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16e nuit (11/12 novembre) : Décrue des violences en Ile-de-France, regain en province
(Le 12 novembre 2005)

samedi 12 novembre 2005, 12h03

Décrue des violences en Ile-de-France, regain en province

PARIS (Reuters) - Les violences urbaines ont diminué en Ile-de-France dans la nuit de vendredi à samedi mais connu une légère recrudescence en province.

Au total, 502 véhicules ont été incendiés, au lieu de 463 la veille, a annoncé le directeur général de la police nationale (DGPN), Michel Gaudin, lors de son point de presse quotidien.

Toutefois, le nombre de ces incidents, en cette 16e nuit consécutive de violences, est tombé à 86 en Ile-de-France, au lieu de 111 la nuit précédente.

"La caractéristique de cette nuit est qu’on a retrouvé une situation quasi normale en région Ile-de-France", a dit Michel Gaudin. "En revanche, en raison de la dispersion des actions, on note une légère remontée des véhicules brûlés en province."

Le ministère de l’intérieur a ainsi décompté 416 véhicules brûlés en province au lieu de 352 la veille.

Cette disparité des situations est également reflétée par la répartition des communes concernées : repli de 54 à 46 en région parisienne mais 11 communes de plus en province, soit au total 163 au lieu de 160 la veille.

Les chiffres de la nuit montrent aussi une grande dispersion des actions : sur ces 163 communes, 101 n’ont été le théâtre que d’un ou deux incendies de véhicules et seulement 22 en ont enregistré cinq ou plus.

En province, ce sont les villes de Lyon (20 véhicules incendiés), Toulouse (18), Lille (13) et Strasbourg (12) qui ont été les zones les plus "chaudes".

Les forces de l’ordre ont interpellé 206 personnes, après 201 la nuit précédente, ce qui porte à 2.440 le nombre total des interpellations depuis le début de la crise, le 27 octobre.

Un jeune homme de 19 ans, dont l’interpellation musclée, filmée lundi par France 2, a valu à huit policiers d’être suspendus, a de nouveau été arrêté samedi matin à son domicile au Bourget.

Il "a été à nouveau repéré, après un incendie de véhicules, dans un groupe qui lançait des pierres sur les sapeurs-pompiers" au Bourget (Seine-Saint-Denis), a expliqué le DGPN. "Un officier des sapeurs-pompiers (l’a) reconnu".

L’un des policiers impliqués dans cette "bavure" a été placé vendredi en détention provisoire et quatre autres ont été placés sous contrôle judiciaire. Les trois autres ont été mis hors de cause. Le syndicat de police Alliance s’est insurgé contre une sanction " disproportionnée ".

"EXTREME VIGILANCE"

La police recherche par ailleurs un homme qui a été vu lançant deux engins incendiaires contre la mosquée de Carpentras, dans le Vaucluse.

"On peut difficilement isoler cet événement du contexte global", a commenté Michel Gaudin.

Deux policiers ont été blessés, dont un a été brûlé au deuxième degré au visage et au cou par l’explosion d’un cocktail Molotov placé sur le siège arrière d’une voiture en feu à Saint-Quentin (Aisne). Il a cependant pu sortir de l’hôpital.

Parmi les autres faits marquants de la nuit, deux grands magasins vendant des papiers peints et des meubles ont été incendiés à Rambouillet (Yvelines), de même qu’une garderie à Savigny-le-Temple (Seine-et-Marne).

Un hélicoptère des forces de l’ordre a permis d’empêcher l’incendie d’un collège de Sevran (Seine-Saint-Denis) en repérant neuf personnes qui s’apprêtaient à y mettre le feu. Elles ont été arrêtées avant de pouvoir passer à l’acte.

Dans l’entourage du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, on espérait samedi matin que la conjonction de la pluie et du match de football France-Allemagne au Stade de France, près de Paris, "calmerait" les fauteurs de troubles.

L’"extrême vigilance" reste de rigueur, a cependant déclaré le directeur général de la police nationale.

"Nos effectifs tournent toujours à plein régime", a souligné Michel Gaudin, qui a fait état de 11.620 policiers et gendarmes mobilisés dans la nuit de vendredi à samedi, dont 3.000 à Paris.

