Marseille : chronologie de la situation dans le CRA du Canet (7-16 août)
Mardi 7 août
18h, rassemblement devant le centre de rétention.
Cette nuit là, fouille générale, les flics ont empêché toute la nuit les
retenus de dormir.
Depuis se jour il est interdit aux visiteurs de ramener de la nourriture
pour les retenus.
Mercredi 8 août
Un retenu, qui a fait 1 mois de taule aux baumettes suite à deux refus
d’embarquement, est de retour au centre.
Le soir des personnes se rendent au centre et tirent un feu d’artifice en
solidarité avec les retenus.
Vendredi 10 août
Les briquets sont interdits dans le centre. Pour allumer leurs cigarettes,
les retenus doivent sonner à l’interphone afin que les flics viennent
l’allumer. Les flics se rendent compte qu’un retenu cache un briquet, ils
lui confisquent et le tabassent. Le retenu n’en reste pas là, il sonne à
l’interphone sans discontinuer pendant une demi heure, jusqu’à se qu’un
flic vienne, le maîtrise au sol, l’écrase et lui dit qu’il ne lui donnera
pas de feu.
Samedi 11 août
Un tunisien qui avait déjà refusé l’embarquement est expulsé. Pour ce
faire, les flics le baillonent et l’attachent avec du scotch.
La retenue qui était entre la vie et la mort vient de recevoir une greffe
du foie, elle est toujours à l’hôpital.
Lundi 13 août
Le retenu qui a avalé une pile 10 jours auparavant n’a toujours pas reçu
de soin. Il est pourtant malade et alité.
Un autre retenu est malade, il doit suivre un traitement 2 fois par jour,
mais le matin comme le soir il doit batailler pour qu’on lui donne ses
médicaments. Pour protester, il boit des produits ménagers (eau de javel
et détergeant). Les flics le tabassent , lui donnent des vomitifs et
l’enferment en cellule d’isolement pendant 8h.
Mardi 14 août
Un retenu qui était sorti après vingt-cinq jours est de retour au centre
deux semaines après. à son arrivée, les flics l’amènent dans un bureau.
Ils l’accusent d’être le lien vers l’extérieur. Ils lui montrent des
photos du rassemblement et lui disent qu’ils savent tout.
deux refus d’embarquement vers l’Algérie par avion. Les retenus se sont
opposés physiquement au keufs, ils ont été ramené au centre.
Mercredi 15
un des deux retenus qui a refusé l’embarquement le veille se plaint de
maux de ventre. Il tombe dans les pommes. Il demande à voir le médecin,
une infirmière lui propose des cachets pour la tête, il les refuse sachant
bien qu’il s’agit de tranquillisant. les flics le ramène dans sa cellule.
Il demande à aller à l’hôpital, pour seul réponse les flics lui donnent
une « patate dans la tête ».
En réaction, tous les retenus du bloc entassent leurs matelas et menacent
de les faire cramer. Un autre bloc fait de même. La police n’intervient
pas et attend un retour au calme.
« ils font les gentils pour qu’on se calme, pour les flics les
sans-papiers c’est comme les moustiques, ils nous écrasent »
jeudi 16
Un retenu refuse l’expulsion vers l’Afghanistan, c’est son quatrième refus !
Marseille : rassemblement au tribunal vendredi 7 septembre 2012, 8h30
Dans la soirée du mercredi 8 août, des pétards sont lancés devant le Centre de Rétention (prison pour sans-papiers) du Canet à Marseille. Deux personnes sont arrêtées. Après 40h de garde à vue, ils ont été déféré devant le procureur et le juge des libertés et de la détention. Ils en sortent avec un contrôle judiciaire hebdomadaire et une interdiction de s’approcher des centres de rétention. Ils sont accusés de « mise en danger d’autrui (risque immédiat de mort ou d’infirmité) par violation manifestement délibérée d’une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence », alors que les sans-papiers sont quotidiennement mis en danger par les politiques migratoires : des milliers de morts lors de franchissement de frontières, harcèlement policier, rafles, ratonnades, exploitation, enfermement, etc.
Ce procès a lieu dans un contexte d’extrême tension au centre de rétention : tabassages réguliers, camisoles chimiques, refus d’embarquements, actes de résistance individuels et collectifs, rassemblements, etc. Une retenue a frôlé la mort, laissée à l’isolement, elle a du subir une greffe du foie suite à une intoxication. Elle avait déjà refusé deux embarquements. A son arrivée à l’hôpital, son corps était couvert d’hématomes et ses poignets portaient des marques de menotte. Les parloirs sauvages (parler, crier, faire du bruit, pétards, feux d’artifices,...) sont une pratique courante de solidarité avec les enfermés. Si aujourd’hui le chef d’inculpation est aussi lourd, c’est par volonté de stopper la mobilisation et de mettre la pression sur tous ceux qui agissent contre ce centre.
soutenons les deux inculpés
poursuivons cette lutte
RASSEMBLEMENT AU TRIBUNAL LE VENDREDI 7 SEPTEMBRE 2012, 8H30