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Assassinat policier de Mamadou Marega à Colombes : Un homme est mort
(Le 2 décembre 2010)

Un homme est mort

Indy nantes, mercredi 01 décembre 2010 - 16:13

Peu de gens aiment la police...

Un homme est mort, lundi 29 novembre, à Colombes en banlieue parisienne. Si l’on en croit la version des médias, les flics auraient débarqués au domicile d’un ami qui l’hébergeait (merci les voisins) pour mettre fin à une dispute entre les deux hommes.

Notre homme aurait alors tout fait pour résister à l’intervention de la police qui lui demandait ses papiers : il n’en avait pas. S’enfuyant dans les escaliers, se débattant, usant d’un marteau, il a fini par se prendre des lacrymos, des coups de tonfas, et finalement trois coups de tasers, ces pistolets électriques à la létalité contestée par tout ce que le monde compte d’uniformes bleus. Il décéda quelques instants plus tard, et les experts de se demander si cela s’est produit à cause d’une asphyxie due aux lacrymos ou si c’est le cœur qui a été mortellement touché à cause des tasers.

Après cela, on a eu le droit à Amnesty qui réclame « un moratoire », au Raidh (asso spécialisée anti - tasers, comme on a des spécialistes anti flashball, etc.) qui pense que cela ne devrait armer que « les unités d’élites » [1], mais, dans leur vision du monde policière, que peuvent ils répondre à Hortefeux disant que « L’alternative au Taser dans le monde entier, c’est l’arme à feu, et là précisément il n’y a pas eu d’utilisation d’arme à feu. Il n’y a pas d’autre alternative au Taser » ?

On a aussi des journalistes qui parlent de circonstances « troubles », tout ça pour évacuer le fait qu’un sans papiers a été assassiné par la police.

On les imagine bien, les cognes, en train de se révolter à ces propos : « comment ! Mais nos collègues ont été attaqués ! Il fallait bien que l’on se défende ». Tout le problème en fait, c’est que vos collègues soient intervenus. C’est leur existence même.

Quel est ce monde où un conflit entre deux amis doit se régler par l’intervention d’hommes armés de pistolets à impulsions électriques ?

L’homme mort à Colombes a fui et s’est défendu face à des gens voulant l’enfermer puis le déporter (il était sous le coup d’une interdiction du territoire). Ce ne sont pas ses coups de marteaux, réels ou supposés, ce n’est pas sa fuite, ce n’est même pas tant l’existence du tasers dans les mains des keufs le problème ; le problème c’est que des individus soient arrêtés, enfermés, déportés ; le problème c’est l’existence des frontières et des États ; le problème c’est l’existence d’une police pour les défendre ...

Nous ne savons rien sur la vie de cet homme, ce qu’il était, ce qu’il pensait. Aussi ne nous lui feront pas l’outrage de devenir ses camarades post mortems ou d’en faire un martyr. Seulement, sa mort nous rappelle tragiquement comment l’État peut frapper dans notre chair quand bon lui semble, combien nous sommes soumis à un monde de mort ou tabasser un individu refusant de se soumettre à un contrôle à coups de matraques, lacrymos et décharges électriques est défendable (bien que peut être accommodable pour certains) et répandu.

Il n’est pas question que tout cela se passe en silence.

Peu de gens aiment la police. Peu de gens imaginent un monde sans elle, et ses différents dérivés.

On connaît le chauffard qui ne les aime pas, à cause des amendes qu’il se prend sans cesse. On connaît celui qui conclue « enfin, ils font leur travail », et celui qui dit « qu’ils feraient mieux d’aller faire régner l’ordre dans les cités ».

On connaît une de ses cibles désignées, ce jeune des quartiers pauvres, qui passe son adolescence à jeter des cailloux aux chtars avant de bosser dans la sécurité.

Le jeune baba cool au t shirt cannabis, qui ne les aime pas parce qu’ils le contrôlent et le fouillent sans arrêt, mais qui va porter plainte pour un vol de portable.

Tout le monde ou presque a une bonne raison de détester les bleus, mais combien sont prêts à l’assumer dans leur vie quotidienne, pas seulement lors d’affrontements spectaculaires, mais lors de chaque contrôle, chaque intervention, chaque balançage au vigile ; et surtout en se débarrassant des réflexes de médiations et d’autorité qui hantent chacun de nos rapports ?