Le préfet de police de Paris a interdit les rassemblements "de nature à provoquer ou entretenir le désordre" dans la capitale de samedi 10h00 à dimanche 8h00, à la suite d’appels à des actions violentes contre des sites comme les Champs-Elysées ou la Tour Eiffel sur internet ou par SMS.

Des mesures de couvre-feux sont appliquées dans des communes de six départements (Alpes-Maritimes, Somme, Seine-Maritime, Loiret, Eure et Landes).

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samedi 12 novembre 2005, 9h08

Des incidents dans les banlieues pour la 16e nuit consécutive

PARIS (Reuters) - Des incidents ont de nouveau éclaté vendredi, pour la 16e nuit consécutive, en région parisienne et en province, notamment à Saint-Quentin (Aisne) où un policier a été grièvement brûlé au visage par l’explosion d’un cocktail Molotov.

Un homme masqué circulant à scooter a par ailleurs lancé en début de soirée deux engins incendiaires contre la mosquée de Carpentras (Vaucluse), dont l’un a explosé contre la porte de l’édifice à l’heure de la prière, a-t-on appris auprès de la Direction de la police nationale.

Jacques Chirac a condamné cette "agression" et exprimé sa "solidarité avec la communauté musulmane de la ville". "Toute la lumière sera faite" sur cet acte, a-t-il assuré dans un communiqué.

A 4h00, la Direction générale de la police nationale recensait 384 véhicules brûlés sur l’ensemble du territoire.

Au total, 463 véhicules ont été incendiés en France, dont 111 en Ile-de-France, dans la nuit de jeudi à vendredi.

A 2h00 samedi, les forces de l’ordre avaient procédé à 119 interpellations contre 120 la veille à la même heure.

En Ile-de-France, à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), six cocktails Molotov ont été jetés dans la cour d’un commissariat. Une école maternelle a été partiellement endommagée par un incendie à Savigny-le-Temple (Seine-et-Marne). A Rambouillet (Yvelines), un magasin de papiers peints et un magasin de meubles ont été incendiés.

En province, quatre mineurs ont été interpellés à Rennes (Ille-et-Vilaine) après l’incendie d’une école maternelle qui est "fortement dégradée ".

A Amiens (Somme), où un couvre-feu est en vigueur, une trentaine de personnes ont plongé dans le noir une partie des quartiers Nord de la ville après avoir " neutralisé " un transformateur EDF. Des échauffourées les ont opposées aux forces de l’ordre.

Dans l’Aisne, à Saint-Quentin, un policier a été brûlé au deuxième degré au visage par l’explosion d’un cocktail molotov qui avait été placé dans un véhicule en feu.

A Toulouse, treize véhicules avaient été brûlés et deux mineurs interpellés vers minuit, a-t-on appris à la préfecture de Midi-Pyrénées.

UN POLICIER ÉCROUÉ POUR UNE "BAVURE"

La sécurité a été renforcée à Paris pour le week-end du 11 novembre de crainte de "descentes" de casseurs.

Le préfet de police a décidé d’interdire les rassemblements "de nature à provoquer ou entretenir le désordre" dans la capitale de samedi 10h00 à dimanche 08h00, à la suite d’appels à des "actions violentes" sur internet et via des SMS.

Les lignes de transports en commun menant à Paris, en particulier le réseau RER, font l’objet d’une surveillance renforcée.

Au total, quelque 3.000 hommes sont mobilisés dans la capitale pour ce long week-end qui fait figure de test pour les forces de l’ordre.

A Paris, Bordeaux et Toulouse, notamment, la vente au détail de carburants a été interdite pour empêcher la fabrication éventuelle d’engins explosifs.

Vingt-cinq départements métropolitains sur 96 ont été autorisés à instaurer un couvre-feu pour les mineurs de 21h00 à l’aube jusqu’au 20 novembre inclus, aux termes du décret réactivant la loi du 3 avril 1955 sur l’état d’urgence.

Cette mesure exceptionnelle est désormais appliquée dans des communes de six départements : Alpes-Maritimes, Somme, Seine-Maritime, Loiret, Eure et Landes, où le préfet a pris un arrêté en ce sens vendredi.

