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Perpignan : prison avec sursis pour les deux étudiants anarchistes
(Le 13 août 2009)

Midi Libre jeudi 13 août 2009

Manifestations anti-LRU : prison avec sursis pour les deux étudiants

C’est entourés d’une cinquantaine de membres de leur comité de soutien que Yann Dubois et Pierre Habet, les deux étudiants de l’UPVD qui avaient été placés sous contrôle judiciaire à l’issue des mouvements de protestations contre la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) en novembre et décembre 2007, se sont présentés hier au tribunal de Perpignan.
Et c’est non sans un certain étonnement qu’ils ont entendu le jugement, prononcé à leur encontre. Relaxés pour l’un des chefs d’inculpation, ils ont tous deux été condamnés à 200 E d’amende pour outrage, et à un mois de prison avec sursis pour avoir refusé de se soumettre à un test ADN.
De plus, ils ont été condamnés à verser 350 E chacun à la partie civile pour frais de justice.

Pour les deux étudiants, comme pour leur comité de soutien, ce jugement a été ressenti comme une injustice. "Ils avaient l’intention de condamner deux militants anarchistes, et c’est ce qu’ils ont fait ! Nous sommes condamnés mais nous aimerions bien savoir pourquoi : l’action civile de l’université avait été démontée par nos avocats lors de l’audience... En fait, dès notre garde à vue, nous étions condamnés" s’offusquait Pierre Habet.

"Le préjudice c’est nous qui l’avons subi"

De son côté, Yann Dubois dénonçait "un procès politique. Mais cette décision ne change rien : malgré la menace de la prison avec sursis qui flotte au-dessus de nos têtes, nous n’allons pas rester dans notre coin pendant cinq ans. Ce genre de justice est celle de la bourgeoisie, de l’Etat. Ce n’est pas la nôtre. Le préjudice c’est nous qui l’avons subi, avec la garde à vue et le contrôle judiciaire, pas l’université. Nous ne baisserons pas les bras" . Et effectivement, le comité en réunion a décidé de soutenir Pierre et Yann dans leur intention de faire appel de la décision de justice.

**********

Face à la "justice", Pierre et Yann ne sont pas seuls !

En 2007, Pierre et Yann, deux militants de la Coordination des Groupes Anarchistes, de SUD Étudiant Perpignan et pour l’un d’entre eux de Maulets au moment des faits, ont été placés en garde à vue. Cueillis chez eux, la police a perquisitionné leurs appartements et a pris leurs ordinateurs. Nos deux compagnons paient encore aujourd’hui la volonté du pouvoir de décrédibiliser et criminaliser à tout prix la lutte contre la LRU, qui a animé les universités ces dernières années. Après 48 heures de garde à vue, et 7 heures supplémentaires enfermés dans les cellules du tribunal, aucune des charges initiales n’a été retenue contre eux. Des plaintes nominatives d’outrage ont été déposées par certains professeurs contre Pierre et Yann. Les deux étudiants ont donc été accusés de « dégradations, vol, menaces de mort... » par ces mêmes profs qui se sont fait remarquer par leurs attitudes provocatrices et violentes, et pour leur opposition à la grève.

Un an et demi après, le comité de soutien « Justice pour Pierre et Yann » (CGA, Maulets et SUD Étudiant) a permis de recueillir plus de 3000 signatures, et de multiplier les rassemblements et les manifestations de soutien. Le 29 juin, Pierre et Yann passaient au tribunal accusés finalement d’outrages, outrages en réunion et pour avoir refusé le fichage ADN pendant la garde à vue.

Le fichage ADN est d’ailleurs un sujet particulièrement polémique. On remarque que les services de police doivent demander son accord au gardé à vue, avant de prélever sa salive, pour être enregistré au Fichier National Automatique des Empreintes Génétiques (FNAEG). Le refus du fichage ADN peut être réprimé par un an de prison et 15.000€ d’amende. Selon l’article 16.1 du Code Civil : « Chacun a droit au respect de son corps. Le corps humain est inviolable ». Les prélèvements génétiques sont une attaque à la dignité et l’intégrité physique ; personne ne peut être contraint à une intervention, sans fondement médical, sur son propre corps. C’est une atteinte aux libertés individuelles. En étendant ce fichage à pratiquement tous les crimes et délits (à l’exception de la délinquance économique et financière...), on se dirige vers un fichage génétique généralisé, contraire au respect des libertés de chacun.

Lors du procès, les deux étudiants ont pu compter sur le témoignage de six militants qui ont contextualisé les agressions supposées, au moment de la mobilisation contre la LRU. À l’intérieur et à l’extérieur du Palais de Justice, plus de 200 personnes se sont rassemblées pour apporter leur soutien aux deux étudiants. Ainsi, le tribunal fut forcé d’entendre ce qui n’avait échappé à personne : ce procès était clairement politique, et les deux anarchistes, Pierre et Yann, en étaient les têtes de turc. Les professeurs anti-grève qui avaient porté plainte contre eux étant absents, c’est le juge qui a fait la lecture de leurs déclarations, et qui avait visiblement à cœur de défendre ces « pseudo-victimes ».

Pierre et Yann n’ont reconnu aucun des faits, aucune des déclarations, aucune des charges qu’on tente de leur imputer ! Aujourd’hui comme hier, nous dénonçons toutes les manœuvres qui prétendent démontrer artificiellement les charges contre les militants. S’ils sont condamnés, ce sera simplement parce que leurs choix politiques et leur implication ne s’accordent pas avec les défenseurs de l’État, d’un ordre établi indiscutable et d’une société acritique.

Nous réclamons l’arrêt des poursuites contre Pierre et Yann ! Nous faisons un appel à l’ensemble des acteurs des luttes étudiantes et plus généralement des mouvements sociaux à être solidaires et à agir contre la criminalisation des luttes.

Le mercredi 12 août à 8h00, le Comité de soutien « Justice pour Yann et Pierre » appelle à un rassemblement devant le Tribunal de Perpignan où sera rendu le verdict !

Rassemblement de soutien sans badge, ni drapeau.

Le 7 août 2009

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