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Grigny : nouvelle perquisition massive
(Le 18 mars 2008)

Coup de filet après les affrontements de Grigny

mardi 18 mars 2008 | Le Parisien

« C’EST ENCORE une émeute ? », interroge une femme à sa fenêtre, inquiète. Non, c’est une descente de police. Hier matin, dans la plus grande discrétion, comparé à l’opération coup de poing à Villiers-le-Bel, le 13 février dernier, les forces de police sont intervenues à la Grande-Borne, à cheval sur Grigny et Viry-Châtillon dans l’Essonne.

L’opération visait vingt-deux personnes, suspectées d’avoir pris part, le 2 mars dernier, aux affrontements avec la police qui ont découlé d’une attaque-prétexte de la boulangerie le Fournil de Viry, seul commerce à plusieurs centaines de mètres à la ronde. Cinq policiers avaient été blessés. L’identification s’est faite, selon le procureur de la République d’Evry, sur la foi de la vidéo des caméras de surveillance du Fournil, de deux témoignages sous X et d’un ADN retrouvé sur des pavés. La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, s’est félicitée, hier, de la « rapidité de l’enquête ».

5 h 30, dans les allées des Serpentes et du Labyrinthe, les plus matinaux attendent le bus pour aller travailler. Rien, alentour, ne trahit l’imminence de l’opération. A 5 h 50 précises, semblant surgir de nulle part, une colonne de véhicules de police, appuyée par une vingtaine d’estafettes de CRS, pénètre par la grand-rue qui longe l’autoroute.

Plans en main, civils et uniformes - de source officielle deux compagnies de CRS chargées d’appuyer cent soixante policiers - se déploient dans la cité construite à la fin des années 1960. Les bâtiments, hauts de trois ou quatre étages, dessinent des courbes. Un premier groupe s’enfonce rue des Enclos. Place du Ménisque, l’un après l’autre, trois hommes menottés sont escortés vers les véhicules.

« Une dizaine de policiers sont rentrés chez nous violemment »

En deux heures, dix-neuf personnes sont interpellées. Neuf sont mineures, les dix autres âgées de 18 à 23 ans. La plupart seraient « connues » des services de police. Elles ont été placées en garde à vue et auditionnées dès la fin de matinée. Aucune arme n’a été retrouvée lors des perquisitions. Des portables ont été saisis.

Alors que l’intervention s’achève, Belkacem tente de reprendre pied. Son fils Iliès, 18 ans, a été arrêté par les CRS dans l’appartement familial. « Il était 6 heures du matin. Une dizaine de policiers sont rentrés chez nous violemment. Ma femme et mon fils dormaient. Ils nous ont dit de ne pas bouger. Puis, ils ont arrêté Iliès et sont repartis avec mon ordinateur », souffle-t-il. « Il est innocent, soutient l’oncle du jeune homme, Nourddine. Si on savait qu’il avait fait quelque chose de mal, on ne serait pas en train de vous parler, vous les journalistes ». Belkacem, lui, ne décolère pas : « Je me bats tous les jours pour que mes enfants filent droit. Ce n’est pas de policiers dont ils ont besoin, mais de l’autorité paternelle. »

Adossés au mur d’un immeuble, capuches sur la tête, un groupe de jeunes observe. « Y en marre de voir tout le temps les policiers dans le quartier. Je me suis encore fait contrôler ce matin en accompagnant mon petit frère à l’école », lance l’un d’eux. « Certains habitants sont contents qu’il y ait des interpellations, rétorque Rodrigue, 23 ans. Ils en ont ras le bol de toutes ces violences. »

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Policiers blessés à la Grande-Borne : 9 suspects déférés, 10 personnes relâchées

18/03/2008-[20:41] - AFP

EVRY, 18 mars 2008 (AFP) - Neuf suspects interpellés dans l’enquête sur des heurts dans la cité de la Grande-Borne dans l’Essonne le 2 mars, où des policiers avaient été blessés par des tirs de plombs, doivent être déférés au parquet mercredi, tandis que dix autres devaient être relâchés mardi soir, a-t-on appris de source judiciaire.

