Paris : Les campements du bois de Vincennes démantelés
A la suite d’une demande de la mairie de Paris, le tribunal administratif a ordonné hier l’évacuation des campements jugés dangereux.Dix-sept SDF ont été relogés.
Le Parisien | 20.11.2010, 07h00
Les pelleteuses et les camions-bennes sont arrivés pour faire « place nette » sitôt les sans-abri évacués. Hier matin, les services de la mairie de Paris ont entamé le démantèlement d’une partie des campements de fortune du bois de Vincennes. Les 17 SDF (exclusivement des hommes) qui vivaient dans les abris de planches, de branchages et de bâches concernés ont tous été relogés.
Soit dans des centres d’hébergement d’urgence, soit dans des hôtels sociaux.
« Cette opération fait suite à une décision de justice, souligne Olga Trostiansky, l’adjointe (PS) au maire de Paris chargée de la lutte contre l’exclusion. Le tribunal administratif que nous avions saisi a ordonné le 4 novembre l’évacuation des personnes qui vivaient dans les campements les plus dangereux », explique l’élue, en précisant que la mairie a exigé de l’Etat des solutions d’hébergement avant toute intervention.
Les situations les plus préoccupantes ont été réglées
L’association Emmaüs, à qui la mairie avait confié une mission sur le site après l’hiver meurtrier de 2008 (3 SDF étaient morts de froid), a réalisé un recensement quasi exhaustif des « habitants » du bois et de leur situation sociale. Le cas des 25 SDF se trouvant dans les campements jugés les plus dangereux avait été soumis au tribunal. Huit d’entre eux sont partis avant la décision de justice. Les autres ont été évacués.
« A l’approche de la période hivernale, nous avons choisi de régler préventivement les situations les plus inquiétantes », insiste Dominique Bordin, chargé de mission SDF à la mairie de Paris. « Nous avons déterminé les campements prioritaires en fonction de trois critères : l’insalubrité des sites (NDLR : des rats ont investi des campements et des départs de feu liés à des braseros ont été signalés en divers endroits), l’état de santé des SDF et enfin la difficulté à contacter certains d’entre eux qui échappent à tout suivi social. C’est une question de sécurité. »
L’argument fait sourire Yves, alias Tarzan, un quadragénaire qui s’apprête à passer son 4e hiver dans le bois. « Je crois qu’ils ont surtout rasé les camps qui se voyaient le plus ou qui gênaient trop les promeneurs. Moi, par exemple, ils m’ont dit il y a quelques jours de me faire plus discret », explique le sans-abri en rajustant la toile de camouflage qui recouvre son campement.
Selon Emmaüs et les services sociaux de la Ville, il y aurait plus de 150 sans-abri qui survivent dans le vaste espace vert de l’est de la capitale. « Dès les premières baisse de température, les maraudes pour aller à leur rencontre seront à nouveau renforcées », indiquait-on hier à la mairie de Paris.