Après le centre culturel italien, une concession FIAT visée par un engin piégé à Barcelone
Vendredi 15 juillet 2005, 17h58
Un engin piégé artisanal, constitué d’un autocuiseur, a explosé vendredi devant un concessionnaire d’automobiles italiennes dans la banlieue de Barcelone (nord-est) sans faire de blessé, a-t-on appris auprès de la police.
Cet action pourrait être liée à l’attentat perpétré mardi devant le centre culturel italien à Barcelone et pour lequel la piste d’un groupuscule anarchiste italien était privilégiée, selon la préfecture de Catalogne.
L’explosion qui s’est produite vers 04h30 (02H30 GMT) à Prat de Llobregat, devant une concession Fiat, n’a causé que des dégâts matériels limités, essentiellement des bris de glace, selon la police.
L’engin était composé d’un autocuiseur, de trois cartouches de gaz et d’une mèche pyrotechnique et avait été posé sur le sol devant l’entrée de l’établissement, selon les constatations policières.
Des spécialistes du Tedax, unité de déminage de la police nationale, se sont rendus sur place pour analyser les restes de l’engin et passer au crible les environs avec l’aide de chiens spécialistes de la détection d’explosifs.
Des voisins ont déclaré avoir vu une voiture noire s’éloigner peu avant l’explosion.
Le directeur de l’établissement visé, Vicente Muñoz a confirmé pour sa part que les dégâts étaient mineurs, considérant qu’il s’agissait de l’oeuvre de "vandales".
Selon le préfet de Catalogne Joan Rangel, cette explosion pourrait être liée à l’attentat perpétré mardi matin devant le centre culturel italien de Barcelone (nord-est), qui avait blessé un policier et tué un chien des services de déminage.
M. Rangel a estimé que "même si à ce stade de l’enquête on ne peut pas faire d’affirmation définitive, tout fait penser que les auteurs des deux explosions sont les mêmes ou bien sont des personnes liées entre elles".
La police soupçonne des membres des milieux anarchistes italiens habitant à Barcelone ou dans les environs, d’être à l’origine de l’attentat de l’institut culturel.
La bombe artisanale au centre culturel italien était composée d’une cafetière dans laquelle une petite charge explosive avait été placée.
"Il y a déjà eu des actions de groupes anarchistes qui protestaient contre la détention en Italie de deux jeunes, précisément accusés d’avoir perpétré des attentats de ce genre dans leur pays", avait confié le préfet de Catalogne, peu après cet attentat.
Ce milieu s’était fait remarquer récemment en organisant plusieurs manifestations à Barcelone pour réclamer la libération d’anarchistes prisonniers en Italie.
M. Rangel a toutefois reconnu vendredi que les éléments dont disposait la police sur ces groupuscules anarchistes étaient "peu nombreux".