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La SNCF balance des sans-papiers aux keufs
(Le 3 mars 2011)

Des clandestins tunisiens, égyptiens et libyens arrêtés gare de Lyon

Le Parisien | Publié le 02.03.2011, 11h28

Faut-il y voir la marque du nouveau ministre de l’Intérieur, le très ferme Claude Guéant ? Mardi soir, une vingtaine d’étrangers en situation irrégulère ont été interpellés à leur descente du train, à Paris, en gare de Lyon. Neuf Tunisiens, cinq Libyens, quatre Egyptiens, un Roumain et un Afghan, venus probablement d’Italie, étaient montés dans la soirée à bord du train en gare de Nice (Alpes-Martimes).

Vers 23h15, après un signalement de la SUGE [surveillance générale de la SNCF], ils ont été accueillis à leur arrivée par un important dispositif de police, qui a procédé à un contrôle d’identité dans le calme. Ils ont tous été placés en garde à vue, neuf d’entre eux faisant l’objet d’un placement immédiat en rétention.

Cette opération de police intervient sur fond de mises en garde du gouvernement face à l’immigration clandestine. Mercredi matin, sur France Info, le ministre des Affaires européennes Laurent Wauquiez, a évoqué l’afflux de migrants africains illégaux via la Libye comme « un vrai risque pour l’Europe qui ne doit pas être sous-estimé ». « Il faut défendre de façon européenne nos frontières et on ne peut pas accueillir des flux d’immigration illégaux que l’Europe n’est pas capable d’intégrer », a-t-il ajouté. La veille, à l’Assemblée nationale, Claude Guéant, nouveau ministre de l’Intérieur, avait affirmé que « la recherche de liberté qui se manifeste au sud de la Méditerranée crée à la France deux responsabilités » : « accompagner ces peuples vers une vie réellement démocratique » mais « aussi de ne pas subir une immigration non contrôlée ».


Nice : Des clandestins tunisiens libérés

Par Europe1.fr, 2 mars 2011 à 14h32

Laurent Wauquiez a beau vouloir "défendre de façon européenne les frontières" françaises, le gouvernement se voit infliger un pied-de-nez juridique. La non-transposition d’une directive européenne en droit français permet de libérer les immigrés clandestins, en provenance des pays touchés par le "printemps arabe".

Sur la Côte d’Azur, 126 migrants illégaux ont débarqué de Tunisie, suite à l’appel d’air provoqué par la chute de Ben Ali. Ils échouent souvent en centres de rétention. Mais ils sont ensuite remis en liberté après leur jugement. Mardi et mercredi, le tribunal administratif de Nice en a libéré cinq.

"Aujourd’hui tout ce qui est procédure de reconduite à la frontière est nul"

Joseph Ciccolini, l’avocat de l’un de ces Tunisiens, parle d’une "illégalité totale". "Les Etats membres de l’Union européenne devaient faire en sorte que soit offert à tout étranger en situation irrégulière de quitter volontairement, par ses propres moyens, le pays ou il se trouve arrêté", explique-t-il, au micro d’Europe 1.

Une directive européenne que la France n’a pas transposé dans son droit interne. "Aujourd’hui tout ce qui est procédure de reconduite à la frontière est nul", ajoute Joseph Ciccolini.

Pour l’association Forum de réfugiés, qui œuvre au centre de rétention de Nice, cette faille dans le droit français est "une aubaine". Mais la préfecture, de son côté, essaye tant bien que mal de stopper cet appel d’air. Elle devrait interjeter appel dans les jours qui viennent. L’arrestation mardi soir à la gare de Lyon d’une vingtaine d’étrangers clandestins, dont des Egyptiens, des Tunisiens et des Libyens, risque donc d’être stérile.


Vague de clandestins tunisiens dans le sud-est de la France

Le Figaro, 03/03/2011 | Mise à jour : 19:08

Quelque 460 Tunisiens ayant transité par Lampedusa en Italie ont été arrêtés dans les Alpes-maritimes en un mois. Les organismes d’aide aux réfugiés relativisent néanmoins l’importance de cette vague.

