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(Paris) Lutte contre la machine à expulser : quand la crim’ traque les colleurs d’affiche
(Le 21 juillet 2010)

Lutte contre la machine à expulser : quand la crim’ traque les colleurs d’affiche

Indy Paris, mercredi 21 juillet 2010

Le 22 juin 2008, suite à la révolte déclenchée par la mort d’un des 280 sans-papiers qui y étaient enfermés, le centre de rétention de Vincennes brûlait.

Onze personnes qui y étaient enfermées furent inculpées pour cette révolte et cet incendie. Le 25 janvier 2010, leur procès débutait.

Pendant ce procès et les semaines qui l’ont précédé, diverses actions de solidarité avec les inculpés de Vincennes et plus largement pour la liberté de circulation et d’installation ont lieu partout en France et au-delà : collages d’affiches, accrochage de banderoles, balades contre les expulsions, tags, occupations d’entreprises participant à la machine à expulser, projections, débats, concerts, sabotages de banques et d’organismes dénonçant les sans-papiers, rassemblements devant des centres de rétention ou des palais de justice...

Le 15 février, quelques jours après la fin du procès, la brigade criminelle perquisitionne et arrête sept personnes, les interrogeant sur certaines de ces actions. Elles auraient soi-disant été filmées ou photographiées [ Par les multiples caméras de vidéosurveillance qu’il y a dans les rues, les postes, les banques... ] à proximité de distributeurs sabotés ou de lieux occupés ou en train de coller des affiches ou de tenir une banderole lors de balades contre la machine la machine à expulser. Une des interpellés l’a sans doute été pour ses contacts téléphoniques. Elle diffuse des SMS pour alerter des rafles à des dizaines de personnes.

Lors de cette première vague d’arrestations, il y a eu quatre mises en examen : deux pour dégradation et deux pour dégradation et destruction.

Les quatre mis en examen sont placés sous contrôle judiciaire avec interdiction de se rencontrer.

Le jeudi 28 mai, un camarade qui était recherché dans le cadre de cette procédure est interpellé dans la rue. Interrogé sur les mêmes faits que les autres, il est relâché au bout de 24 heures sans poursuite.

Le mardi 9 juin, cinq nouvelles perquisitions suivies d’interrogatoires, toujours par la brigade criminelle. Cette fois-ci, il s’agit de deux occupations qui ont eu lieu le 17 mars, jour du verdict du procès de Vincennes. Parmi les personnes interpellées, certaines auraient été filmées par les caméras de surveillance de la RATP dans le métro Belleville 20 minutes après l’occupation d’agences Bouygues et SNCF situées à quelques stations de là. Une autre aurait été suivie par la police et vue en train d’acheter de la colle... Colle qui selon une analyse scientifique correspondrait à celle utilisée pour les dégradations commises : des affiches collées pendant des occupations ! Encore une autre est mise en cause car ses empreintes digitales auraient été trouvées sur l’une des dites affiches.

Ces deux dernières personnes sont mises en examen, les autres doivent être convoquées avec le statut de témoin assisté [Statut qui permet à la justice de mettre en examen à tout moment et de garder les gens dans la procédure. Donne droit à être assisté d’un avocat.].

Entre ces deux vagues d’arrestations, la brigade criminelle a profité de plusieurs placements en garde à vue (lors d’une ouverture de squat, d’une diffusion de tracts contre la Croix-Rouge pour interroger les gens sur des actions de solidarité avec les sans-papiers ou contre les collaborateurs de la machine à expulser.

Depuis quelques années, les services de police font un gros travail de fichage des gens qui luttent contre les centres de rétention et les rafles et contre la machine à expulser en général. Ce travail a notamment été officialisé par la circulaire Dati.

La gestion des mouvements de population est l’une des priorités du gouvernement. Il s’agit notamment de sélectionner au plus près la main-d’œuvre nécessaire à l’économie, ceci dans un contexte général d’aggravation des conditions de vie. Cette sélection impose le renforcement de l’enfermement des personnes dites indésirables, des contrôles aux frontières et des rafles, des visas au compte-goutte et l’intensification de la lutte contre celles et ceux qui d’une manière ou d’une autre vont à l’encontre de la mise sous contrôle des mouvements de population.

Ainsi, à Paris, la semaine des arrestations du 9 juin, pas moins de 100 personnes ont été mises en garde à vue dans le cadre du mouvement des sans-papiers : les travailleurs en grève qui occupaient le parvis de Bastille et les militants du 9e Collectif qui occupaient l’office de la Francophonie.

L’an dernier, ce sont plusieurs personnes d’origine afghane qui ont passé 96 heures de garde à vue au prétexte qu’elles auraient fait partie d’un réseau d’immigration clandestine en bande organisée. Ces personnes demandeuses d’asile qui ont fait l’objet de dépêches victorieuses du ministère qui annonçait « le démantèlement d’un réseau très structuré » étaient simplement allées acheter des billets de train pour des amis récemment arrivés d’Afghanistan...

Dans la même intention qui fait que les ministres de l’Intérieur de l’Union Européenne multiplient les rencontres pour intensifier la lutte contre une même menace « l’immigration clandestine et le terrorisme » fabriquant ainsi un même ennemi, l’étranger, les luttes de solidarité avec les sans-papiers tendent à se transformer en « associations de malfaiteurs » ou « bandes organisées » qui feraient planer des menaces terroristes.

Qu’à cela ne tienne, que ce soit à l’occasion du futur procès en appel des personnes inculpées pour l’incendie du centre de rétention de Vincennes ou plus largement contre ceux qui enferment, exploitent, expulsent, ne lâchons rien ... en tout cas pas notre seau de colle ni notre pinceau !

Liberté pour tous avec ou sans papiers
Fermeture des centres de rétention
Liberté de circulation et d’installation

Collectif de solidarité avec les inculpés de la révolte de Vincennes, 21 juillet 2010

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