Un acte de malveillance sur la ligne de TGV Paris-Lyon retarde 60.000 voyageurs
AFP, 26 juillet 2012 à 15:58
Un nouvel acte de malveillance dénoncé par la SNCF, le sectionnement dans l’Yonne d’un câble sur la ligne à grande vitesse Paris-Lyon, dans la nuit de mercredi à jeudi, a entraîné d’importants retards pour 60.000 voyageurs entre Paris et le Sud-est, mais le trafic revenait à la normale jeudi après-midi.
Le câble coupé a pu être réparé plus vite que prévu, jeudi à 13H30. Des retards de rames perduraient mais ils devaient se résorber en fin d’après-midi, a précisé la SNCF.
Quasiment tous les TGV du Sud-est et une partie des TGV Rhin-Rhône ont été touchés dans la matinée par des retards d’une heure à une heure trente.
Les perturbations ont débuté mercredi peu après 20H00, lorsque les systèmes automatiques de sécurité, détectant une anomalie, ont bloqué les trains à environ 90 km au sud de Paris. Un TGV en direction de Lyon, parti peu avant 20H00 de Paris, a subi près de trois heures de retard.
Un câble en cuivre enterré à environ 30 centimètres de profondeur, servant à alimenter la signalisation sur une portion importante de la ligne à grande vitesse, avait été coupé à Cuy, près de Sens.
Les voleurs "sont venus avec un gros outillage", franchissant les clôtures entourant les voies avant de s’attaquer au câble, a déclaré Jean-Christophe Archambault, directeur de l’axe TGV Sud-Est, lors d’une conférence de presse à Lyon, dénonçant "un acte de malveillance très grave, de sabotage".
"Ca peut être aussi une préparation à un vol", a-t-il indiqué, alors qu’une enquête de gendarmerie a été ouverte et qu’il n’y a apparemment pas de cuivre manquant.
"On travaille sur des plans de sécurisation des voies, pour des millions d’euros, mais face à des gens très motivés c’est difficile" sur les 30.000 km de voies en France, selon le responsable SNCF.
"gilets rouges" déployés
Une cinquantaine de cheminots ont travaillé toute la nuit sur l’incident et sont restés à pied d’oeuvre jeudi.
La SNCF a fourni à la presse une photo du câble sectionné, avec des dizaines de fils électriques pendant et des agents les reconnectant.
Pour l’information et la prise en charge des voyageurs, "les cheminots de tout le Sud-est" ont été mobilisés, d’après M. Archambault, qui a assuré que la garantie voyage s’appliquait, avec reports et remboursements possibles.
A la gare de la Part-Dieu à Lyon, où il s’adressait à la presse en fin de matinée, de nombreux "gilets rouges" étaient déployés, dans le calme.
A la gare de Lyon à Paris, certains voyageurs s’agaçaient, comme cette femme se rendant à Marseille en vacances : "Je pars toujours en mai ou septembre pour éviter les problèmes, là c’est l’horreur", a-t-elle déclaré à l’AFP.
D’autres étaient plus philosophes. Ainsi en partance pour Nice, Gérard Rossi, 56 ans, relativisait : "Je prends le train une ou deux fois par semaine, les retards restent exceptionnels".
Les deux tiers des TGV entre Paris et Lyon ont dû être détournés dans la matinée sur la ligne classique, alternative à la LGV. Dans l’après-midi, tous ont pu de nouveau circuler à grande vitesse sur leur voie habituelle.
Les vols de cuivre et actes de malveillance sont réguliers mais peu engendrent autant de perturbations. Dernier épisode en date, en mars, des actes de sabotages près de Chambéry avaient fortement perturbé la circulation des trains vers les stations de ski. La gendarmerie explore entre autres la piste d’opposants au projet de LGV Lyon-Turin.
Un an auparavant, en pleines vacances de février, environ 30.000 voyageurs avaient été stoppés plusieurs heures après un acte de vandalisme commis par un cheminot retraité sur la ligne Chambéry/Bourg-Saint-Maurice.
La SNCF touchée par une recrudescence des actes de malveillance
AFP, 26-07-2012 à 15h55
Le sabotage d’un câble dans l’Yonne, dans la nuit de mercredi 25 à jeudi 26 juillet, sur la ligne TGV entre Paris et le Sud-Est, est un des nombreux actes de malveillance auxquels la SNCF doit faire face, souvent liés au vol de câbles de cuivre, dont les prix ont atteint des taux historiques.
Voici un rappel de quelques incidents depuis 2009 :
* 2009
15 oct : Le vol de 200 mètres de câbles de cuivre dans le Val-de-Marne perturbe la circulation des TER et TGV pendant plus d’une journée.
24 oct : Le trafic est interrompu plusieurs heures à la gare de l’Est, à Paris, à cause de barrières métalliques jetées sur les voies à Pantin (Seine-Saint-Denis).
* 2011
23 jan : Le trafic de la gare Lille-Flandres, la première en France en termes de trafic TER, est paralysé plusieurs heures en raison d’un important vol de câbles de signalisation.
8 fév : Le trafic des TGV Nord et des Thalys est perturbé par un important vol de câbles et de fibres optiques.
26 fév : Des câbles de signalisation et d’alimentation sont sciés près d’Albertville, sur la ligne Chambéry-Bourg-Saint-Maurice (Savoie), provoquant des retards pour 40.000 voyageurs en un week-end de vacances très chargé.
19 avril : Après le vol de 12 câbles dans un tunnel entre Beauvais et Méru (Oise), la circulation des trains reste interrompue pendant plus d’une journée.
* 2012
3 mars : Le chassé-croisé des vacanciers dans les Alpes est fortement perturbé dans la région de Chambéry (Savoie). La nuit précédente, des câbles électriques avaient été brûlés dans trois communes.
26 juil : Quelque 60.000 personnes voyageant à bord de 200 TGV entre Paris et Lyon subissent des retards de plusieurs heures à la suite de la section d’un câble de cuivre dans l’Yonne.
Selon l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI), les vols de câbles sont faciles à commettre : les voleurs déterrent les câbles le long des voies, ou bien pillent les entrepôts de la SNCF ou de RTE (Réseau de transport d’électricité). Depuis 2011, le réseau est surveillé par des hélicoptères de la gendarmerie.
Malgré une baisse en début d’année, le cuivre est coté actuellement à près de 6.300 euros la tonne sur le marché international.