Des policiers chargés du contrôle de l’immigration à la frontière franco-italienne se disent « submergés » et « sous une pression hallucinante ». Le député-maire de Nice, Christian Estrosi, a fait part au nouveau ministre de l’Intérieur de ses « inquiétudes concernant les flux migratoires en provenance d’Italie » mercredi. Claude Guéant a depuis annoncé sa venue dans la région vendredi. Et les quelque 500 arrestations de clandestins tunisiens recensées en France depuis début février sont présentées par des policiers locaux comme le début d’un phénomène de plus grande ampleur, qui pourrait atteindre les 15.000 entrées illégales.

Hormis les Alpes-maritimes, où 460 clandestins tunisiens ont été interpellés depuis le 1er février - soit dix fois plus que l’an dernier à la même époque, selon une source administrative une cinquantaine d’autres migrants ont été arrêtés dans les départements voisins du Var et des Bouches-du-Rhône. Par ailleurs, cinq Tunisiens, deux Libyens et un Égyptien ont été interpellés mardi soir à leur descente du train gare de Lyon à Paris. Déjà arrêtés une première fois à Menton, ils avaient été remis en liberté par juge des libertés au nom de leur détresse psychologique et physique.

« Il n’y a pas d’afflux massif »

La très grande majorité de ces clandestins a gagné l’Europe par des embarcations de fortunes qui les a débarqués à Lampedusa, une île italienne située à mi-distance entre la Tunisie et la Sicile. Remis en libertés, ils ont ensuite gagné la France par voie terrestre, en remontant la péninsule italienne. Quelque 6000 migrants ont ainsi posé pied à Lampedusa depuis le début des émeutes contre l’ex-président Ben Ali.

S’ils ne contestent pas la hausse récente du nombre de clandestins Tunisiens dans le sud-est de la France, les organismes de défense des droits des migrants gardent un ton mesuré. « C’est plus que d’habitude, indique au Figaro.fr Jean-François Ploquin, directeur général deForum réfugiés, organisme autorisé à accompagner les migrants des centres de rétention de Nice, Marseille et Lyon. Habituellement, on recense environ dix Tunisiens placés en centre de rétention par mois, et là, on en dénombre 142 depuis le 11 février, dont 90% ont transités par Lampedusa. C’est un phénomène particulier mais on n’est pas du tout dans des flux massifs », estime-t-il. Contactée par Lefigaro.fr, la préfecture des Alpes-maritimes s’est refusée à tout commentaire avant sa conférence de presse prévue vendredi.

Des hommes jeunes venus par nécessité économique

Jean-François Ploquin décrit les migrants comme étant essentiellement des hommes jeunes, âgés de 18 à 40 ans, venus par nécessité financière plutôt que par crainte des répressions. « La crise en Tunisie a affaibli certains secteurs économiques, notamment le tourisme. Au cours de nos entretiens avec eux, ces hommes nous expliquent qu’ils ne peuvent plus nourrir leur famille ». Mais selon la porte-parole du Haut commissariat aux réfugiés, Cécile Pouilly, certains migrants interpellés à Lampedusa, disent avoir fui par peur des représailles. « Il faut entendre ces appels », a-t-elle insisté sur RTL.

Jean-François Plotin invite par ailleurs à ne pas faire de projections hâtives. « Ce n’est pas parce que des centaines de milliers de personnes sont déplacées dans les pays de la rive sud de la Méditerranée, en Libye par exemple, qu’elles veulent toutes nécessairement venir en France. Elles n’ont pas forcément de projet migratoire », assure-t-il.

Interrogé surRTL, le président de l’association France Terre d’asile Pierre Henry estimait de son côté qu’il s’agit pour l’instant d’ « une poussière de migration ». « Je pense que notre premier devoir est d’abord de résoudre de façon urgente la situation en Tunisie ».

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