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Fortunes diverses pour les ex-retenus de Vincennes
(Le 27 juin 2008)

Fortunes diverses pour les ex-retenus de Vincennes

Immigration . Les personnes incriminées dans l’incendie ont été libérées mercredi. Situation compliquée pour les sans-papiers transférés en province.

Les deux retenus placés en garde à vue dimanche soir par la première division de la police judiciaire ont été libérés mercredi soir. Faute de charges à retenir contre eux, « le tribunal de grande instance (TGI) de Paris les a libérés », confirme Julie Chancel, de la Cimade. L’un garde le statut de témoin assisté. L’autre a été placé en contrôle judiciaire dans le cadre de l’enquête sur l’incendie volontaire qui a détruit, dimanche dernier, le centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes.

Ces deux individus avaient été arrêtés - « au hasard et pour l’exemple », assure un témoin - dans le désordre ambiant qui régnait lors de l’évacuation d’urgence. Déférés au parquet, ils étaient accusés d’avoir « incité à l’émeute » après la mort au CRA d’un sans-papier tunisien, samedi après-midi. « Il faut des responsables, analyse Brigitte Wieser, membre de RESF. Or ces deux personnes dérangent car elles communiquent. » Symbole du cafouillage administratif, le seul sans-papiers déclaré « en fuite » depuis dimanche a finalement été retrouvé mercredi. Loin de s’être enfui, il avait, en fait, été transféré à l’hôpital avant d’être placé en détention au CRA de Palaiseau !

La situation des retenus transférés en province se complique de jour en jour. Depuis le début de la semaine, des dizaines d’entre eux ont réussi à être libérés suite aux multiples vices de procédure constatés au cours de leur transfert. La donne a désormais changé, à l’instar du tribunal de Nîmes. « Mercredi matin, cinq avocats, mandatés par l’État et accompagnés d’une armada de policiers, sont arrivés de Paris », témoigne Michel Touzet, de RESF Nîmes. Résultat : le juge des libertés et de la détention (JLD) a choisi, mercredi, de maintenir en rétention 72 des 78 sans-papiers en provenance de Vincennes. Des verdicts énoncés sur fond du Chant des partisans, fredonné par les militants associatifs présents au tribunal.

« Force est de constater que ces avocats ont fait pression sur le JLD qui avait, pourtant, relâché massivement les sans-papiers mardi », commente Brigite Wieser. Au final, seul six d’entre eux ont retrouvé la liberté. Ils sont ressortis du tribunal sans un sou en poche, portant toujours leurs vêtements noircis par l’incendie. Ce sont les associations qui les ont pris en charge et payé leur billet retour.

Hier, il ne restait toutefois que 65 sans-papiers de Vincennes au CRA de Nîmes. « Même si aucun vice de procédure n’est reconnu, le juge ne peut maintenir les retenus au-delà de la durée légale. Certains en ont bénéficié », précise Michel Touzet. Le collectif appelle à un rassemblement aujourd’hui, à 18 heures, sur la place de la Maison-Carré. De son côté, le débat sur les responsabilités de l’incendie du CRA continue. Hier, le Syndicat de la magistrature a dénoncé « une politique inhumaine à l’égard des étrangers, qui, au nom d’une volonté d’affichage des résultats chiffrés, attaque les fondements de l’État de droit ».

Humanité, 27 juin 2008

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