Revenir aux brèves

Actions directes

Afrique

Allemagne

Amérique du Sud

Antifascisme

Asie

Australie

Belgique

Canada

Ecoles

Espagne

Etats-Unis

Europe

Faux-amis

Grèce

Italie

Keufs, juges, contrôleurs, militaires, journalistes...

Libération animale

Monde

Moyen/Proche-Orient

Notes critiques

Nuisances et Technologies

Parutions

Pays-Bas

Prisons & Centres de rétention

Publicité

Repression et Propagande policiere

Réacs de tous poils

Russie/Ukraine/Biélorussie

Solidarité(s)

Squats

Suisse

Turquie

Revenir à Cette Semaine

4e audience du procès des inculpés de l’incendie du CRA de Vincennes, tout le monde se barre
(Le 1er février 2010)

Un procès du CRA de Vincennes sans prévenus et sans avocats

AP | 01.02.2010 | 15:22

Le procès des dix personnes en situation irrégulière, jugées devant le tribunal correctionnel de Paris pour l’incendie du Centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes le 21 juin 2008, s’est poursuivi lundi sans les prévenus et sans les avocats de la défense.

Ces derniers ont préféré quitter la salle lorsque la présidente, Nathalie Dutartre, a décidé de joindre au fond du dossier leur demande de renvoi. "C’est passé de trois jours à trois semaines de procès sans aucun fondement légal", avait accusé dès le début de l’audience Me Irène Terrel, avocate de l’un des prévenus, pour qui "la décision de maintenir ces audiences est un déni de justice".

Ce procès devait initialement durer trois jours et se terminer mercredi dernier mais, avec les différentes suspensions d’audience qui ont émaillé les débats, il n’a pas encore pu vraiment débuter.

Le tribunal doit visionner une trentaine d’heures de vidéosurveillance, le principal élément à charge dans ce dossier.

Les dix prévenus doivent répondre de leur implication présumée dans l’incendie et le saccage du CRA de Vincennes, le plus grand de France. Ils n’étaient que six lundi dans la salle d’audience, et tous nient avoir participé à l’incendie. Ces dix étrangers originaires d’Afrique noire et du Maghreb ont été renvoyés par le juge d’instruction Alain Nguyen, qui a suivi le réquisitoire du parquet, pour "destruction de biens par incendie" et "violence volontaire sur agent de la force publique".

***********

Troubles au procès du CRA de Vincennes

AFP, 01/02/2010 | Mise à jour : 15:30

Les avocats de la défense ont claqué la porte aujourd’hui du procès sur l’incendie en 2008 du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, en dénonçant des conditions "profondément inéquitables" de son organisation.

A la reprise des débats, suspendus mercredi dernier après trois journées très agitées et émaillées d’incidents, les avocats ont demandé à la présidente de la 16e chambre correctionnelle, Nathalie Dutartre, de reporter le procès. Ils protestaient contre le fait que le tribunal ait décidé de tenir trois semaines supplémentaires d’audience à partir de ce lundi afin qu’il puisse visionner des enregistrements vidéo de l’incendie, comme l’avait d’ailleurs demandé la défense. Le procès devait au départ durer trois jours.

"Nous vous demandons d’inviter le ministère public à mieux se pourvoir", a déclaré à la présidente Me Irène Terrel, un des avocats représentant les dix prévenus - qui n’étaient pas physiquement présents lundi.

Mais après cinq minutes de suspension, Mme Dutartre a décidé que cet "incident" serait "joint au fond" (tranché à l’issue des audiences), et que les débats pouvaient donc se poursuivre, avec la projection vidéo. "Sans nous", ont alors lancé les six avocats de la défense, en quittant la salle.

