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Paris : attaque contre l’Office du tourisme espagnol
(Le 3 novembre 2009)

SEMAINE LONGUES PEINES : ACTION CONTRE L’OFFICE DE TOURISME ESPAGNOL

Indy nantes, mardi 03 novembre 2009 - 18:51

« NON DA JON ? » , POUVOIR ASSASSIN !

Dans le cadre de la semaine contre les longues peines et tous les enfermements, l’Office du tourisme de l’Etat espagnol, sis 43 rue Decamps à Paris (16ème), a été attaqué dans la nuit du lundi 2 au mardi 3 novembre. Les vitres de la porte d’entrée et d’une fenêtre ont volé en éclat et ses murs ont été tagués avec les inscriptions : « A bas la torture d’Etat et les peines de perpétuité », « Non da Jon ? », « Pouvoir assassin ».

« A bas la torture d’Etat et les peines de perpétuité » : Héritière de la dictature franquiste, la démocratie espagnole a conservé la pratique de la torture comme technique policière. La torture est généralisée dans le traitement des conflits politiques, plus particulièrement face aux luttes sociales liées au mouvement indépendantiste basque (luttes contre les centrales nucléaires, contre le train à grande vitesse T.A.V., pour les lieux autogérés, les gaztetxe...). Que ce soient dans les casernes de la Guardia Civil pendant les gardes-à-vue (mise au secret, noyades, étouffements, viols et simulations de viols...) ou dans le cadre de la « guerre sale » (enlèvements, séquestrations, assassinats...), l’Etat inscrit son pouvoir dans le corps des révoltés. Alors qu’en France la rétention de sûreté qui est en train d’être mise en place promet l’enfermement à vie, l’Espagne depuis une dizaine d’années s’est dotée d’un arsenal juridique qui rend la perpétuité effective, par exemple en supprimant les remises de peines pour les longues peines.

« Non da Jon ? » (« Où est Jon ? ») : Depuis sept mois, Jon Anza, militant de Euskadi Ta Askatasuna (Pays Basque et Liberté) a disparu lors d’un trajet en train entre Bayonne et Toulouse. Selon des informations rapportées par le quotidien indépendantiste basque Gara, Jon aurait été enlevé par des agents de la Guardia Civil, torturé jusqu’à la mort puis enterré sur le sol français. Cela rappelle clairement les pratiques du GAL (Groupe Antiterroriste de Libération) qui dans les années 80 menaient des attentats et des assassinats contre la population et les militants basques pour le compte de l’Etat espagnol. De nombreuses manifestations regroupant des milliers de personnes ont lieu régulièrement derrière ce mot d’ordre « Non da Jon ? » pour réclamer la vérité sur sa disparition et dénoncer la guerre faîte au Pays Basque par l’Etat espagnol avec la collaboration de l’Etat français.

« Pouvoir assassin » : Aves des intensités différentes mais selon des méthodes similaires, l’Etat ne se prive pas d’assassiner pour maintenir son ordre social, que ce soit dans les quartiers populaires et les prisons françaises, comme en Grèce, au pays Basque ou en Algérie. De même, les longues peines d’enfermement sont des peines d’élimination physique et sociale qui s’apparentent à une mort lente. Face à cela, certains prisonniers ne se laissent pas écraser, tels Christophe Khider et Omar Top El Hadj qui se sont évadés de la centrale de Moulins-Yzeure en février dernier avant d’être repris, ou encore Amadeu Casals en Espagne qui tente de sortir depuis de nombreuses années de l’isolement en détention en appelant à la solidarité active à l’extérieur.

C’est dans ce contexte que nous envisageons la semaine contre les longues peines et tous les enfermements, comme un moment pour mettre en acte notre détermination à lutter contre ce monde qui tue, enferme et exploite.

Contre tous les Etats

Contre tous les enfermements

Liberté pour toutes et tous

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