Les sans-papiers dispersés et recasés à la va-vite
Le transfert de 232 retenus de Vincennes dans cinq autres centres risque de bouleverser encore un peu plus l’équilibre des CRA, déjà fragile. A Nîmes, 100 sans-papiers ont été transférés par TGV dans un centre de 120 places où se trouvaient 12 personnes. A Lille, l’ancien centre, « Lesquin-1 », fermé en 2006, a été rouvert dans l’urgence pour accueillir une partie des 54 arrivants. A Paris, 40 hommes ont été transférés au centre de dépôt du Palais de Justice, vidé pour l’occasion. Des religieuses seraient là « pour humaniser les lieux ». Les autres ont été emmenés à Rouen et Palaiseau (91).
Dans ces conditions, il est difficile d’imaginer comment les retenus de Vincennes, dispersés, éloignés de leurs familles, choqués par ce qu’ils ont vécu ce week-end, peuvent réagir. A moins qu’ils ne soient vite libérés, comme le laissent entendre des associations, leurs droits n’étant pas respectés (possibilité de visite des familles, entre autres). En tout cas, l’ensemble des retenus du pays semblent être au courant de la rébellion vincennoise. Sauf à Bordeaux, où la télévision du centre a été coupée dimanche, officiellement en raison de l’orage.
20 Minutes, éditions du 24/06/2008 - 07h02