*************

Procès de l’incendie de Vincennes, acte 4

Indy Nantes, lundi 01 février 2010 - 22:22

Aujourd’hui lundi 1er février au tgi de paris se tenait la 4ème audience du procès des 10 sans-papiers accusés d’avoir participé à la révolte collective qui, le 22 juin 2008, a abouti à la destruction du centre de rétention de Vincennes.
Ce qui théoriquement devait être une audience de fixation de dates pour la suite du procès s’est en fait révélé être la suite pure et simple de la tartufferie initiée la semaine précédente (voir http://nantes.indymedia.org/article/19472)

Les avocats de la défense ont demandé une concertation sur le calendrier des audiences, s’appuyant notamment sur un article du code de procédure pénale, et sur les contingences liées à leurs impératifs professionnels.

Le bâtonnier était venu soutenir leurs demandes. La juge, comme la semaine précédente, leur a opposé une fin de non recevoir, déclarant que les audiences se poursuivraient à partir d’aujourd’hui, à savoir demain, après-demain, et les semaines suivantes.
Les avocats ont alors décidé de quitter unanimement la salle suivis par le public.

Décontenancée, la juge ordonne cependant le visionnage des vidéos du centre 1, puis, suspend l’audience pour soi-disant charger les films.
Au bout de 10 minutes, elle revient s’enquérir des disponibilités des parties civiles (Etat et policiers plaignants :Patrice Beaufort, Nicolas Carlot, Jérôme Dupuy, Jonathan Faure, Sandrine Schenk, Corinne Tamas ). Un policier signale alors être indisponible le10 février. La juge lui propose donc de s’exprimer le 9 février... Comme quoi, on peut toujours s’entendre ! Commence alors le très long visionnage des vidéos du centre 1, visionnage souvent interrompu par divers problèmes techniques, "le logiciel étant très compliqué" dixit la juge, "et ne permettant pas de faire des arrêts sur images". Comme cela lui semblait long et inutile pour démontrer la culpabilité de qui que ce soit, la juge, Nathalie Dutartre, a demandé à visionner plusieurs films en même temps (jusqu’à 7 vidéos simultanées sur le même écran) et à accélérer l’image. Tout au long du visionnage, elle passe son temps à compulser ses dossiers, ne s’arrêtant que quand le procureur Flam lui montre ce qu’il faut voir.

Dans un silence total, ponctué par quelques messes basses entre le procureur et les juges, on pouvait entendre le cliquetis de la pendule Lex qui trône dans la salle. Parfois, s’élève la voix du procureur qui fait remarquer "la liberté de circulation totale des retenus dans le centre de rétention" ainsi que "les décentes conditions de rétention" ou encorele calme incroyable regnant dans le batiment E où " ils [les retenus] déambulent tranquillement".

Sur les vidéos, on ne voit rien de probant, si ce n’est des gens qui vont et viennent. Même un policier plaignant soupire " Y a que dalle". A un moment la juge intervient en regardant sa montre " Je pense qu’on a tout vu", "non, non" lui signifie la greffière. Les films continuent.

Entre deux soupirs, le procureur, qui a pris la place d’un des deux assesseurs, est à l’affût d’images compromettantes. Sur l’une des sept vidéos qui se déroulent simultanément sur l’écran, on voit des retenus sortir une porte dégondée dans le couloir. Il se lève, tout sourire, montre quelqu’un : "C’est X ! Euh, non c’est Y. Il essaie de casser la porte. Il est très sportif mais ça ne marche pas. Oui c’est X, enfin Y. Il n’est pas reconnaissable parce qu’il a une manche relevée. Ah zut, celui-là on n’arrive pas à savoir qui c’est."

Il est 19h25, la juge annonce la fin du visionnage des vidéos du centre 1. " Demain, à 14h, nous verrons tout ce qui s’est passé au centre 2, ce sera plus long. "

Le film est mauvais et les acteurs de la pièce de théâtre sont pitoyables. Même si quelques personnes s’y rendront pour vous dévoiler la suite du feuilleton, on ne vous donne pas rendez-vous pour demain, en tout cas pas au TGI de Paris.

Liberté pour tous avec ou sans papiers.
Fermeture des centres de rétention.
Liberté de circulation et d’installation.

PS : les quelques personnes arrêtées à la sortie du TGI ont été libérées.

Suivant
Imprimer l'article