Manifestation anti-Otan : Relaxe en appel pour un étudiant allemand
La cour d’appel de Colmar a relaxé mercredi un Allemand de 23 ans, condamné en première instance à six mois de prison ferme après avoir été interpellé en possession d’une barre métallique en avril dernier à Strasbourg lors d’une manifestation anti-Otan.
Dans son arrêt, la cour d’appel a notamment estimé que la « barre » en question « ne constitue pas une arme par destination » au sens du code pénal puisqu’elle n’a « pas été utilisée pour menacer, blesser ou dégrader ».
Détenu depuis plus de trois mois, Jan T., un étudiant paysagiste à Dresde (est de l’Allemagne) qui avait un casier judiciaire vierge, a été remis en liberté. Le délibéré a été accueilli par les cris de joie de la trentaine de sympathisants venus le soutenir, une manifestation vite réprimée par le président Jérôme Bensussan qui leur a ordonné de se taire.
Un peu plus tôt, l’avocat général avait pourtant requis la confirmation de la peine prononcée le 6 avril par le tribunal correctionnel de Strasbourg à l’encontre du prévenu, condamné à six mois de prison ferme et trois ans d’interdiction de territoire français pour « port prohibé d’arme » et « participation avec arme à un attroupement ».
Le jeune homme avait été interpellé le 2 avril vers 18H00, à la veille de l’ouverture du sommet de l’Alliance atlantique, non loin du campement autogéré des anti-Otan où il venait de s’installer. La journée avait été émaillée de violentes échauffourées entre militants anti-Otan et forces de l’ordre et quelque 300 personnes avaient été interpellées.
Unique élément à charge, le témoignage d’un policier affirmant que le jeune Allemand faisait alors partie d’un « attroupement » d’une vingtaine de personnes et qu’il était en possession d’une « barre de fer », une « arme par destination » de 6e catégorie selon l’accusation.
Le policier affirmait également que le jeune Allemand portait un T-shirt noir sur lequel était inscrit : « Anarchist Black Block Resist Rebel Revolt ».
À la barre, Jan, T-shirt rouge et barbe en collier, a reconnu avoir eu en main un tube métallique d’une quarantaine de centimètres ramassé par terre « après avoir quitté » l’attroupement et qu’il comptait l’utiliser comme simple « piquet de tente ». Assurant n’avoir voulu commettre ni violences ni dégradations, il a également nié avoir revêtu le T-shirt décrit par le policier, affirmant qu’il se trouvait « dans (sa) veste ».
Pour la défense, Mes Joachim Lederle et Christine Mengus ont plaidé la relaxe, brossant le portrait d’un jeune « issu d’une famille de militants », injustement « diabolisé » et victime d’un premier jugement digne d’une « justice expéditive » rendue « dans le feu des événements ».
Deux autres militants allemands, condamnés en première instance à six mois de prison, doivent comparaître en appel à Colmar les 5 et 19 août prochain.
L’Alsace, 29 juillet 2009