Villiers-le-Bel : entre un et trois ans ferme pour dix jeunes
AP | 17.07.2009 | 18:48
Le tribunal correctionnel de Pontoise (Val d’Oise) a condamné vendredi dix jeunes hommes à des peines comprises entre un et trois ans d’emprisonnement ferme pour leur participation à des violences urbaines, visant notamment des policiers, en novembre 2007 à Villiers-le-Bel.
Condamnés pour des violences volontaires sur des policiers avec les circonstances aggravantes de violences en réunion avec armes et guet-apens, sept des jeunes, qui ont comparu libres, ont été arrêtés et incarcérés après la lecture du jugement, a-t-on indiqué de source judiciaire. Un mandat d’arrêt a été lancé contre un huitième, absent vendredi.
"C’est un jugement qui se veut exemplaire, comme une volonté, peut-être, de faire passer le message qu’il n’y aura pas d’indulgence à leur égard", a réagi devant la presse Me Frédéric Aiguillon, l’un des avocats de la défense.
Le 3 juillet dernier, le parquet avait requis un an de prison avec sursis contre un jeune sans casier judiciaire qui a finalement écopé d’un an ferme. Entre douze et 18 mois avaient été réclamés pour six autres, et trois ans ferme pour trois récidivistes. Les peines prononcées sont légèrement différentes, un seul jeune ayant finalement été condamné à trois ans ferme. Un autre a vu un sursis antérieur de 15 mois révoqué.
Le jugement a été rendu dans le calme sous haute protection policière.
Les jeunes avaient globalement reconnu avoir jeté des pierres et d’autres projectiles sur les policiers intervenus à Villiers-le-Bel après la mort de deux garçons dont la mini-moto avait été percutée par une voiture de policiers le 25 novembre 2007. Si les jeunes roulaient sans casque, il a également été attesté que les policiers roulaient trop vite.
Cinq jeunes ont été renvoyés début juillet devant la Cour d’assises du Val d’Oise pour avoir tiré avec des armes à feu sur les policiers. Le procès pourrait se tenir début 2010. Selon le ministère de l’Intérieur, une centaine de policiers ont ainsi été blessés par des tirs de plombs. Une bibliothèque, une école, un commissariat de police en construction ainsi que différents commerces ont notamment été saccagés ou incendiés après la mort de Moushin, 15 ans, et Laramy, 16 ans, deux habitants d’une cité de Villiers-le-Bel.
L’enquête sur la mort des deux garçons est toujours en cours sans qu’aucun policier n’ait été inquiété alors que la défense a produit des éléments laissant penser que les torts étaient au moins partagés. L’inaction de la justice dans ce volet de l’affaire a souvent été dénoncée par les habitants de la ville et les familles des victimes.