Revenir aux brèves

Actions directes

Afrique

Allemagne

Amérique du Sud

Antifascisme

Asie

Australie

Belgique

Canada

Ecoles

Espagne

Etats-Unis

Europe

Faux-amis

Grèce

Italie

Keufs, juges, contrôleurs, militaires, journalistes...

Libération animale

Monde

Moyen/Proche-Orient

Notes critiques

Nuisances et Technologies

Parutions

Pays-Bas

Prisons & Centres de rétention

Publicité

Repression et Propagande policiere

Réacs de tous poils

Russie/Ukraine/Biélorussie

Solidarité(s)

Squats

Suisse

Turquie

Revenir à Cette Semaine

Bobigny : procès de cinq jeunes accusés de tentative d’assassinat de policiers
(Le 22 mai 2008)

Le procès du guet-apens se tient à huis clos

jeudi 22 mai 2008 | Le Parisien

Les cinq jeunes accusés de tentative d’assassinat de policiers comparaissent depuis hier à la cour d’assise des mineurs de Bobigny.

A 16 H 05, hier, le rideau de fer s’est abaissé sur la salle d’assises du tribunal de Bobigny, après que la présidente a prononcé la publicité restreinte des débats. Le procès de cinq jeunes accusés de tentative d’assassinat de policiers lors d’un violent caillassage le 13 octobre 2006 à Epinay (notre édition d’hier) se tiendra ainsi jusqu’au 30 mai. Mis à part les victimes, les accusés, les témoins, les parents et les avocats, nul n’est autorisé à assister à cette audience.

Sur les bancs de la salle, après le tirage au sort des jurés - majoritairement masculins -, il ne reste qu’une petite quinzaine de personnes.

Le procès a démarré en retard, un accusé manquait à l’appel. Il a fallu attendre qu’une escorte aille le chercher à la maison d’arrêt de Villepinte pour que le box soit au complet, avec les quatre détenus. Seul celui qui était mineur au moment des faits comparaît libre, sous contrôle judiciaire.

« On attend beaucoup de ces assises »

Le procès, dont le huis clos était prévisible puisqu’il s’agit de la cour d’assises des mineurs, n’a pas attiré les foules. Les rares proches des accusés présents ne sont guère plus bavards que l’avocate des policiers, M e Vanina Versini. « C’est à l’intérieur que ça se passe ! » lâche-t-elle en traversant la salle des pas perdus, avant le début de l’audience qui devait se consacrer hier aux personnalités des accusés.

Quelques collègues des victimes sont plus loquaces, comme Kamel Hadj, délégué SGP-FO (Syndicat de gardiens de la paix) qui était en poste à Epinay en 2006. « On attend beaucoup de ces assises. Les violences contre les policiers sont de plus en plus graves et le fait qu’elles soient jugées aux assises est un signe fort de la justice. »

Un signe un peu trop fort, du point de vue de la défense. « Ce procès aurait dû être jugé en correctionnelle, répète M e Dominique Tricaud, l’avocat de deux accusés. Le juge d’instruction n’avait pas retenu la volonté de tuer, c’est le parquet qui a fait appel, à un moment où le ministre de l’Intérieur de l’époque (NDLR : Nicolas Sarkozy) réclamait les assises pour les agresseurs de policiers. »

Pour un autre avocat de la défense, Me William Julie, « il y avait une volonté évidente que ce procès aille aux assises ». Lui plaidera l’acquittement, assurant que son client n’était pas à Epinay ce jour-là. Au-delà des éléments matériels (ADN, téléphonie...), c’est un témoin entendu sous couvert d’anonymat qui a mis en cause, avec force détails, les accusés, expliquant que le guet-apens avait été organisé en représailles à une interpellation musclée quelques jours plus tôt. A la demande de la défense, il devrait être entendu lundi, par visioconférence, préservant son anonymat.

***********

Un guet-apens anti-flics aux assises

Que la loi ait changé ou non, ils auraient bien comparu devant les assises. Cinq jeunes d’Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) sont jugés à partir de ce mercredi par la cour d’assises des mineurs de Bobigny pour « tentative d’assassinat ». En 2006, ils avaient tendu un guet-apens à des policiers, blessant l’un d’eux au visage. Un « lynchage » « planifié », d’une « extrême violence », selon les enquêteurs.

Après l’épisode d’Epinay, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, avait souhaité que les agresseurs de « policiers, gendarmes et pompiers soient renvoyés devant les assises ». En mars 2007, la loi de prévention de la délinquance a donc facilité ce renvoi, en créant une infraction spécifique de violences commises en « bande organisée » ou avec « guet-apens ».

Mais renvoyer des suspects devant cette cour était déjà possible, en cas de tentative d’assassinat ou assassinat d’un dépositaire de l’autorité publique. Les auteurs risquaient déjà la perpétuité. En revanche, en cas de « violences volontaires », c’était direction le tribunal correctionnel. Depuis la loi, l’intention criminelle n’est plus indispensable. D’où « un risque d’encombrement des assises », selon Me Benbey, avocate. Surtout, pour Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature, « cette politique d’aggravation des sanctions n’est pas dissuasive et fait de la répression la solution miracle à la délinquance ». Le procès doit s’achever le 30 mai.

20 Minutes, éditions du 21/05/2008 - 07h17

Suivant
Imprimer l'article