Trois majeurs et six mineurs devraient ainsi être déférés au parquet puis présentés à un juge d’instruction, sous réserve de l’évolution des investigations dans la nuit, a indiqué à l’AFP le procureur de la République d’Evry Jean-François Pascal, qui n’a pas souhaité ajouter de précisions sur les faits imputés aux uns et aux autres. La garde à vue de dix autres personnes - neuf interpellées lundi matin, une autre mardi - devait être levée dans la soirée. Le parquet doit ouvrir mercredi matin une information judiciaire, principalement pour tentative d’homicide volontaire et violences volontaires avec arme sur personnes dépositaires de l’autorité publique, le tout en bande organisée. L’instruction portera également sur des faits de vol, dégradations, et l’incendie d’une voiture. Le 2 mars, lors de l’agression, qualifiée de "guet-apens" par le ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie, cinq policiers avaient été blessés par des tirs de plombs, dont deux superficiellement, selon M. Pascal. Les affrontements avaient débuté vers 16H00 alors qu’une dizaine de jeunes s’en prenaient à une boulangerie du quartier de la Grande-Borne, à cheval sur Grigny et Viry-Chatillon, tentant d’y mettre le feu. L’un des braqueurs était parti en emportant la caisse enregistreuse. A l’arrivée de la police, les jeunes braqueurs avaient pris la fuite avant d’être rejoints par une vingtaine d’autres personnes. Deux coups de feu, vraisemblablement de fusil à pompe, chargés avec du plomb, avaient été tirés vers les policiers, qui avaient également été la cible de jets de projectiles dont des bouteilles remplies de graviers. Une voiture avait été incendiée. Dix-neuf personnes sur les 22 ciblées avaient été interpellés lundi à l’aube lors d’une opération de police, qui a mobilisé plus de 300 policiers et CRS. L’une d’elles avait déjà été relâchée lundi.

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Intervention massive des forces de l’ordre après l’agression de policiers

LE MONDE | 18.03.08 | 16h02

Dix-huit personnes étaient toujours en garde à vue, mardi 18 janvier, sur les 19 qui avaient été interpellées, lundi matin, à la Grande Borne, une cité de l’Essonne à cheval entre Grigny et Viry-Châtillon. Parmi les personnes arrêtées, soupçonnées d’être les auteurs de tirs de plomb contre des policiers survenus quinze jours plus tôt, figurent 10 mineurs. Toutes résident dans la cité et toutes étaient connues de la justice, "certaines même très connues pour avoir comparu à plusieurs reprises devant le tribunal pour enfants", indique le procureur du tribunal de grande instance d’Evry, Jean-François Pascal. Vingt-deux "cibles" avaient été identifiées par les forces de l’ordre dans le cadre de ces arrestations.

Une information judiciaire devait être ouverte pour "tentative d’homicide volontaire sur agents de la force publique en bande organisée", et "tentative d’incendie".

Un mois après l’opération de police menée à Villiers-le-Bel (Val-d’Oise), le dispositif est semblable mais le scénario plus discret. Cette fois, les caméras ont été conviées après. 200 policiers appuyés de deux compagnies de CRS (160 hommes) et des équipes cynophiles ont été mobilisés, contre 1 100 à Villiers. "Une opération propre", a conclu le procureur.

METTRE "LE PAQUET"

Plus rapide aussi. Le dimanche 2 mars, des jeunes avaient tenté de mettre le feu à la boulangerie Le Fournil avant de prendre la fuite en y dérobant la caisse et une boîte de chewing-gums Malabar. Intervenant quelques minutes plus tard, des policiers de la Brigade anticriminalité (BAC) et de la section départementale d’intervention (SDI) avaient été pris à partie par des jets de projectile et des tirs de fusil de chasse, blessant quatre fonctionnaires dont l’un à la mâchoire. "Les jeunes s’étaient retirés dans leur quartier et une trentaine d’entre eux avaient attendu la police, très excités", affirme le procureur. Pour la ministre de l’intérieur, Michèle Alliot-Marie, qui s’est félicitée des arrestations dès lundi, il s’agissait "d’un véritable guet-apens". La police estime aujourd’hui avoir mis la main sur l’auteur présumé des tirs, au terme d’une enquête menée avec les grands moyens. Des traces ADN ont pu être exploitées sur les bris de verre des bouteilles lestées de cailloux qui avaient alors été utilisées. Les vidéos de la caméra de surveillance de la boulangerie ont été exploitées. Et deux témoignages ont pu être recueillis sous X.

Deux jours après les événements, des policiers en tenue avaient eux-mêmes distribué des tracts à la Grande Borne pour lancer des appels à témoins et garantir l’anonymat. Seule différence sur ce point avec Villiers-le-Bel : aucune rémunération n’était promise en contrepartie. Le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, a donné pour consigne de mettre le "paquet" sur tous les auteurs de tirs qui se multiplient contre des policiers. Le syndicat UNSA-police, lui, préfère rappeler que "loin des actions médiatisées à grand renfort d’effectifs, la police nationale souffre d’un manque criant de moyens dans ces zones périurbaines sensibles". A la Grande Borne, le 2 mars, le "bazooka des banlieues", un grand tube de carton dur bourré d’un mélange détonnant et de mitraille, a été utilisé.

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