Entretien avec un des inculpés de Chambéry
Vendredi 25 mai, quatre personnes étaient jugées à Chambéry. L’une pour fabrication d’engin explosif et les trois autres pour dissimulation ou destruction de preuves. Le procureur a demandé 1 an de prison ferme pour le premier, 6 mois avec sursis et 5000 euros d’amendes pour les autres. Le rendu est prévu pour le 15 juin, des textes et compte-rendus sont en cours...
À la sortie du procès, Jean raconte les différentes stratégies de défense, le rassemblement de soutien et d’autres choses...
Entretien à écouter ici. [entretien diffusé le vendredi 25 mai dans le Canut-Infos sur Radio Canut (Lyon)]
Chambéry (Savoie) L’explosion meurtrière de Cognin jugée aujourd’hui
Dauphiné, 25/05/2012 à 06:01
C’était il y a plus de trois ans. Mais ce fait divers qui a coûté la vie à Zoé Aveilla, une Ardéchoise de 23 ans et blessé grièvement son ami Michaël Dupanloup, un Genevois alors âgé de 25 ans, a secoué l’agglomération chambérienne pendant des mois.
L’explosion de la bombe artisanale que le jeune couple fabriquait dans une usine désaffectée de Cognin avait, dès les premiers jours de mai 2003, été prise très au sérieux par la Sous-direction antiterroriste de la police judiciaire (Sdat), saisie de l’enquête. Dans la foulée, quatre autres jeunes gens, âgés de 20 à 25 ans, étaient interpellés dans un squat chambérien. Proches des mouvements alternatifs, ultra-gauche et anarchistes, ils devenaient soudain un danger pour l’État, soupçonnés de participer à une entreprise terroriste.
Mais l’enquête allait assez vite révéler que ces militants ne préparaient pas un attentat. Quatorze mois après l’explosion, en juillet 2010, le juge du pôle antiterroriste de Paris renvoyait l’affaire devant le tribunal correctionnel de Chambéry. La piste terroriste fermée, l’affaire prenait alors une tout autre allure.
C’est dans ce contexte que comparaissent ce matin Mickaël Dupanloup, aujourd’hui âgé de 28 ans, Joris Alibert, un Chambérien de 26 ans, Raphaël Serres, Chambérien de 27 ans et William Bonnet, un Nantais de 24 ans.
Mickaël Dupanloup est toujours sous contrôle judiciaire. Il devra répondre, entre autres, de la fabrication non autorisée d’engin explosif. Grièvement blessé au visage lors de l’explosion qui a tué sa compagne, sa vue a considérablement baissé et sa main est lourdement handicapée.
Joris Alibert, Raphaël Serres et William Bonnet comparaissent pour “destruction de document”. Les jeunes gens n’étaient pas dans l’usine désaffectée mais partageaient un squat avec le couple. Ils étaient également proches du mouvement alternatif. Un milieu qui n’a pas abandonné la défense de ce groupe. Le site internet “indymedia” invite d’ailleurs ses sympathisants à venir soutenir les prévenus à l’audience d’aujourd’hui.
Cette audience devrait en tout cas éclaircir le mobile de ces “doux rêveurs” et permettre de savoir si la montagne a vraiment “accouché d’une toute petite souris”, comme l’affirmait l’avocate des deux Chambériens, l’an dernier dans nos colonnes.