Berlin traque les incendiaires d’autos
AFP, 18/08/2011 à 11:39
Pour la troisième nuit consécutive, des voitures ont été incendiées à Berlin, a indiqué ce matin la police de la capitale allemande, qui a offert 5.000 euros de récompense à toute personne susceptible de l’aider à résoudre cette affaire. Au total, neuf automobiles ont été détruites par le feu dans la nuit, après 15 la nuit précédente, selon la police qui suppose qu’il s’agit de vandalisme.
"D’après les premiers résultats de l’enquête, il n’y a pas de motivation politique derrière les incendies actuels", déclare le ministre régional de Berlin, Ehrhart Körting, dans un entretien au quotidien Berliner Zeitung paru jeudi. Actuellement, une centaine de policiers sont mobilisés pour tenter de mettre fin à cette série, avec le renfort d’un hélicoptère équipé d’une caméra à infra-rouge, a précisé à l’AFP le commissaire Guido Busch.
En 2010, le nombre de véhicules incendiés à Berlin avait reculé à 54, contre 221 en 2009. Traditionnellement, les feux de voitures sont particulièrement nombreux le 1er mai dans les quartiers populaires de la ville, théâtres d’échauffourées entre militants d’extrême gauche et forces de l’ordre. "D’une façon générale, d’après les estimations de la police : la moitié des incendies sont motivés politiquement, les autres sont le fait de gens qui imitent les premiers (pour faire parler de leurs actions dans les journaux) et qui veulent arnaquer les assurances", estime M. Körting, interviewé par la Berliner Zeitung.
Voitures incendiées : la police de Berlin sur les dents
Le Matin, 17. août 2011, 19h09
La police de Berlin est sur les dents après une série d’incendies de voitures. Elle a promis une récompense de près de 6000 francs [suisses] à toute personne qui pourra fournir des informations.
La police de Berlin a annoncé offrir 5000 euros de récompense à toute personne susceptible de lui fournir des informations sur une série d’incendies de voitures qui a atteint son paroxysme la nuit dernière avec 15 véhicules brûlés.
Dans la nuit de lundi à hier déjà, onze automobiles avaient été incendiées, a précisé la police qui a ajouté que le bilan s’élevait à 138 depuis le début de l’année, dont 54 pour le seul mois d’août.
Les voitures incendiées sont pour la plupart des véhicules haut de gamme de marques BMW, Mercedes ou Audi, et jusqu’à présent les quartiers à la mode de l’ancien Berlin-Est, où vit désormais une population aisée, étaient visés.
Or, ce sont maintenant des quartiers plus "traditionnels" et familiaux tels que Charlottenburg ou Dalhem qui sont la cible de ces incendiaires, a précisé la police.
Le mode opératoire est toujours le même : les auteurs de ces incendies placent sur une roue du véhicule un allume-feu utilisé pour le barbecue.
Mais la police ignore quelles sont leurs motivations, suggérant toutefois que les auteurs pourraient appartenir à l’extrême gauche.
A Berlin, des voitures incendiées entrent dans la campagne électorale
RTBF, vendredi 19 août 2011 à 16h37
Depuis quelques jours, Berlin connaît une épidémie d’incendies de voitures de luxe. La police estime qu’il n’y a aucune visée politique derrière ces attentats. Mais ils pourraient mettre en danger la réélection du maire actuel.
A Berlin, 9 voitures au total ont été incendiées dans la nuit de mercredi à jeudi, après 15 la nuit précédente, selon la police qui suppose qu’il s’agit de vandalisme et a offert 5000 euros de récompense à toute personne susceptible de l’aider à résoudre cette affaire.
Actuellement, une centaine de policiers sont mobilisés pour tenter de mettre fin à cette série, patrouillant avec l’aide d’un hélicoptère avec une caméra à infrarouge.
Personne n’a été blessé jusqu’à présent, et il n’y a eu aucune revendication des ces incendies. Mais brûler des voitures de luxe est parfois une forme de protestation utilisée par l’extrême-gauche dans certaines villes allemandes, particulièrement le 1er mai. En 2010, le nombre de véhicules incendiés à Berlin avait reculé à 54, contre 221 en 2009. Selon les autorités, 300 voitures ont été incendiées à Berlin depuis le début de 2011. Les chiffres se sont emballés ces derniers jours. Mais ce ne sont pas que des voitures de luxe qui sont visées : il y a aussi des camionnettes et des camions de livraison.
La chancelière allemande Angela Merkel a condamné ces incendies de véhicules. "Qu’est-ce que c’est que ce comportement ?", s’est-elle emportée, se disant "préoccupée" par des actes qui "jouent froidement avec des vies humaines". La chancelière appelle à un renforcement de la présence des forces de l’ordre dans les lieux publics et ajoute que, "pour ce faire, le gouvernement est mobilisé".
Motivation politique ?
"D’après les premiers résultats de l’enquête, il n’y a pas de motivation politique derrière les incendies actuels", a déclaré le ministre régional de Berlin, Ehrhart Körting, au quotidien Berliner Zeitung.
"Nous avons affaire à du pur vandalisme et à des actions criminelles", a de son côté estimé le maire actuel de la capitale allemande, Klaus Wowereit (SPD).
"Nous avons besoin de mesures dissuasives difficile", a déclaré Rainer Wendt, chef du DPoIG, le deuxième syndicat de police du pays, dans le journal à grand tirage Bild.
Ces incendies arrivent à un très mauvais moment pour le maire sortant Klaus Wowereit et ses colistiers. Leur campagne pour l’élection municipale du 18 septembre prochain se déroulait jusqu’à maintenant sans incident. Mais la coalition sortante n’a rien à gagner dans un débat sur les voitures incendiées : elle a échoué à mettre en place ces dernières années une véritable lutte contre la criminalité dans la rue.
Le parti rival du maire sortant, les conservateurs de la CDU, a flairé un thème de campagne intéressant : il va commencer à coller une série d’affiches sur la sécurité à Berlin. Et l’un de ses élus, critiquant l’impuissance du maire actuel, a estimé que les attaques pourraient conduire à des formes plus dangereuses de protestation. "Le terrorisme de la Fraction armée rouge (ou gang de Baader-Meinhof, qui ont bombardé des cibles politiques dans les années 1970) a commencé avec ‘juste’ des incendies criminels", a-t-il dit. "Pour cette raison, il y a un danger que la violence pourrait cibler les personnes d’un jour."