Il y a un souci dans ma cage d’escalier ? J’appelle les keufs. On marche sur la tête... Deux colocataires se battent, on appelle des types armés jusqu’aux dents. Sans se soucier de savoir si, par hasard, l’un ou l’autre n’aurait pas des ennuis avec la justice ou ses papiers...

Nous ne voulons pas que la police fasse son travail
Nous ne voulons pas qu’ils soient là quand on a « besoin d’eux »
Nous ne voulons pas que la police existe

[1] Journal de tf1 du 30 novembre et déjà en 2005 « le RAIDH s’inquiète de l’escalade de la violence à laquelle l’implantation généralisée des pistolets à électrochocs pourrait conduire en France et demande que cet équipement soit limité aux seules unités d’élites de la police et de la gendarmerie. » http://danactu-resistance.over-blog.com/article-campagn....html


Une asphyxie à l’origine de la mort du Malien neutralisé avec un Taser

AFP - I1 décembre 2010

NANTERRE - Le Malien sans papier décédé mardi peu de temps après avoir reçu deux décharges du pistolet à impulsions électriques Taser lors de son interpellation à Colombes (Hauts-de-Seine) est mort d’une asphyxie, selon les premiers éléments de l’autopsie.

Le parquet de Nanterre s’est montré très prudent en annonçant mercredi les conclusions provisoires de l’autopsie, affirmant que pour l’heure "aucune cause certaine, unique et absolue du décès" n’avait été identifiée.

Selon les premières constatations, l’homme "est mort d’une asphyxie aiguë et massive par inhalation de gaz puisque du sang a été retrouvé dans ses poumons", a affirmé une porte-parole, ajoutant que l’état de son coeur "dur et contracté peut être en lien avec l’utilisation du Taser".

Toutefois, ces résultats vont être complétés très prochainement par une analyse toxicologique et une expertise anatomo-pathologique, c’est-à-dire un examen des organes, afin d’apporter plus de précisions. L’homme en situation irrégulière en France est mort dans la nuit de lundi à mardi après avoir reçu deux décharges du pistolet Taser, trois décharges selon un témoin, pendant son interpellation, relançant les interrogations sur cette arme controversée.

Le maire PS de Colombes a affirmé que "si le Taser s ?avérait être une arme létale, la question de son usage par les forces de police devrait être posée" et a appelé à un débat national sur la politique de sécurité. Le Taser envoie une onde électrique de 2 milliampères pour 50.000 volts qui bloque le système nerveux, tétanisant la personne durant quelques secondes. Sans attendre les résultats de l’autopsie, Olivier Besancenot (NPA), le Front de Gauche, le réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’Homme (RAID-H) et le Mrap ont demandé un moratoire sur son utilisation. C’est la première fois en France qu’une utilisation du Taser semble coïncider avec un décès. L’Inspection générale des services (IGS, "police des polices") est saisie d’une enquête par le parquet de Nanterre. Gaz lacrymogène, coups de bâton de défense, les policiers ont expliqué avoir tout essayé avant de se servir du Taser, pour maîtriser un homme décrit par la police comme particulièrement violent et de forte corpulence. Au moment du contrôle d’identité, à la suite d’un différend avec son co-locataire, l’homme a "pété les plombs" selon la police.

Il a tenté de s’enfuir dans les étages de l’immeuble avant de blesser avec un marteau quatre des huit policiers qui le poursuivaient. La police a alors fait usage du Taser.

Les décharges n’auraient pas eu d’effet sur lui, selon la police.

D’après les premiers éléments de l’enquête, deux pistolets Taser ont été utilisés et l’un d’entre eux, équipé d’une mini-caméra, a filmé la scène. Les images sont en cours d’analyse.

Les convocations ont été lancées par l’IGS pour entendre les voisins de la victime afin de les comparer à la version des policiers déjà entendus.


UN UOMO E’ MORTO

Un uomo è morto, lunedì 29 novembre, a Colombes, nella banlieue di Parigi. Se crediamo alla versione di media, gli sbirri sarebbero arrivati al domicilio di un amico che lo ospitava (grazie ai vicini), per porre fine ad un litigio fra i due. Il nostro uomo avrebbe allora fatto tutto il possibile per resistere all’intervanto della polizia, che gli chiedeva i documenti : non ne aveva. Fuggendo per le scale, dibattendosi, usando un martello, ha finito per prendersi del gas lacrimogeno, dei colpi di tonfa e alla fine tre colpi di taser, quella pistola elettrica la cui letalità è messa in dubbio da tutte le uniformi del mondo. È morto dopo qualche istante e noi lasciamo agli esperti domandarsi se si è trattato di un’asfissia dovuta ai lacrimogeni o del cuore che è stato mortalmente toccato dai taser.

