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Lyon : la SDAT tente de trouver des balances
(Le 16 février 2010)

22 v’là la SDAT

Rebellyon, mardi 16 février 2010

Alors que de nombreuses arrestations de militants pour la liberté de circulation ont eu lieu lundi 15 février à l’aube à Paris, les services "antiterroristes" sont à la manoeuvre à Lyon depuis quelques jours.

Fin janvier, quelques jours après l’ouverture du Grand Lyeu deux personnes se font contrôler devant la porte. « Contrôle de routine » par la BAC. Les flics repartent avec un numéro de téléphone portable et deux identités.

Deux semaines plus tard un coup de fil : « bonjour, police du huitième, on aimerait bien discuter avec vous... ». Convocation informelle à Marius Berliet sans plus d’explications. C’est en fait un flic de la Sous Direction AntiTerroriste qui le reçoit, très détendu. Un flic sympa, qui dit du mal des bourrins de la BAC, qui joue au papa bienveillant dans le cours de la discussion. N’empêche il en profite pour interroger pêlemêle sur l’affaire de Chambéry, les tags et les actions en soutien aux inculpés de Vincennes et puis il aimerait bien savoir ce qui se passe dans les squats en ce moment. « Ce "grand lieu" il y a des gens dangereux à l’intérieur ? Des gens violents ? Est ce que vous discutez des black blocs ? Qui organise l’autodéfense le dimanche, les projections-débat, etc. ». Lui, c’est un super flic. Il court après les poseurs de bombe, pas les « gamins qui jettent des pierres sur la police ». Sous entendu « tu peux me raconter toutes ces broutilles que je donne l’impression de connaitre : et en balançant un maximum de nom si possible ».

A la différence de la DCRI, la SDAT n’est pas censée faire de la surveillance générale. Elle débarque parce qu’elle est saisie dans le cadre d’une enquête bien précise. Là ça peut être plusieurs choses : les suites de l’affaire de Chambéry, l’enquête en cours sur les actions de soutien aux inculpés de Vincennes, une enquête au long cours sur les ramifications des réseaux d’ultra-gauche. Dans tous les cas ces flics cherchent à établir des connexions, identifier les réseaux, voir qui traine avec qui... Et ce qui bloque le travail de la police jusque-là c’est que les gens se tiennent plutôt bien : d’où l’idée de recruter des sources d’information. Ça peut être un militant à qui on dit, au cours de son audition déjà par la SDAT, que sa démarche est juste mais qu’il faut se méfier des extrémistes violents qui pourraient profiter de la situation. Pourquoi pas les balancer ? En échange les flics se disent prêt à régulariser certains dossiers de sans-papiers... Là c’est un peu la même : « je te passe un coup de fil dans deux semaines, on pourra rediscuter de où ça en est, le grand lieu, s’il se passe des choses ». Tentative un peu grossière pour recruter un indic... même s’il suffit souvent de se pointer à la convocation pour devenir indic malgré soi : on en dit toujours un peu plus, des noms sont évoqués, on confirme les soupçons de la police à demi mots, par des silences alors que jusque là on bavardait gentiment. Il n’y a pas de conversation anodine avec la police.

La SDAT à Lyon, c’est bien cohérent avec la note de 2008 qui enjoignait aux parquets locaux de faire remonter tous les faits intéressants à la juridiction antiterroriste de Paris(tags anti-prison, actions anti-carcérales ou de soutien aux sans-papiers) .

Récemment des tentatives pour recruter des indics ont eu lieu dans les mouvements des défense des animaux, dans les luttes lycéennes ou étudiantes. Au delà de ces convocations au premier abord farfelues ce contexte peut impliquer un niveau de surveillance accru : surveillance des téléphones (écoutes, géolocalisation, analyse des répertoires), des ordinateurs, des lieux (squats, appartements grillés) et des personnes (filatures par exemple à partir d’un lieu grillé, photos...).

Les bavardages dans le milieu ou au téléphone facilitent le travail des flics. Ils parlent de terrorisme, c’est des grands mots mais là ils en sont à faire leur boulot un peu chiant de ratissage super large. Donc ça en passe plutôt par de la discussion « informelle » et pas par une montée directe à Levallois avec garde à vue de 96 heures.

Le minimum, et le plus sûr, c’est de ne pas se rendre aux convocations qu’elles soient formelles ou non. Rien légalement ne nous y oblige. Au pire les flics viennent nous chercher. Au mieux ils lâchent l’affaire. A Paris, dans une affaire d’antiterrorisme visant la « Mouvance Anarcho-Autonome Francilienne » la décision a été prise collectivement, par des séries de discussions, de ne pas aller aux convocations. Ça facilite la vie aux gens qui se sentent en danger ou qui ont peur de ce qu’ils pourraient lâcher, à celles et à ceux qui ne veulent pas filer leur ADN ni tailler le bout de gras avec les flics. Et c’est le b.a-b.a pour leur griller le terrain, défendre nos solidarités et nos pratiques de lutte.

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