Sartrouville (Yvelines) Les caméras protégées par des boucliers
Le Parisien | Publié le 29.06.2012, 08h10
Les caméras de vidéosurveillance ne devraient plus être la cible de dégradations. La ville a décidé de les équiper de protections, inspirées des boucliers des policiers.
Utiliser des boucliers de police pour protéger les caméras ? Astucieux. C’est en tout cas l’idée trouvée par la ville de Sartrouville pour protéger ses équipements de vidéosurveillance régulièrement attaqués. Outre l’usage d’armes à feu, la destruction des poteaux, les dégradations des armoires ou les jets de projectiles, ceux-ci subissent parfois l’assaut de voitures incendiées.
En quelques mois, des plaques de plastique, fixées sous les appareils, ont donc pris place, dans le quartier des Indes, pour tenter d’enrayer cette violence.
« L’idée est venue, il y a deux ans, à la après deux destructions consécutives de caméras aux Indes suite à des tirs de chevrotine. En voyant l’état des globes cassés, on s’est dit qu’il fallait trouver quelque chose de vraiment solide », raconte Pierre Fond, maire (UMP) de la ville.
La destruction totale des machines évitée
Quelques réunions plus tard, c’est Jean-Michel Tisserand, directeur de la police municipale, qui trouve l’inspiration. « Si on prenait des boucliers qui résistent aux balles, les casseurs devraient changer leurs angles de tirs. Ce serait moins efficace pour eux », lance-t-il. Ni une ni deux, un métallier se met au travail. Il taille les boucliers plastique en deux et les cercle avant une fixation tout en haut des poteaux. « Le résultat a été spectaculaire puisque même si on a encore enregistré des tirs, les boucliers ont empêché une destruction totale des machines qu’on a pu, à chaque fois, réparer », note Pierre Fond.
Il faut dire que le coût des destructions d’un appareil, coûtant à lui seul environ 3000 €, peut vite grimper. A l’inverse, le prix de revient d’un bouclier de police - une centaine d’euros - semble en effet dérisoire.
« On essaie d’avoir un coup d’avance sur l’ultime invention des délinquants », remarque Raynald Godard, adjoint à la sécurité publique, qui aime bien tester de nouvelles idées. Ainsi, la ville a mis en place sur la place Nationale dans le quartier du Vieux-Pays, un coffrage blindé sur une caméra pivotant à 360 degrés. Là aussi, le test est concluant. Dans ce cas, le coût s’est monté à 15000 à 20000 € pour équiper le matériel.
Sartrouville : Bientôt des appareils mobiles
Le Parisien | Publié le 29.06.2012, 08h10
« Nous n’avons pas envie d’avoir une caméra dans chaque rue. En revanche, on a besoin d’appareils qui peuvent prendre des images pendant huit ou quinze jours dans un endroit donné en fonction d’un problème particulier de délinquance », explique Raynald Godard. Ce dernier teste donc, en ce moment, deux caméras sans fil renvoyant des images par ondes radio ou par wi-fi.
« Avec un tel système, on pourra peut-être venir à bout des dépôts sauvages », pense l’adjoint qui se félicite de l’équipement adopté par Sartrouville, depuis 1995. Aujourd’hui, soixante-dix appareils sont installés sur son territoire et filment 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Les images, qui arrivent dans un terminal, dans les locaux de la police municipale, sont autodétruites au bout de trente jours, sauf demande expresse de la justice qui peut les saisir pour une instruction.