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Ces associations qui veulent prendre en charge les centres de rétention
(Le 25 janvier 2009)

La Croix, 25/01/2009 20:45

Ces associations qui veulent prendre en charge les centres de rétention

L’Ordre de Malte et d’autres associations justifient leur candidature pour intervenir dans les centres de rétention

Au nombre des dossiers sensibles que devra très vite trancher le nouveau ministre de l’immigration, Éric Besson, figure celui des centres de rétention. Souhaitant mettre un terme au « monopole » de la Cimade, son prédécesseur, Brice Hortefeux, avait lancé un appel d’offre pour confier à d’autres associations la mission de soutien aux étrangers menacés d’expulsion.

Annulé par le juge administratif, l’appel d’offre a fait l’objet en décembre d’une nouvelle rédaction. Les candidats doivent déposer leur dossier avant le 10 février pour une partie ou la totalité des 30 centres répartis en huit zones géographiques.

Parmi ces associations, certaines ont déjà une expérience dans le domaine de l’assistance aux étrangers, comme France Terre d’Asile ou Forum Réfugiés. En revanche, d’autres étaient moins attendues, tel l’Ordre de Malte. Ce dernier explique pourquoi il va prochainement déposer un nouveau dossier de candidature. « L’article 2 de notre charte fondatrice nous donne mission, depuis 1 000 ans, d’intervenir auprès des personnes malades, sans abri ou qui vivent hors de leur pays », explique Alain de Tonquedec, directeur de la communication.

Dans la pratique, l’association gère depuis dix ans une « plate-forme famille » destinée aux déboutés du droit d’asile. Elle touche ainsi environ 2 000 personnes principalement en région parisienne. « C’est en vertu de cette expérience que nous sommes candidats pour les régions Nord et Ouest. Nous n’avons pas besoin de cela pour occuper nos salariés qui ont déjà assez à faire. Mais nous portons attention à toutes les formes de pauvreté », souligne Alain de Tonquedec.

La candidature du "Collectif respect" soulève des questions

Également peu attendue, l’Association service social familial migrants (Assfam) va se porter candidate pour les centres de rétention de la région parisienne. Christian Laruelle, son directeur, ne cache l’intérêt de l’Assfam pour un nouveau champ d’activité. « Nous ne fonctionnons pas avec des bénévoles mais des professionnels, des travailleurs sociaux formés au droit des étrangers, indique-t-il. La baisse des crédits à l’intégration nous oblige à reconvertir nos 110 salariés sur d’autres missions ». 10 à 20 salariés de l’Assfam, qui suivront un complément de formation juridique, pourraient rapidement intervenir dans les centres de rétention.

Après la publication de l’appel d’offre, c’est surtout la candidature du « Collectif respect » qui a soulevé le plus de questions. Le mystérieux collectif a été créé par des personnalités plutôt de droite, en 2001, après les sifflets de la Marseillaise lors du match de foot France-Algérie. Son fondateur, Frédéric Brard, a depuis quitté le collectif pour un poste de conseiller... au ministère de l’immigration !

Sitôt sa candidature connue des autres associations, le « Collectif respect » a été désigné comme un « sous-marin » du gouvernement décidé à affaiblir le rôle de la Cimade.

"Pour interpeller les pouvoirs publics"

L’un des responsables de ce collectif, l’écrivain d’origine africaine Gaston Kelman - auteur notamment de Je suis noir et je n’aime pas le manioc - confirme vouloir intervenir avec une « philosophie différente » que celle de la Cimade marquée, accuse-t-il, par une vision « misérabiliste » de l’immigration. « Il faut marcher sur deux pieds, le respect de la tradition d’accueil de la France et le respect de la loi républicaine, analyse l’écrivain. On sera dans les centres pour interpeller les pouvoirs publics sur les abus mais pas pour s’opposer à une politique légitime. »

Sur un ton moins polémique, Alain Tonquedec reconnaît aussi une différence de sensibilité entre l’Ordre de Malte et d’autres associations : « La Cimade fait une analyse politique alors que nous nous interdisons une prise de position publique sur la politique des gouvernements quels qu’ils soient. » Le responsable insiste, en revanche, sur la liberté de parole de l’Ordre de Malte pour témoigner de situations d’injustice. « Nous avons un statut de droit public international, précise-t-il. Nous sommes neutres, indépendants mais nous ne sommes pas une association docile. Personne ne nous musellera ».

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