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1er jour d’audience : compte rendu du procès des inculpés de l’incendie de Vincennes
(Le 25 janvier 2010)

compte rendu de la 1ere journée du procès des inculpés de l’incendie de Vincennes

Indy Nantes, lundi 25 janvier 2010

Aujourd’hui lundi 25 janvier a débuté le procès des dix sans-papiers accusés d’avoir participé à la révolte collective qui en juin 2008 a abouti à la destruction du centre de rétention de Vincennes.

En réalité ce procès n’a pas vraiment commencé et demain nous saurons si la juge madame Dutartre peut continuer à présider les audiences à venir et si Nadir Autmani, en détention depuis 8 mois, sera remis en liberté.

Aujourd’hui lundi 25 janvier a débuté le procès des dix sans-papiers accusés d’avoir participé à la révolte collective qui en juin 2008 a abouti à la destruction du centre de rétention de Vincennes.

En réalité ce procès n’a pas vraiment commencé et demain nous saurons si la juge madame Dutartre peut continuer à présider les audiences à venir et si Nadir Autmani, en détention depuis 8 mois, sera remis en liberté.

Voici un compte rendu succinct de ce qu’il s’est passé au tribunal aujourd’hui.

Avant même l’ouverture du procès, nous avons appris que l’un des prévenus avait été arrêté dans une rafle dans le secteur de la gare du nord et était placé en garde à vue. N’étant pas présent au début de la séance, l’audience a été suspendue jusqu’à ce qu’il soit libéré. A 15h30, le prévenu arrive et les audiences reprennent dans le brouhaha, les slogans à l’extérieur faisant écho à l’agitation à l’intérieur. Il y a encore des places dans la salle, alors que 200 personnes attendent devant exprimant de diverses façons leur solidarité avec les inculpés. Parallèlement des gens vont protester auprès du batonnier et de la présidence du tribunal. Alors que les avocats soulèvent le problème de la publicité des débats, l’épouse d’un des prévenus reconnait la juge : c’est celle là même qui a fait incarcérer son mari en 2005 et qui l’a mise elle sous contrôle judiciaire. Elle commence a interpeler la juge qui dément et demande aux gendarmes de la faire sortir. Deux gendarmes s’approchent mais n’insistent pas devant son refus. La juge persiste à nier, lançant aux avocats : "vous préferez croire en vos clients plutôt qu’en le tribunal". Mauvaise foi ou démonstration d’une justice d’abattage qui envoie chaque jour des centaines de gens croupir en prison ?

Mal à l’aise, la juge accorde tout de même 15 minutes de suspension. Pendant ce temps, des avocats vont chercher des documents attestant de cette affaire.

A la reprise d’audience, la juge décide d’abord de lire les chefs d’inculpation de chacun des prévenus :
- violences sur dépositaires de l’autorité publique n’ayant pas entrainé d’ITT supérieure à 8 jours.
- destruction par incendie des bâtiments du centre de rétention de Vincennes.
- destruction de biens destinés à l’utilité ou à la décoration publique.

3 des 5 policiers plaignants, Patrice Beaufort, Nicolas Carlot, Jérôme Dupuy, Jonathan Faure, Sandrine Schenk, Corinne Tamas sont présents.

Les avocats apportent la preuve de ce que disait l’épouse de D et demandent à la juge qu’elle se désaisisse de l’affaire. Déstabilisée, Madame Dutartre suspend l’audience jusqu’à demain mardi 13h30.

Les enjeux de l’audience de demain sont le report du procès et surtout, si ce report est accepté, la remise en liberté de Nadir Autmani.

Soyons nombreux pour que ce procès n’ait pas lieu et que Nadir soit libéré.

(NDLR : N’importe quel passant plus attentif que les rédacteurs de ce compte-rendu a aussi pu voir dans le Palais de Justice de très nombreux autocollants collés un peu partout, et même des tags comme "Nik la justice", "Feu aux centres de rétention", "Feu à toutes les prisons" ou "1 flic = 1 balle")

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Coup de théâtre au procès des sans-papiers

Le Parisien, | 26.01.2010, 07h00

Il n’a toujours pas été question d’incendie lorsque, à 17 heures, intervient une énième suspension d’audience. La première journée du procès des incendiaires présumés du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, détruit par les flammes le 22 juin 2008 après une révolte des sans-papiers, a été émaillée de nombreux incidents dont un pourrait bien compromettre la suite du procès... L’épisode est simple.

