Bombes fumigènes et cocktails Molotov
Le journal de Montéral, jeudi 24 mai 2012, 11H53
Si le dernier des présumés enfumeurs du métro a été libéré, hier, un jeune qui aurait lancé un cocktail Molotov directement sur des policiers, samedi soir, n’a pu recouvrer sa liberté.
La déception se lisait sur le visage d’Alexandre Malo lorsque le juge Gilles Cadieux de la Cour du Québec lui a annoncé qu’il ne le libérerait pas, en raison de la gravité des accusations, des circonstances particulières que constituent les manifestations et pour ne pas miner la confiance du public envers l’administration de la justice.
Le jeune homme de 22 ans de Joliette a été arrêté vers 00 h 15 durant la manifestation nocturne de samedi à Montréal.
Cachés derrière un banc dans un parc, près de la Bibliothèque nationale, Malo et un autre suspect auraient lancé deux cocktails Molotov vers les policiers de la ligne.
Perruque verte
L’un d’eux a atterri sur les agents mais ne s’est pas allumé. Les policiers ont tout de même été irrités par les accélérants. Un autre policier a vu Malo, facilement reconnaissable en raison d’une perruque verte qu’il portait, prendre la fuite, l’a suivi et l’a arrêté peu après. Dans un sac à dos laissé dans le parc, les policiers ont trouvé quatre autres cocktails Molotov, un foulard et un masque à gaz.
Le jeune homme a nié les gestes et dit s’être rendu à Montréal pour un spectacle et s’être retrouvé dans la manifestation par hasard. « Ce n’est pas le genre d’objets qu’une personne a en sa possession quand elle va voir un spectacle », a dit le juge Cadieux. Des traces d’accélérants ont été trouvées sur des poignets que portaient Malo lors de son arrestation, ce qui n’a pas aidé sa cause.
Il est accusé de possession et d’usage d’explosif, de possession de matière incendiaire, d’agression armée et de complot.
Gagnon libéré
Le présumé fumigéniste du métro a quant à lui eu plus de chance. Après une 13e nuit en détention, François-Vivier Gagnon a enfin pu recouvrer sa liberté, même s’il a, du même coup, perdu son droit de manifester.
En tout, il devra respecter pas moins de 15 conditions, dont un couvre-feu et une interdiction de se trouver à moins de 300 mètres d’un métro ou d’une école. Il devra également verser une caution de 15 000 $.
« Vous pouvez remercier votre famille, les garanties sont sérieuses », a dit le juge Jean-Pierre Boyer au jeune homme de 22 ans. Sa famille l’a d’ailleurs attendu aux marches du palais de justice tout l’après-midi, l’accueillant avec de chaudes accolades. Il reviendra à la cour, le 22 juin prochain.
Avec trois présumées complices, il est accusé de méfait, de complot et d’avoir incité à faire craindre des activités terroristes.