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Le large spectre des profils des jeunes "casseurs"
(Le 21 octobre 2010)

Le large spectre des profils des jeunes "casseurs"

AFP, 21 octobre 2010

PARIS - Déscolarisés ou lycéens sans histoire, habitants de cités ou issus de familles bourgeoises : les jeunes ayant pris part aux violences en marge de la réforme des retraites et qui ont commencé à défiler devant les tribunaux ne constituent pas un bloc homogène.

Les images des violences à Nanterre ou à Lyon, avec des fauteurs de troubles souvent encagoulés, véhéments, voulant en découdre avec les forces de l’ordre, ont inévitablement renvoyé aux émeutes de 2005. Sauf qu’alors les affrontements se passaient la nuit, au coeur des cités.

Pour le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, ce qui se passe n’a "à ce stade rien à voir" avec 2005. Les casseurs, dont le ministère a annoncé que 1.900 avaient été interpellés en octobre, sont pour beaucoup éloignés du profil de l’émeutier des cités.

Les policiers ont du mal à dresser un portrait-robot du casseur-type. Pour une source policière en Seine-et-Marne, ce sont à la fois des "jeunes scolarisés dans les établissements concernés" mais aussi des "éléments extérieurs", et "en majorité des mineurs".

"Il suffit parfois qu’un jeune soit pris dans le feu de l’action pour passer à l’acte", analyse une source syndicale policière.

A Paris, un jeune déféré à la justice explique avoir jeté une bouteille sur des policiers lors d’échauffourées devant son lycée, parce qu’il a été "pris par l’ambiance". "C’est quelqu’un de bien. Il n’a jamais eu de problème. Son carnet de correspondance est vide", explique son demi-frère.

"On a affaire à des jeunes de plus en plus jeunes, pas nécessairement connus de la police ou de la justice, sans conviction politique particulière et sans rapport avec le conflit sur les retraites", estime le procureur de la République de Lyon, Marc Désert.

A Nanterre, un lycéen d’un milieu favorisé, sans antécédent judiciaire, présenté comme un "rêveur" par sa mère, a été condamné à quatre mois de prison avec sursis.

A Lille, un homme de 20 ans, qui n’avait lui aussi jamais eu de problème avec la justice, a été condamné à 105 heures de travaux d’intérêt général pour avoir jeté une pierre sur un commissaire. Lui aussi explique à l’audience avoir été pris "dans le feu de l’action" alors qu’il sortait du métro pour se rendre dans une agence d’intérim.

"Il y a quand même eu des magasins pillés à Lyon", tempère un responsable du syndicat Synergie Officiers, Mohammed Douhane, qui estime que la majorité des interpellés "reste des voyous qui se mêlent aux lycéens et peuvent les entraîner". Le centre de Saint-Denis a également été la scène de dégradations sur des commerces, tout comme plusieurs centres commerciaux en Ile-de-France. L’origine de ces casseurs est elle aussi extrêmement variable. Ils viennent autant de banlieue que des centres-villes.

La question de savoir si certains dérapages ont pu être organisés a elle aussi été assez vite évacuée. "Cela ressemble à des actions spontanées pour l’instant", explique une source policière.

Si l’on excepte Meaux, où un phénomène de bandes a été observé, les cortèges sont pour l’instant épargnés par les scènes observées lors des manifestations anti-CPE en 2006. Des vagues de jeunes principalement venus de banlieues terrorisaient les cortèges, rackettant et frappant gratuitement.

En revanche, les policiers relèvent un nouveau phénomène : l’implication des filles dans ces violences. Une jeune fille a d’ailleurs été condamnée mercredi à six mois de prison dont cinq ferme par le tribunal correctionnel de Lyon pour avoir "incendié des containers". Elle n’avait elle non plus pas d’antécédent judiciaire.

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