Dopo questa storia, abbiamo potuto sentire Amnesty che chiede “una moratoria”, il Raidh (associazione specializzata nell’anti-taser, come ci sono degli specialisti anti-flashball etc.) che pensa che il taser dovrebbe essere dato in dotazione dolo alle “unità d’élite”1. Ma, all’interno della loro visione poliziesca del mondo, cosa possono rispondere costoro a Hortefeux [ministro dell’interno, il Maroni francese, NdT] quando dice che “Nel mondo intero, l’alternativa al taser sono le armi da fuoco e in questo caso le armi da fuoco non sono state usate. Non c’è altra alternativa al taser”.

Ci sono poi dei giornalisti che parlano di circostanze “poco chiare”, il tutto per mascherare il fatto che un sans-papier è stato assassinato dalla polizia.

Ce li vediamo bene, i piedipiatti che si rivoltano, a questo proposito : “Ma come ! I nostri colleghi sono stati attaccati ! Bisognava pur che si difendessero !”. Il problema è tutto lì : che i vostri colleghi sono intervenuti. È la loro stessa esistenza.

Cos’è questo mondo in cui un diverbio fra due amici si deve regolare con l’intervento di uomini armati di pistole ad impulso elettrico ?

L’uomo morto a Combles è scappato e si è difeso di fronte a persone che volevano rinchiuderlo e poi deportarlo (era sottoposto ad una intimazione a lasciare il territorio francese). Non sono i suoi colpi di martello, reali o inventati, non è la sua fuga, non è neanche tanto l’esistenza del taser nelle mani degli sbirri, il problema. Il problema è che degli individui siano arrestati, rinchiusi, deportati ; il problema è l’esistenza di frontiere e Stati ; il problema è l’esistenza di una polizia per difenderli...

Non sappiamo nulla sulla vita di quell’uomo, cosa era, cosa pensava. Così, non gli faremo l’insulto di diventare suoi compagni post mortem o di farne un martire. Solo, la sua morte ci ricorda tragicamente come lo Stato possa colpire nella nostra carne quando gli sembra meglio. Ci ricorda quanto siamo sottomessi a un mondo di morte, dove pestare a colpi di manganello, lacrimogeni e scariche elettriche un individuo che si rifiuta di sottomettersi ad un controllo sia cosa difendibile (e forse accettabile per alcuni) e diffusa.

Tutto ciò non deve passare sotto silenzio.

Pochi amano la polizia. Pochi immaginano un mondo senza di essa e i suoi diversi derivati.

Conosciamo l’autista spericolato, che non la ama a causa delle multe che prende in continuazione. Conosciamo quello che conclude : “alla fin fine fanno il loro lavoro” e quello che dice : “farebbero meglio ad andare a garantire l’ordine nelle banlieue”. Conosciamo uno dei suoi bersagli designati, quel giovane dei quartieri poveri che passa la sua adolescenza a gettare sassi sui cagnazzi in blu, prima trovare lavoro in un’impresa di sicurezza. Quel giovane sinistrorso con la maglietta con la foglia di maria, che non l’ama perché lo controllano e lo perquisiscono senza sosta, ma che va a fare denuncia quando gli rubano il cellulare.

Tutti, o quasi, hanno una buona ragione per odiare le divise, ma quanti sono pronti ad assumere questa scelta nella vita quotidiana, non solo durante scontri spettacolari, ma ad ogni controllo, ogni intervento, ogni infamazione ad un guardione ; e soprattutto sbarazzandosi di quei riflessi di mediazione e di autorità che mettono ombra su ciascuno dei nostri rapporti ? C’è un problema per le scale ? Chiamo gli sbirri. Siamo contraddittori... Due coinquilini si picchiano, chiamiamo dei tipi armati fino ai denti. Senza preoccuparci di sapere se, per caso, l’uno o l’altro non hanno delle noie con la giustizia o le sue carte...

Noi non vogliamo che la polizia faccia il suo lavoro.
Noi non vogliamo che sia là quando “abbiamo bisogno di loro”.
Noi non vogliamo che la polizia esista.

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