par un véhicule de police.

Les cinq hommes soupçonnés d’être les auteurs des coups de feu ont été mis en cause par des témoignages sous X mais aussi par certains autres gardés à vue. « La peur de partir en prison pour 15 ou 20 ans a finalement poussé certains suspects qui avaient commis des faits moins graves, à livrer aux enquêteurs le nom des tireurs », décryptait hier une source proche du dossier.

Le coup de filet de lundi a également permis de faire progresser les autres volets de l’enquête sur les auteurs des violences de fin novembre. Dans l’investigation sur le lynchage du commissaire de police, Jean-François Illy, le premier policier à être arrivé sur les lieux après la collision mortelle entre les deux jeunes et le véhicule police, trois personnes ont été mises en examen et placées en détention provisoire pour tentative de meurtre. De plus, cinq personnes ont été mises en examen, dont trois écrouées, pour jet de pierres sur les forces de l’ordre. Quatre ont été mises en examen et deux d’entre elles écrouées pour les incendies d’une bibliothèque et d’une école de Villiers.

Par ailleurs, deux personnes ont été mises en examen et placées sous contrôle judiciaire pour l’incendie du véhicule du commissaire Illy, dont le frère de Lakamy, l’un des deux adolescents décédés dans la collision. Une troisième personne déférée dans ce dossier a été entendue comme témoin assisté.

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Villiers-le-Bel : un cinquième tireur présumé incarcéré

dimanche 24 février 2008 | Le Parisien

Lundi, 35 personnes étaient placées en garde à vue lors d’un coup de filet faisant suite à l’enquête sur les émeutes de novembre 2007 à Villiers-le-Bel (Val-d’Oise). Aujourd’hui, 19 sont déjà mises en examen, dont 5 pour avoir tiré sur des policiers.

SIX JOURS après le coup de filet des services de police, un cinquième tireur présumé, âgé de 20 ans, a été déféré devant le magistrat instructeur hier après-midi, à Pontoise. Il a été mis en examen et écroué dans la soirée pour tentative d’homicide volontaire sur les policiers, avec arme, en bande organisée. Les faits se sont produits il y a pratiquement trois mois, lors de la deuxième nuit d’émeutes à Villiers-le-Bel.

A l’origine de cette flambée de violences : la mort de deux adolescents, décédés dans la collision de leur moto avec une voiture de police. Pour la première fois en France, les policiers avaient essuyé de nombreux tirs de fusil de chasse chargés de chevrotine et d’armes à grenaille, parfois à quelques mètres de distance seulement. Les affrontements avaient fait des dizaines de blessés parmi les forces de l’ordre. Cinq fonctionnaires avaient été grièvement touchés, l’un d’eux a perdu un oeil.

Témoignage sous X

« Mon client conteste les faits », a souligné l’avocat du jeune homme écroué pour ces tirs d’arme à feu , hier au tribunal de Pontoise où une poignée d’amis du suspect s’étaient déplacés pour le soutenir. Me Steve Ruben rappelle qu’« il s’était présenté spontanément le mardi matin aux services de police ». Et précise : « Contre mon client, il n’y a qu’un témoignage sous X et celui d’un autre mis en cause, mais aucun élément matériel ni aucune arme retrouvée. » L’audience s’est déroulée à huis clos, comme toutes les précédentes depuis mercredi, à la demande du procureur de la République.

Vendredi, quatre personnes ont été placées en détention pour ces tirs d’arme à feu. Parmi elles, Adama, présenté comme un grand frère par les uns, comme un chef de bande par les autres. « Il a confiance en la justice. Il est innocent », souligne son avocate, M e Sylvie Noachovitch . Elle précise que « des personnes se sont déclarées par l’intermédiaire de Dida (NDLR : l’ancien champion du monde de boxe thaïe, figure de Villiers-le-Bel et acteur aujourd’hui) en indiquant qu’elles étaient avec lui lors des faits. Je ferai en sorte qu’elles soient auditionnées par le juge d’instruction. »

Les mises en examen de vendredi dans le volet le plus lourd des émeutes n’ont pas occasionné de troubles importants à Villiers-le-Bel, où l’on a dénombré une voiture et une poubelle incendiées au cours de la nuit. Un important dispositif de maintien de l’ordre a été maintenu hier soir.

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Villiers : Les dénonciations en question

Dimanche 24 Février 2008, LeJDD.fr

Une semaine après le vaste coup de filet, à grand renfort de caméras, à Villiers-le-Bel, suite aux émeutes qui avaient secoué la cité francilienne en novembre dernier, l’heure est à l’interrogation. Le cas de certains accusés, dénoncés pour, à en croire les témoignages, s’en être directement pris aux forces de l’ordre, pose en effet problème. Leurs soutiens crient à la délation.

