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Massy (Essonne) : 200 roms expulsés par avion après l’incendie de leur campement
(Le 10 mars 2010)

Deux avions affrétés pour les Roms de Massy

Le Parisien, 10.03.2010, 17h20

« Ils vont partir ». C’est ce qu’affirme la préfecture. Mercredi matin, 106 Roms, installés depuis deux jours dans un gymnase à Massy (Essonne), ont été conduits à l’aéroport de Roissy, escortés par les motards de la police.
Un avion devait décoller à midi et les ramener en Roumanie. Indemnisés par l’Etat français, les Roms ont accepté une procédure de départ volontaire.

Cette situation fait suite à l’incendie qui a rasé leur bidonville de Massy, lundi après-midi, les privant de toits. Les familles avaient été relogeés dans l’urgence dans un gymnase tout proche. A 13 heures, 150 Roms étaient toujours en attente à l’intérieur du bâtiment municipal. Gardés par un cordon de policiers, ils ont l’interdiction de sortir. Un second avion est prévu dans l’après-midi de mercredi. Ce matin, la tension était palpable, certains Roms refusant de partir.

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Massy :200 Roms hébergés dans un gymnase

La mairie a relogé provisoirement les occupants du bidonville victime d’un incendie, lundi. Jusqu’à quand ? Les autorités sont embarrassées.

Le Parisien, 10.03.2010, 07h00

Des lits de camp à perte de vue, entre les paniers de basket et les buts de handball. Hier, près de 200 Roms campaient en famille dans le gymnase de la Poterne, rue de Migneaux, à Massy, à quelques mètres du lycée et du collège Gérard-Philipe, le tout sous l’œil inquiet de la mairie, d’une vingtaine de policiers municipaux et de nombreux bénévoles de la Croix-Rouge... Avec un gros point d’interrogation : combien de temps cette situation va-t-elle durer ?

Cette hospitalité exceptionnelle leur a pourtant été proposée pour une nuit seulement, après le feu qui a ravagé leur campement lundi. « Pour des raisons humanitaires », témoigne Vincent Delahaye, le maire (Parti radical valoisien) de Massy. « A la mairie, ils se sont mis une sacrée épine dans le pied », observait l’un des intervenants sur place.

Cette situation fait suite à l’incendie, lundi après-midi, du bidonville installé illégalement près du parc Georges-Brassens, en contrebas de la rue du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, sur la D 120, à Massy. Trente-cinq de leurs baraques de fortune avaient brûlé. Un peu plus tôt, une altercation s’était produite avec des gens du voyage. Y a-t-il un lien entre ces deux incidents ? La sûreté départementale a été chargée de l’enquête. Le problème de leur relogement a été soulevé par cette météo glaciale. « Où voulez-vous qu’ils aillent ? s’indignait hier Philippe Goossens, de l’association Imediat, qui soutient la communauté rom. La température est négative la nuit. Et ils ont tout perdu. »

Hier, les 200 Roms n’ont donc pas quitté les lieux prêtés par la mairie. Regroupés dehors, à la porte du gymnase, des hommes fument en silence. A l’intérieur, des femmes, entre les rangs étroits des lits, allaitent leurs bébés. Des ados dorment enroulés dans des couvertures de la Croix-rouge.

Cette situation qui, accessoirement, prive les lycéens de leur équipement sportif, risque de plonger les autorités dans un embarras certain. « On va trouver des solutions, éludait-on hier soir en préfecture. De toute façon, aujourd’hui, l’aide financière de retour au pays a été proposée. Beaucoup l’ont acceptée. » Vincent Delahaye, lui est très clair : « Ils doivent impérativement partir demain (NDLR : aujourd’hui). On les y obligera par la force si nécessaire. Il est hors de question qu’ils restent là. Ils peuvent retourner dans leur camp ! »

En attendant, le spectre de Cachan demeure... Pendant de longues semaines, en 2006, le gymnase municipal de cette ville du Val-de-Marne avait été occupé par des centaines de sans-papiers, après l’expulsion de leur squatt...

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Le bidonville ravagé par un incendie

Un feu a détruit une trentaine de cabanes de fortune occupées par des Roms depuis plus d’un an.Hier soir, la mairie devait reloger les familles dans un gymnase.

Le Parisien, 09.03.2010, 07h00

Les automobilistes qui circulaient hier en début d’après-midi sur l’A 6, l’A 10 et la N 20 aux alentours de Massy n’ont pu le manquer. Un incendie a ravagé le bidonville rom de Massy. Une colonne noire de fumée montait dans le ciel et plongeait un large périmètre dans un nuage acre et sombre. Le CD 120 a été fermé à la circulation. Le feu s’est déclaré vers 14h30 dans des cabanes de fortune déployées illégalement sur un terrain communal en contrebas du boulevard du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, à Massy. Deux camps roms - près de 50 familles, soit environ 300 personnes - se partagent ce terrain d’un hectare.

Hier, 35 de ces cabanons ont été détruits par les flammes. Il n’y a pas eu de blessés. Pas de disparus. L’incendie a été court et violent. Juste avant le feu, une bagarre s’est déroulée sur le site, sur fond de règlements de comptes. « Les gens du voyage ont débarqué en nombre dans le camp, visiblement pour en découdre avec les Roms », confimait hier une source policière. Un incendie a suivi la bagarre. Des bouteilles de gaz ont explosé. Reste à savoir si le feu a été déclenché volontairement ou s’il l’a été accidentellement. « Dans l’état actuel des choses, on ne peut pas affirmer qu’il y ait lien entre la bagarre et l’incendie », précisait une source proche du dossier. Un incident qui survient dans un climat pesant. Mardi dernier, un enfant rom de 8 ans est mort fauché par une voiture en traversant en courant la route qui borde le camp.

Hier, 25 pompiers sont intervenus. Ceux qui vérifiaient l’intérieur des cabanons étaient masqués et équipés de bouteille d’air. Le commissaire, les policiers municipaux, les élus, les associations, des représentants de la préfecture, se sont relayés. Un camion de la protection infantile, présent dans le cadre d’une campagne de vaccination, a servi de refuge aux enfants pendant la bagarre.

Tout l’après-midi, à l’entrée du camp, plantées derrière le cordon de sécurité, des familles roms regardaient hébétées les débris calcinés de leurs petits logements noyés par les lances à incendie. « C’est simple, ils n’ont plus rien », résumait Philippe Goossens, de l’association Imediat. « On ne sait pas ce qui s’est passé », élude Lionel, 30 ans. « De toute façon, ici, c’est l’omerta », commentait un élu.

Hier soir, le maire de Massy, Vincent Delahaye (Parti radical valoisien), a demandé à ce que les familles roms soient hébergées pour la nuit dans le gymnase municipal de la Poterne. « Cette situation est compliquée, ça fait un an et demi qu’on la subit », résume l’édile. Un jugement d’expulsion est en appel. « Pas question de raser le camp à la sauvage, promet le maire. Mais ce site, c’est un problème de nuisances pour les riverains, de sécurité, de salubrité pour les Roms, mais c’est aussi un problème humain. J’ai demandé une table ronde avec la préfecture, le conseil général, l’union des maires. »

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