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Toulouse : Lourdes peines pour deux caillasseurs d’Empalot
(Le 25 octobre 2008)

La Dépêche du Midi, 25/10/2008 08:30

Toulouse : Lourdes peines pour deux caillasseurs d’Empalot

Condamnés à deux ans et un an de prison ferme pour leur participation aux actes répétés de vandalisme et de violences contre des agents de sécurité de Tisséo, en septembre.

À défaut de faire le procès de cette société qui a conduit à la déshérence des quartiers, la justice a lourdement condamné hier deux de ses symptômes. Deux ans et un an ferme avec maintien en détention pour deux mômes de 19 et 18 ans, seuls auteurs identifiés (1) des caillassages à répétition qui ont réuni une quarantaine de jeunes les pires soirs, et pourri le quotidien des habitants d’Empalot, en septembre dernier. Des peines supérieures aux réquisitions de la procureure de la République, Florence Bru, prononcées lors d’une audience tendue où les policiers veillaient en nombre aux réactions des amis et de la famille des deux prévenus.

Lampistes interchangeables dont l’emprisonnement ne mettra pas un terme au mal-être des cités ? Me Gauthier Beaugrard, l’avocat d’Anthony Lombardo et Mustapha Bouziane le pense : « La prison ruinera leur vie et ne réglera rien. Demain, d’autres prendront leur place dans le box. »

« Pluie de cailloux »

N’empêche, la justice a voulu faire exemple. Car les faits sont plus que sérieux. À la nuit tombée, entre le 4 et le 22 septembre, à six reprises pour les délits les plus graves, des jeunes d’Empalot caillassent arrêt de bus, station de métro et pis, s’en prennent violemment aux agents de prévention de Tisséo qu’ils encerclent, lapident, insultent, menacent de mort.

Le pic de ces émeutes chroniques est atteint le 11 septembre où les policiers consigneront les faits en ces termes : « Une pluie de cailloux déferle sur Empalot. » Une pluie jaillie de la rue et des coursives du 8e étage. Lombardo reconnaît avoir lancé le pavé qui a explosé les vitres de l’arrêt de bus, au risque de blesser les quatre voyageurs qui s’y abritent.

Dans le box, inconscients que par leurs actes ils se condamnent eux-mêmes et « ghettoïsent » leur quartier-territoire, les deux jeunes gens ne parviennent à répondre à la question centrale qu’assène et répète la présidente, Danièle Ivancich : « Pourquoi ? »

« On n’aura jamais de réponse à ce pourquoi », se désole Paul-André Courdesses, l’avocat de Tisséo. En refusant d’endosser le rôle de meneur dont le tribunal l’habille, Lombardo, renfrogné dans une colère mal contenue sera condamné à la plus lourde peine. Son compère Bouziane doit à son amende honorable - « J’ai avoué, je regrette, je m’excuse » - un peu plus de mansuétude.

(1) Confondus par les images de vidéosurveillance par la brigade des violences urbaines de la sûreté.

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