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Incendie du centre de rétention de Vincennes : jusqu’à 3 ans de prison ferme requis par le parquet
(Le 10 février 2010)

Incendie du centre de rétention de Vincennes : jusqu’à 3 ans de prison ferme requis contre les dix prévenus

AFP, 09/02/2010 à 19:38

Le procès des dix incendiaires présumés du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes sera resté singulier jusqu’au bout : en l’absence des avocats de la défense, il s’est achevé mardi sur des réquisitions de prison ferme prononcées à l’encontre de tous les prévenus. La plus lourde des réquisitions, trois ans ferme, vise un homme sous mandat d’arrêt depuis les faits, et jamais interpellé. La plupart des autres prévenus, étrangers en situation irrégulière retenus au CRA à l’époque, ont effectué une peine de détention provisoire, près d’un an pour certains.

Trois peines de 36 mois de prison, dont 6 avec sursis (soit deux ans et demi de prison ferme) ont encore été requises ainsi que deux peines de trente mois de prison dont six avec sursis (soit deux ans ferme) et une peine de 18 mois de prison dont six avec sursis. Trois peines moins lourdes de six mois, six à huit mois et dix mois d’emprisonnement ont également été réclamées par le procureur Gilbert Flam. Celui-ci a tenté de cerner le degré d’implication des prévenus dans les incidents qui ont provoqué l’embrasement du CRA de Vincennes, le plus grand de France à l’époque des faits, le 22 juin 2008.

Sept hommes étaient renvoyés devant la 16e chambre du tribunal correctionnel pour avoir volontairement mis le feu au centre, six l’étaient pour des violences sur agents de police dans ce contexte de tension extrême. Trois prévenus devaient répondre des deux chefs de poursuite. Selon le procureur, les faits et gestes reprochés à chacun d’eux sont clairement visibles sur les enregistrements des caméras de vidéosurveillance du CRA : jets de projectiles sur des policiers de la part de quelques-uns, bris de vitres des bâtiments pour d’autres, apport par certains de "combustible" ayant permis l’embrasement de draps et de matelas. Les incidents étaient intervenus au lendemain du décès, dénoncé comme suspect par les étrangers retenus, d’un Tunisien de 41 ans qui séjournait au CRA.

Le jugement mis en délibéré au 17 mars

Sans parler de préméditation des faits, le procureur a noté "une certaine préparation de ce qui est arrivé", souligné "une espèce de concertation" entre les agissements des uns et des autres, "avec pour objectif" de détruire le centre de rétention. Des accusations auxquelles les avocats de la défense n’auront pas eu le loisir de répondre : depuis une semaine, ils ont déserté le prétoire, jugeant les débats "inéquitables". Entamée le 25 janvier, l’audience s’est achevée sans leurs plaidoiries, à l’image du déroulement chaotique, contesté, de l’ensemble du procès. Le jugement a été mis en délibéré au 17 mars. Les avocats reprochent notamment au tribunal de ne pas avoir ordonné le supplément d’information qu’ils demandaient pour contrebalancer une instruction, selon eux, "à charge".

Parmi leurs réclamations : une enquête de personnalité des accusés, un transport sur les lieux, une expertise technique des locaux du CRA afin de vérifier leur conformité aux normes de sécurité. Sur ce dernier point seulement, le procureur a semblé réceptif à leurs arguments : "on peut s’interroger sur ce qui a permis au feu de se propager de manière aussi violente. Pourquoi les matelas et les draps n’étaient-ils pas ignifugés ? Pourquoi les extincteurs n’étaient-ils pas rechargés ?", s’est-il interrogé. Une question de taille lorsqu’il s’agira pour le tribunal de décider si les accusés, en situation irrégulière et sans emploi pour la plupart, devront indemniser l’Etat de la destruction d’un de ses biens immobiliers.

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