Un des étrangers mis en examen, Moïse Diakité, un Malien de 36 ans, accompagné de son épouse, proteste soudainement. « J’ai sept enfants, vous m’avez déjà mis en prison ! » crie-t-il à l’adresse de la présidente du tribunal, Nathalie Dutartre.

Il y a quelques années, cette magistrate - qui était à l’époque juge d’instruction - aurait eu à traiter une autre affaire visant Diakité. Vérifiée, la coïncidence clôt les débats du jour sur une demande de report et de nouvelle composition du tribunal. Car, d’après Me Mylène Stambouli, « on ne peut plus avoir confiance » en Nathalie Dutartre... Ce coup de théâtre intervient dans une atmosphère déjà survoltée. En début d’après-midi, la nouvelle de l’arrestation d’un des mis en examen qui se rendait au tribunal parcourt la petite foule des militants associatifs venus assister au procès.

Ekma Moukatare, 19 ans, a été interpellé gare du Nord lors d’un contrôle d’identité. Le sans-papiers marocain a sa convocationmais le parquet refuse d’abord de le libérer. « Ce qui lui arrive est significatif des contrôles au faciès dont sont de plus en plus victimes les étrangers dans ce pays ! Il doit être ici présent », s’emporte son avocate, Me Irène Terrel. Une première suspension d’audience et l’intervention du procureur règlent le problème. A l’extérieur, la tension monte d’un cran. Bloqués à l’entrée, les manifestants crient leur refus d’une « justice à huis clos ». Certains ont même tagué les toilettes du palais. L’un arbore un panneau « Centre de rétention, prison de la honte ». A l’intérieur, les avocats de la défense interrogent : « Qu’en est-il de la publicité des débats ? »

La présidente s’agace, se ressaisit puis entame la lecture des préventions. Sur les bancs et dans le box, six des dix prévenus sont présents. Des aléas de ce premier jour, ils ne savent que penser. « On est convoqués donc on vient, dit l’un, angoissé. Faut voir ce que la justice va décider. »

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Tensions au procès de l’incendie d’un centre de rétention

REUTERS | 25.01.2010 | 16:57

PARIS (Reuters) - Le procès de dix étrangers soupçonnés d’avoir participé à l’incendie volontaire du centre de rétention de Vincennes (Val-de-Marne) en 2008 s’est ouvert lundi à Paris malgré plusieurs incidents.

Cet incendie, provoqué par la mort inexpliquée d’un Tunisien retenu dans ce qui était alors la plus grande structure du pays pour étrangers expulsables, avait attisé le débat sur la politique d’immigration de Nicolas Sarkozy.

Juste avant l’ouverture du procès, un des suspects qui se présentaient volontairement à l’audience a été arrêté et placé brièvement en garde à vue pour séjour irrégulier, avant d’être reconduit au tribunal.

La gendarmerie a ensuite dû intervenir devant la salle d’audience pour ramener l’ordre dans un petit groupe de militants de gauche qui demandaient à y accéder en scandant des slogans hostiles aux forces de l’ordre.

A l’ouverture des débats, la défense a soulevé plusieurs points de procédure et demandé le renvoi du procès, les échanges tournant à l’aigre entre la présidente et les prévenus.

Le procès doit se prolonger jusqu’à mercredi. Six prévenus, des Maliens et des Marocains, sont présents sur les dix visés par la poursuite.

Le feu avait pris le 22 juin 2008 après plusieurs incidents entre les surveillants et les 248 étrangers alors retenus dans ce centre. L’enquête de police a conclu à des mises à feu déclenchées dans quatre chambres différentes par l’incendie de matelas superposés.

Les associations de défense des étrangers, qui avaient organisé une manifestation devant le centre juste avant l’incendie, n’ont pas été mises en cause. L’UMP estimait alors qu’elles pouvaient avoir joué un rôle dans les événements.

Les suspects ont été mis en cause essentiellement sur la base d’enregistrements de vidéosurveillance et mis en examen pour "destruction par incendie" et "violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique".

Fermeture des centres de rétention ! Liberté de circulation et d’installation pour tous !

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