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Emeutes de 2005 à Stains : cinq ans de prison pour l’agresseur présumé du citoyen-pompier
(Le 24 juin 2009)

Emeutes de 2005 : cinq ans de prison pour l’agresseur de Le Chenadec

Le Parisien | 13.06.2009, 02h49

Salaheddine Alloul a été condamné vendredi soir à cinq ans de prison pour le coup mortel qui a entraîné la mort de Jean-Jacques Le Chenadec. Le drame s’était déroulé le 4 novembre 2005, un de ces soirs d’émeutes qui embrasaient les banlieues. La victime était d’ailleurs descendue avec l’un de ses voisins éteindre un feu de poubelles, lorqu’avait éclaté une altercation avec un groupe de jeunes.

L’avocate générale Agnès Thibault avait requis vendredi après-midi « 8 à 10 ans de prison » contre ce jeune homme jugé depuis mercredi aux assises de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Frappé d’un coup de poing, au pied de son immeuble de Stains, la victime, âgée de 61 ans, avait sombré dans le coma et était décédée deux jours plus tard.

Durant le procès, l’accusé de 22 ans a nié avoir frappé Le Chenadec. Les témoins qui ont permis son arrestation en juillet 2007 sont aussi revenus sur leurs déclarations. Mais pour la substitut du procureur, pas doute « Alloul est bien le bon coupable ». Pour elle, il a agi « dans un coup de colère, il a perdu la maîtrise de soi. Il ne voulait pas la mort de Jean-Jacques Le Chenadec, c’est pourquoi il a autant de mal à admettre sa responsabilité aujourd’hui », a-t-elle estimé. S’il n’y a pas de preuves matérielles dans le dossier _ « ni empreintes ADN, ni caméras de videosurveillance » _ il y a suffisamment d’éléments, selon Agnès Thibault, pour confondre Salaheddine Alloul. A commencer par ce « menton en galoche », décrit par Jean-Pierre Moreau, le voisin, présent à côté de la victime.

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Stains : « Je veux savoir pourquoi il a frappé mon mari »

La veuve de Jean-Jacques Le Chenadec attend beaucoup du procès qui s’ouvre aujourd’hui devant les assises. Lors des émeutes de 2005 , son mari avait été tué d’un coup de poing.

Le Parisien | 10.06.2009, 07h00

Dans son salon aux rideaux rouges, où chaque meuble porte un portrait de Jean-Jacques, cadres serrés sur les souvenirs de trente-cinq ans d’amour, Nicole se sent prête. Voilà près de quatre ans qu’elle l’espère, ce procès qui lui permettra de « tourner la page » et d’aller se recueillir sur la tombe de son mari, dans le petit cimetière d’un village de Lorraine, pour lui dire : « L’homme qui a causé ta mort a été puni.  »

Ce matin, aux assises de Bobigny, s’ouvre pour trois jours le procès de Salaheddine Alloul, l’auteur présumé du coup de poing qui a coûté la vie à Jean-Jacques Le Chenadec, à Stains, le 5 novembre 2005. Les émeutes dans les banlieues duraient depuis huit jours. Ce soir-là, Jean-Jacques Le Chenadec était descendu en bas de chez lui, boulevard Maxime-Gorki, pour éteindre un feu de conteneur à poubelles allumé par un petit groupe de jeunes. Resté dehors pour discuter avec son voisin Jean-Pierre Moreau, le sexagénaire avait alors reçu plusieurs coups de poings, dont l’un, assez violent pour provoquer sa chute. Sa tête avait heurté le bitume. Plongé dans le coma, il était mort deux jours plus tard sans reprendre connaissance. Mort d’« une lâche agression », comme le rappelle une petite plaque scellée dans le mur de la résidence.

« Cette année aurait été celle de nos 40 ans de mariage »

« Tous les jours, je pense à Jean-Jacques, reprend sa veuve. Tout le temps, je me demande ce qu’on ferait, ensemble à tel ou tel moment. Cette année aurait été celle de nos 40 ans de mariage, mais en fait, on venait de commencer notre vie à deux : les huit mois de retraite où l’on s’est retrouvés ont été très importants, et alors j’ai su que nous allions aimer encore ces années ensemble. Mais Jean-Jacques est mort et il me manque. »

Nicole aborde ce procès sans désir de vengeance, sans même de curiosité pour « un homme que je ne connais pas », mais avec des questions auxquelles seul l’accusé peut apporter des réponses. « Je veux savoir pourquoi il a frappé mon mari », répète Nicole Le Chenadec. « Je veux savoir pourquoi il a provoqué des feux de poubelles, la veille déjà puis ce soir-là, pour obliger Jean-Jacques à descendre. S’il n’était pas sorti, il serait toujours là, avec moi. »

Il a fallu un an et demi de vaines recherches avant d’identifier l’agresseur décrit par le voisin comme « un jeune homme à capuche, avec un menton en galoche ». Salaheddine Alloul, 22 ans, a été interpellé en juillet 2007 dans son quartier du Clos-Saint-Lazare. L’omerta qui le couvrait depuis des mois s’est soudain brisée parce qu’un autre jeune du quartier, arrêté par les policiers, risquait de payer pour lui.

A l’heure de croiser son regard, Nicole se montre sereine. « Je n’appréhende pas ce moment, assure-t-elle. Je m’inquiète surtout de ce qu’il va dire. » Salaheddine Alloul risque quinze ans de réclusion. « Peu importe le nombre d’années, du moment qu’il est condamné. Je veux penser qu’il a déjà commencé à réfléchir, depuis qu’il est en prison. »

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