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Paris : Deux personnes écrouées après une tentative d’incident près du Fouquet’s
(Le 18 mai 2007)

« Cette voiture n’a même pas brûlé ! »

Deux personnes écrouées après une tentative d’incident anti-Sarkozy près du Fouquet’s.

Par Karl LASKE Libération : vendredi 18 mai 2007

C’est le « climat ambiant » au Palais de Justice. Mauvais climat. La brigade de répression du banditisme (BRB) a été saisie, la semaine dernière, d’un incident anti-Sarkozy. Une tentative de dégradation de véhicule qui a failli frapper les abords désormais hautement symboliques du Fouquet’s, l’hôtel-brasserie quatre étoiles où Nicolas Sarkozy a fêté sa victoire le 6 mai. Vers 1 heure du matin, dans la nuit du 10 au 11 mai, Damien, 20 ans, s’est fait ceinturer par des agents de sécurité, un cocktail Molotov ou quelque chose d’approchant à la main. Il n’a pas eu le temps d’y mettre le feu... Il est mis en examen pour « tentative de dégradation par incendie, fabrication d’engin incendiaire, détention et transport de substances inflammables » et écroué à Fleury-Mérogis. « Damien, ce qu’il a fait, c’est un acte isolé, dit Marie-Louise, une amie. D’ailleurs, il n’a même pas réussi à le faire. Ça prouve bien qu’il n’est pas entraîné. » « Du délire ». Mais l’enquête s’emballe. Vendredi 11 mai, les policiers partent en opération dans le XIXe arrondissement, chez Paco. Un militant plus âgé, 50 ans, un libertaire, qui héberge Damien lorsqu’il vient à Paris. « Les voisins ont pensé que c’était le GIGN, raconte Marie-Louise. Les policiers étaient cagoulés. Paco était là avec deux amis. Tout le monde a été arrêté. Ils ont embarqué son disque dur, ses affiches. Son appart est sous scellés. »

Après quarante-huit heures de garde à vue, Paco est mis en examen à son tour pour « complicité de dégradation par incendie » et « recel » des produits inflammables. Le juge d’instruction l’incarcère à Fresnes.

« Cette voiture n’a même pas brûlé, s’indigne Me Irène Terrel, leur avocate. Damien reconnaît les faits et les assume. Il pouvait être placé sous un contrôle judiciaire strict. Quant à Paco, il était chez lui. Et il n’y était strictement pour rien. »

Dans la nuit, un jeune avait suivi Damien. Il est mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. « Les flics ont perquisitionné chez ses parents. Ils lui ont dit qu’on était sur écoutes et qu’on était un réseau clandestin ! dit Marie-Louise . Il est terrorisé. Ça devient du délire. »

En réalité, Paco est « repéré », mais pas comme clandestin. A la manif anti-G8 de Gênes, il se trouvait à côté de Carlo Giuliani quand ce dernier a été tué par une voiture de police. On le sait proche des anars allemands. Il a fait partie des collectifs antirépression pendant la crise anti-CPE. « Sans étiquette ». Plus récemment, il avait été avec Damien sur le canal Saint-Martin pour défendre les SDF sans papiers. Les deux amis sont dans les mouvements, « sans étiquette » mais pas sans fragilités. Paco est invalide à 80 %, souligne son avocate. « Damien parle de suicide, s’inquiète Me Terrel. Il tremblait quand je l’ai vu. » « Paco et Damien font partie des gens qui souffrent, explique Marie-Louise. Damien est très isolé. Comme beaucoup de jeunes de 20 ans, il n’a rien dans les poches, rien dans la vie. » Les deux militants ont fait appel de leur mandat de dépôt mais doivent être entendus par le juge les 30 mai et 5 juin.

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