Le 7 février, Adama, 27 ans, serrait la main de Christine Boutin au ministère du Logement et de la Ville. Avec un éducateur sportif et deux autres "grands frères" de Villiers-le-Bel, ce Français d’origine sénégalaise était venu plaider la cause de cette cité du Val-d’Oise, où la mort de deux jeunes percutés par un véhicule de police avait entraîné deux soirées d’émeutes. "Un rendez-vous très constructif, indique aujourd’hui Ephra Kazadi, l’un des participants. La ministre veut nous aider à promouvoir l’emploi des jeunes issus des quartiers défavorisés." Vendredi, Adama a pourtant été mis en examen pour "tentative d’homicide volontaire sur agent de la force publique". Le débat sur la mise en détention de cet homme marié, père de trois enfants, a été différé à mercredi. La justice le soupçonne d’avoir tiré des plombs et de la grenaille sur des CRS, dont certains avaient été sérieusement blessés.

Juge de paix ou caïd ?

A Villiers, la mise en cause de cet ancien médiateur, qui dirige avec sa femme une entreprise de sécurité, a surpris. "Ici, on connaît plus Adama que le maire de la ville", assure Dida, un natif de la cité devenu champion du monde de boxe thaïe. "C’était une grande gueule qui se mêlait de tout. Il avait tendance à vouloir régler les problèmes. Beaucoup le jalousaient." Si certains le voient comme un juge de paix, les policiers eux parlent d’un caïd de cité ayant eu maille à partir avec la justice. "De nombreux témoignages concordent pour dire qu’il était le meneur des affrontements", confie un enquêteur.

Placé en détention provisoire, Adama clame pourtant son innocence. "Il a tout fait pour calmer les jeunes, plaide son défenseur, Me Sylvie Noachovitch. Son passé le rattrape." L’avocate, qui a longtemps fréquenté le plateau de l’émission Sans aucun doute sur TF1, connaît bien son client qui soutenait sa candidature UMP à l’élection municipale de Villiers-le-Bel... "Je souhaite que sa mise en cause n’ait rien à voir avec ce combat politique", espère Dida. Certains se demandent pourtant si la proximité d’Adama avec le parti de la majorité ne lui aurait pas valu d’être "balancé".

Son frère Abou et trois autres personnes ont aussi été mises en examen dans ce volet de l’enquête. Hier après-midi, un nouveau suspect a été présenté au juge d’instruction. Désigné par un indic’et présenté comme un habitué de la mosquée de Villiers-le-Bel, Maka est soupçonné d’avoir tiré au fusil de chasse sur les policiers. Comme pour les treize autres personnes mises en examen - pour l’agression d’un commissaire de police après l’accident, le caillassage des policiers, les incendies de la bibliothèque et de l’école maternelle -, les témoignages constituent le socle des investigations en l’absence d’ADN ou de preuves photographiques. Après l’appel à témoins lancé par la direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) de Versailles et la promesse d’une rétribution, certains ont voulu dénoncer les responsables de façon anonyme.

"Ils voulaient me faire avouer des choses que je n’avais pas faites"

"Certaines dénonciations ne sont pas assez précises, il y en avait quatre ou cinq vraiment exploitables", reconnaît un enquêteur. "C’est un procédé contestable. Comment se défendre quand il ne peut pas y avoir de confrontations ? On sait que les tireurs étaient cagoulés, comment ont-ils pu être reconnus ?" s’interroge Sylvie Noachovitch. Me Joseph Cohen-Sabban, qui défend Saïd, un chauffeur de taxi accusé d’avoir transporté de l’essence pour les incendiaires, envisage de contester le témoignage sous X qui accuse son client. "Mais c’est une telle usine à gaz !", avoue-t-il.

"Moi, on m’a d’abord dit que j’avais été dénoncé puis que j’avais été filmé", affirme un jeune de Villiers qui a passé 24 heures en garde à vue et qui veut garder l’anonymat. "En fait, ils voulaient me faire avouer des choses que je n’avais pas faites." "Grizzly", qui lui est ressorti libre après 40 heures de garde à vue, se demande qui sont les deux personnes qui l’auraient vu frapper un policier alors qu’il n’était pas à Villiers-le-Bel. Quant aux 7 400 euros retrouvés dans sa poche, dont la prise avait été annoncée par la procureure de Pontoise, ils proviennent selon lui de la vente d’un véhicule...

Vendredi, la magistrate a annoncé que sur la quarantaine de personnes interpellées, dix-huit avaient été mises en examen et onze écrouées. Elle s’est félicitée de la "réussite" de l’enquête, avant d’aller sabler le champagne avec ses collaborateurs. Hier, une cinquantaine de jeunes se sont réunis en silence à Villiers-le-Bel pour dénoncer cette opération médiatico-policière. Sur l’une des affichettes placardées sur les murs, on pouvait lire cette interrogation : "La délation est-elle devenue une preuve ?"

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