Un SDF en garde à vue pour des dégradations de voies SNCF
Un homme a été arrêté après avoir été vu jetant des fers à béton sur les caténaires des voies SNCF de Pantin. Le trafic a été suspendu, occasionnant une belle pagaille gare de l’Est.
Le Parisien | 25.10.2009, 07h00
Un homme sans domicile fixe a été interpellé puis placé en garde à vue hier matin à Pantin (Seine-Saint-Denis) soupçonné d’être l’auteur des actes de malveillance qui ont paralysé samedi le réseau de transports en commun à l’arrivée et en provenance de Paris-Est. A l’heure des départs pour les vacances de la Toussaint, les trains grandes lignes et les navettes avec la banlieue sont restés à quai hier, provoquant une vaste pagaille.
« Des objets métalliques d’importante dimension ont été jetés sur les voies du haut du pont Edouard-Vaillant, à proximité de la gare de Pantin », précise la SNCF, qui évoque « des panneaux de signalisation, des barrières métalliques ». Lancés sur les rails dans la nuit de vendredi à samedi, ces objets ont endommagé au passage les caténaires. « A Pantin, c’est le pire scénario qui puisse survenir car c’est un noeud ferroviaire de huit voies et toutes ont été touchées. C’est un tronc commun et tous les trains passent par là, ce qui nous a obligés à arrêter totalement la circulation », explique la SNCF, qui parle d’un « acte grave de malveillance ». L’entreprise a déposé plainte pour « dégradation » et « mise en danger de la vie d’autrui ».
Déjà repéré dans le secteur
Les faits se sont déroulés entre 3 heures et 4 heures hier matin. Selon les premiers éléments de l’enquête, il ne s’agirait donc pas d’un sabotage réfléchi. Les agents de la police ferroviaire en patrouille de nuit ont remarqué un jeune homme d’une vingtaine d’années qu’ils avaient déjà repéré dans le secteur. En le surveillant de plus près, ils l’auraient « vu sur le pont s’emparer d’un fer à béton provenant d’un chantier de voirie en cours et le jeter sur les caténaires », indique une source de l’enquête. Interpellé aussitôt et confié aux policiers du commissariat de Pantin, l’auteur, « un sans-domicile-fixe un peu éméché », aurait agi sans raison particulière. Il était toujours en garde à vue hier soir.
C’est la seconde fois en quelques jours que la SNCF est victime d’actes de malveillance.
Un précédent sur un autre noeud de circulation à 8 km au sud de Paris pourrait être à l’origine d’un incident électrique qui avait créé de grosses difficultés sur le réseau de la gare de Lyon où le trafic avait été réduit de moitié jeudi et vendredi derniers, pénalisant 800 000 voyageurs. La SNCF soupçonne que « le sectionnement volontaire de deux câbles électriques au Vert-de-Maisons soit la cause de l’incendie d’une armoire électrique et de tous les câbles de signalisation de ce secteur à forte densité de trafic ». Une centaine de techniciens experts de l’infrastructure avaient été mobilisés pour résoudre l’incident. Ils avaient dû remplacer et tester un à un les 800 circuits de signalisation avant de permettre aux lignes D et R du Transilien, aux TER, Corail et TGV de reprendre la route. La motivation des auteurs n’était ni terroriste ni vandale, mais bien financière : ils auraient dérobé 200 mètres de câbles de cuivre.