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Montreal : émeute contre la répression policière
(Le 12 août 2008)

Montreal : émeute contre la police

mardi 12 août 2008 - 11:54

À Montréal (au Canada), des émeutes ont éclaté dans la nuit de dimanche à lundi au terme d’une manifestation visant à dénoncer la mort de Freddy Villanueva, un jeune homme de 18 ans abattu samedi par la police dans le parc Henri-Bourassa.

Selon les informations de la presse et de radio Canada, quelque 500 policiers ont été déployés sur les lieux, mais ils ont eu fort à faire pour contenir les émeutiers, qui ont mis le feu à une vingtaine d’endroits et se sont livrés à des actes de vandalisme. Six personnes ont été arrêtées.

Deux policiers ont été blessés au cours de l’opération, dont une agente qui a reçu une balle à la jambe. Un ambulancier a aussi reçu un cocktail Molotov derrière la tête. Un caméraman a été frappé au visage et des roches ont été lancées en direction de cars de reportages. Sept voitures appartenant à des pompiers travaillant dans une caserne située près du parc ont notamment été brûlées. Une autre voiture a aussi été incendiée et le feu s’est propagé à un immeuble du boulevard Rolland.

Pendant ce temps, la famille de la victime, Freddy Villanueva, demande des explications. « Pourquoi ? Pourquoi l’agent de police avait-il besoin de le tuer », gémissait la soeur de la victime, Patricia Villanueva. « Pourquoi n’a-t-il pas fait de tirs d’avertissement ? » Freddy Villanueva est mort samedi lorsqu’un agent de police a fait feu sur trois jeunes qui, selon la version des autorités, se seraient rués sur une policière. Deux autres personnes ont été blessées. Hospitalisés, ils sont aujourd’hui officiellement « dans un état stable » ( ?). Selon la police, les agents, qui cherchaient à appréhender un individu recherché qu’ils venaient de repérer, auraient été encerclés par une vingtaine de jeunes dans un parc. Le jeune homme interpellé aurait été le frère de Freddy Villanueva, Danny.

Ce qui s’est passé ensuite reste confus. Selon des témoins, Freddy Villanueva aurait vivement protesté contre l’arrestation de son frère.

Les policiers prétendent évidemment avoir ouvert le feu contre des jeunes (désarmés !) pour se défendre devant leur attitude menaçante.

Mais ce qui est certain, c’est que la police canadienne est tristement célèbre pour ses brutalités (rien à voir avec l’image d’Epinal de la police montée des bandes dessinées !) ; au point que le 2 novembre 2005, le Comité des droits de l’Homme de l’ONU déclarait dans son rapport sur le Canada s’inquiéter que « la police, en particulier à Montréal, pratique des arrestations de masse de manifestants », ce qui brime la liberté d’expression et d’assemblée. Le comité invitait le Canada « à mener une enquête » sur la police de Montréal. On voit ce qu’ont donné ces tartufferies onusiennes...

A Québec, l’autre grande ville de la province canadienne du Québec, la police locale a mis en place une opération dite "Respect" ( !) pour interdire la présence de sans-abris, mendiants, et autres pauvres faisant tache, dans les rues et les parcs de la ville. Une manifestation contre la répression policière demandant l’abrogation de cette opération et la fin de la criminalisation de la pauvreté a rassemblé quelques centaines de manifestants le 7 juillet dernier.

Au Canada comme ailleurs, exploitation, impérialisme (le contingent canadien est l’un des plus importants aux côtés des soldats américains en Afghanistan) et répression vont de pair. Mais là-bas comme ici, l’oppression entraîne et entraînera inévitablement la révolte !

Police partout, justice nulle part !

http://nantes.indymedia.org/article/14736

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Nuits d’émeutes dans un quartier sensible de Montréal

La mort d’un jeune de 18 ans, tué par la police samedi, a mis le feu aux poudres. Des heurts ont à nouveau eu lieu à Montréal cette nuit.

AFP, LIBERATION.FR : mercredi 13 août 2008

La police de Montréal a arrêté douze personnes dans la nuit de mardi à mercredi à la suite d’escarmouches entre les forces de l’ordre et des jeunes dans un quartier sensible où une émeute avait éclaté ce week-end. Ces violences sont liées à la mort samedi d’un jeune du quartier Montréal-Nord, appelé par certains le « Bronx » de Montréal, à forte communauté haïtienne.

Ce soir-là, deux policiers abordent un groupe de jeunes, un incident a priori banal qui s’est terminé tragiquement. Un policier tire des coups de feu, tuant Freddy Villanueva, 18 ans, et blessant deux autres de ses amis.

Une marche pacifique a été organisée dimanche après-midi. Mais dans la nuit de dimanche à lundi, des protestations contre cette présumée bavure policière ont dégénéré en émeutes : huit voitures incendiées, des abris d’autocars saccagés, des commerces pillés et des coups de feu tirés tard dimanche soir. Au cours de ces échauffourées, trois policiers ont été blessés, dont un touché par balle à la jambe, ainsi qu’un photographe du journal La Presse.

Une enquête a été lancée par la Sûreté du Québec pour faire la lumière sur la mort de ce jeune homme, la version des policiers montréalais, qui affirment avoir été agressés par un groupe de jeunes gens, divergeant de celle des proches de la victime.

« Ça fait longtemps que ça bout »

L’importante communauté d’origine haïtienne qui vit dans ce secteur, est souvent victime d’affrontements entre gangs de rue. Certains se disent victimes de profilage racial de la part de la police dans ce secteur défavorisé de la métropole québécoise.

« Ils abusent les policiers. Je me suis fait arrêter à tous les coins de rue... Ici on est une famille, on réagit », lance John, casquette vissée sur son bandana, à propos d’un secteur qu’il nomme lui-même « Montréal-Noir ».

« Ça fait longtemps que ça bout dans le quartier », souligne Réjeanne, femme aux cheveux gris qui dit vivre dans ce secteur depuis 26 ans.

Des violences avaient déjà éclaté au printemps dans le centre-ville de Montréal après la victoire des Canadiens de Montréal au premier tour des phases finales du championnat nord-américain de hockey sur glace (LNH).

Mais pour le chef de la police de Montréal Yvan Delorme, l’émeute de la nuit constitue une première dans la mesure où elle fait suite à la mort d’un jeune homme tué par la police. Les autorités craignent la répétition des violences au cours des prochaines nuits et tentent d’éviter « de mettre de l’huile sur le feu ».

« C’était une rébellion pas seulement contre le service de police, mais contre le système », a affirmé de son côté Pierson Vaval, un travailleur communautaire au cours de la même conférence de presse.

« Il y a deux, trois ans, on avait parlé des émeutes en France, et on se disait : est-ce qu’on est à l’abri de ça ? On voit aujourd’hui que Montréal n’est pas à l’abri ».

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