Un policier a été placé vendredi en détention provisoire et quatre autres ont été placés sous contrôle judiciaire pour des violences sur un jeune homme lundi à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), a-t-on appris de source judiciaire.

Huit policiers avaient été suspendus pour cette "bavure", filmée et diffusée sur France 2. Les trois autres policiers ont été remis vendredi en liberté.

Le syndicat de police Alliance s’est insurgé vendredi contre une sanction " disproportionnée ".

"C’est vrai que dans cette affaire, il y a une erreur qui a été commise. Il est tout à fait normal que le collègue soit sanctionné mais de là à être mis sous mandat de dépôt, c’est incompréhensible", a déclaré sur France Info le porte-parole d’Alliance, Jean-Luc Garnier.

"Les collègues ne comprennent pas. C’est disproportionné. Il faut raison garder", a-t-il ajouté.

Quelque 300 personnes se sont rassemblées vendredi devant le Mur de la Paix au Champ-de-Mars, à Paris, à l’appel du collectif "Banlieues Respects" pour demander le retour à la paix dans les quartiers. Une marche silencieuse est prévue samedi à Toulouse.

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Les violences dans la région

Pau et agglomération.

Fin de semaine agitée dans le quartier de l’Ousse-des-Bois. Dans la nuit de vendredi à samedi, un salon de thé-restaurant, situé au coeur du quartier, a été dévalisé avant d’être incendié. Deux individus, un majeur et un mineur, ont été interpellés pour ces faits. Durant le week-end, huit véhicules ont brûlé dans différents quartiers.

Angoulême. Dans la nuit de vendredi à samedi, trois jeunes gens ont tenté d’incendier un transformateur d’EDF dans le quartier de Petite-Garenne. Ils ont été mis en fuite par la police. Les patrouilles en recherche ont dû essuyer des jets de pierres de jeunes postés sur les toits. Un jeune homme de 19 ans était en garde à vue, hier soir.

Un distributeur brûlé. Lons n’a pas été épargnée par les flammes. Il était un peu plus de 3 heures du matin dans la nuit de samedi à dimanche. Un scooter a pris feu devant une agence du Crédit agricole de Lons le Perlic. Résultat, un distributeur automatique de billets a été totalement détruit par le feu qui s’est propagé. Les dégâts sont importants et le distributeur hors service. L’agence bancaire devrait toutefois ouvrir ses portes ce mardi. Hier soir, les enquêteurs hésitaient entre la thèse d’un geste crapuleux et celle des violences urbaines. Les constatations et les analyses de la police scientifique devraient permettre d’y voir plus clair en début de semaine prochaine. INTER Salon de thé incendié. Dans la nuit de vendredi à samedi, plusieurs incendies se sont déclarés dans le quartier de l’Ousse-des-Bois. A 20 heures, une patrouille de police a été caillassée. Puis, peu après 22 heures, un groupe de jeunes a soulevé le rideau de fer du salon de thé-restaurant Le Diamant, installé dans le centre commercial de l’avenue Monseigneur-Campo. Des boissons, des cigarettes, des confiseries et le fond de caisse ont été dérobés. Puis l’établissement a été incendié. Les pompiers ont rapidement pu maîtriser le sinistre, malgré une arrivée accueillie par des cailloux. La partie restaurant a été fortement endommagée. Quelques minutes plus tard, les policiers ont interpellé un jeune âgé de 16 ans. Ils ont trouvé sur lui une somme d’argent qui correspondait au fond de caisse, ainsi que des documents au nom du restaurateur. Un peu plus tard, un homme majeur était appréhendé en possession de boissons et de friandises, probablement issues du magasin. L’individu sera jugé cet après-midi, dans le cadre des comparutions immédiates. Le mineur quant à lui a été laissé libre au terme de sa garde à vue. Il est convoqué devant un juge pour enfants.

Journal "Sud Ouest"

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Véhicule de La Poste détruit devant une concession automobile incendiée, à Aulnay-sous-Bois 12 novembre 2005.

Une concession automobile incendiée dans la nuit du 11 au 12 novembre 2005 à Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis.