Société 09/08/2007 - 15:33
Nouveau fauchage de maïs transgénique
Une parcelle de maïs transgénique a été détruite dans la nuit de lundi à mardi dans un champ à Lussas, dans l’Ardèche, apprend-on auprès du collectif anti-OGM du département. Une partie de la parcelle, soit environ 17 000 pieds de maïs, a été neutralisée. Le propriétaire a porté plainte pour destruction de biens. Cette action, qui n’a pas été revendiquée, fait suite au suicide le 5 août d’un cultivateur du Lot, où des anti-OGM devaient tenir un pique-nique devant sa parcelle de maïs OGM.
"Nous ne revendiquons pas cette action. Depuis le début de l’été, nous sommes dans une démarche de négociation avec les paysans concernés pour les convaincre de rompre leur contrat avec le semencier Limagrain", a déclaré Olivier Keller, responsable du dossier OGM à la Confédération paysanne.
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09/08/07 - nature
Ardèche : 1,7 hectare de maïs transgénique détruit
Mardi, environ 17 000 pieds de maïs transgéniques ont été détruits dans un champ de Lussac, en Ardèche.
Si aucune revendication n’a été faite, une affichette clamant "la terre n’appartient pas à l’homme" a été retrouvée sur le lieu du délit. Cette phrase est en fait la moitié de la déclaration attribuée à Sitting Bull, un grand chef indien, ("la terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre").
Une plainte a été déposée pour "destruction de biens". La gendarmerie de Villeneuve-de-Berg sera chargée de l’enquête.
"Détruire des parcelles ne nous amène à rien"
Le collectif ardéchois anti-OGM ne cautionne pas cette action. "Depuis le début de l’été, nous sommes dans une démarche de négociations avec les autorités, les agriculteurs concernés ainsi que le semencier Limagrain, et non dans une démarche de destruction. Détruire des parcelles ne nous amène à rien et nous n’avons aucune idée de qui a pu faire cela", a déclaré Gabriel Fabregoule, porte-parole du collectif.
http://www.enviro2b.com/environnement-actualite-developpement-durable/4250/article.html
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Les anti-OGM ne cautionnent pas l’acte - Qui a arraché les 17000 pieds de maïs en Ardèche ?
( Publié le 09/08/2007 à : 15H 41 min )
Le trouble s’est installé dans le milieu des anti-OGM d’Ardèche. Ils s’étaient engagés depuis juillet dans un processus de discussions avec les forces vives du département, les agriculteurs cultivant des variétés génétiquement modifiées et le semencier Limagrain. Le fauchage était, de fait, proscrit. Ils viennent de subir une véritable douche froide : 17000 pieds de maïs transgénétique ont été fauchés en début de semaine sur l’exploitation d’un agriculteur à Lussas.
« Nous avions même convaincu les plus durs de nos membres ! » Le porte-parole du collectif ardéchois anti-OGM, Gabriel Fabregoule, est forcément déçu. Après plusieurs semaines passées à convaincre toutes les parties que le passage de l’arrachage à la négociation pouvait être une solution viable pour le mouvement d’opposition aux OGM, ses efforts ont été réduits à néant par une action… anti-OGM. La destruction de 17000 pieds à Lussas met un terme aux échanges qui étaient menés avec plusieurs interlocuteurs : « Tout le monde se plaint, note-t-il. L’un des agriculteurs avec qui nous échangions ne veut plus nous recevoir. »
Les tentatives pour convaincre que l’Ardèche devait être une terre sans OGM, l’expérience menée avec des ruches fixes pour analyser les conséquences de la présence d’OGM : tout cela est désormais compromis. Et à l’heure où il s’agit de trouver un coupable, Gabriel Fabregoule ne cache pas son trouble : « Le doute est en nous. Qui a pu faire cela ? ». S’il reconnaît qu’ « on ne peut maîtriser personne », le porte-parole juge que la phrase retrouvée sur l’affichette laissée sur les lieux de l’arrachage (« La terre n’appartient pas à l’homme ») ne donne aucune indication : « elle peut être utilisée par des anti comme par des pro-OGM ».
Source : TV Agri
Auteur : François Desnoyers
http://www.terre-net.fr/actualite-agricole/france-local/article-203-41722.html
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Un mois avant, Bové avait monté une opération symbolique contre ce même champ :
Quand José Bové "pollinise" les OGM
Ils ont conçu cette opération comme un "baptême". 500 militants anti-OGM, José Bové en tête, ont "pollinisé" jeudi en Ardèche un champ de maïs OGM, c’est à dire qu’ils ont épandu du pollen de maïs traditionnel afin de rendre les semences OGM impropres. L’opération s’est déroulée à Lussas "sans incident", sans que personne n’ait à entrer dans la parcelle d’environ 6.000 m2, et la gendarmerie présente sur les lieux n’est pas intervenue, selon les "organisateurs".
Face aux nombreuses condamnations dont ils font l’objet, les militants anti-OGM ont imaginé ce moyen d’action pour limiter leur responsabilité. "Nous avons simplement agité des épis. Les pollens sont déplacés par le vent, les insectes, les humains, donc on a pas eu besoin de rentrer dans la parcelle", a souligné le responsable d’Agribio Ardèche, association de promotions des produits biologiques du département participant à l’opération. Les organisateurs estiment que l’opération s’est déroulée "dans un cadre légal" car personne n’a eu à entrer dans le champ. "Jusqu’à présent ce sont les OGM qui polluent les paysans autour, et bien là pour la première fois nous allons polluer la semence en envoyant du pollen de maïs traditionnel et le semencier ne pourra rien en faire. C’est la politique de l’arroseur arrosé, on va polluer le pollueur", a pour sa part déclaré José Bové.
"Nouvelle forme de sabotage"
Le semencier français Limagrain, qui exploite le champ, a annoncé son intention de porter plainte et qualifié l’opération de "nouvelle forme de sabotage". Selon le directeur stratégie et communication du groupe, "c’est parfaitement l’équivalent d’une destruction, puisque la pureté du maïs est exigée dans tous les cas de commercialisation". "On va analyser les conséquences de ces actes mais c’est certain qu’on va porter plainte", a-t-il ajouté. De son côté, la préfecture de l’Ardèche n’a pas souhaité faire de commentaire.
Les anti-OGM accusent les semenciers d’OGM d’être incapables de maîtriser les pollens de leurs plantes et de contribuer à la prolifération des OGM dans les champs de cultures traditionnelles. La parcelle de Limagrain concernée par l’action est située à Lussas, près d’Aubenas. Interrogé récemment sur les sites de Limagrain, le groupe avait mentionné des champs dans le Tarn-et-Garonne et le Gers, mais aucun en Ardèche. Le directeur général du groupe avait annoncé début juillet qu’il "s’interrogeait très sérieusement" sur la poursuite de ces essais en France, à quelques semaines du Grenelle de l’environnement qui doit notamment se prononcer sur les OGM.
http://tf1.lci.fr/infos/sciences/environnement/0,,3502186,00-jose-bove-attaque-champ-ogm-pollen-.html
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Interview du responsable OGM de la Conf’ sur les négociations avec Limagrain
Les Ardéchois marchent contre les OGM
Faucheurs . Animateur de la manifestation partie hier de Privas, Olivier Keller, rappelle l’exigence d’un moratoire contre la présence d’OGM.
Olivier Keller est porte-parole du collectif anti-OGM en Ardèche et responsable de la commission OGM de la Confédération paysanne nationale. Entretien.
Pourquoi avez-vous décidé de lancer cette marche ?
Olivier Keller. Il y a dix jours, nous avons manifesté sur le canton de Villeneuve-de-Berg pour avertir les habitants ardéchois de la présence d’OGM sur notre territoire. Nous avons également interpellé les élus locaux et les parlementaires qui s’étaient positionnés clairement contre les OGM ou qui défendent le principe de précaution. Nous leur avons proposé de négocier avec le semencier Limagrain. Le conseil général était d’accord pour indemniser les paysans en échange d’une neutralisation des trois parcelles de maïs OGM. Négociation que Limagrain a rejetée, lundi, probablement en concertation avec l’État. Du coup, nous avons décidé d’entamer cette marche qui se terminera demain à Lussas, sur le canton de Villeneuve-de-Berg où sont localisées les parcelles.
Comment se déroulent ces journées ?
Olivier Keller. Elles sont rythmées par des rencontres et des débats. Le premier, hier, à Verdus, s’attachait à la problématique du terroir et ses produits de qualité. Ce soir, à Darbres, nous aborderons davantage la réalité de l’agriculture paysanne et des semences paysannes. Et demain, nous attendons beaucoup de monde à Lussas où nous espérons faire un festival avant l’heure, en référence au festival du documentaire qui a lieu chaque année ici à la fin du mois d’août. Nous déciderons des actions à mener à l’occasion d’une assemblée générale. Seule la pression de l’opinion publique pourra à nouveau faire bouger les choses. Nous réclamons un moratoire contre la présence d’OGM sur notre territoire. Décision qui doit être prise rapidement car la floraison des épis et la dissémination des pollens sont prévues en fin de semaine prochaine. Nous refusons que nos cultures soient contaminées par les OGM.
Entretien réalisé par Maud Dugrand
Article paru le 25 juillet 2007 dans L’Humanité
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Et une parcelle bio également fauchée ?
Vers une radicalisation de la guerre des OGM ?
Le 02/08/2007 à 0 h 00 - par Morgane Tual
On connaissait le fauchage d’OGM. On vient de découvrir le sabotage de plantations bio. Les pro-OGM commenceraient-ils à se faire entendre ? En attendant, les anti menacent le gouvernement de continuer les fauchages. La guerre semble se radicaliser.
« Un moratoire sur les OGM est indispensable pour éviter une guerre dans les campagnes. » Maïté Goienetxe est technicienne dans le groupement des producteurs biologiques du Pays basque. Comme beaucoup d’acteurs de la polémique OGM, elle n’hésite plus à utiliser le terme de « guerre » entre pro et anti transgénique. Surtout depuis le sabotage, la semaine dernière dans les Pyrénées Atlantiques, de parcelles de maïs biologique, aspergées par un produit chimique. Ces plantations n’étaient pas vraiment comme les autres. Entourées par des parcelles OGM, elles participaient à une expérimentation visant à mesurer la pollinisation du maïs bio par le maïs transgénique. « Ce sabotage veut nous empêcher de démontrer que la coexistence entre maïs OGM et non OGM est impossible » affirme Patrick De Kochko, ingénieur agronome.
Ce sabotage est une première en France. Serait-il le signe d’un réveil des pro-OGM français ? « J’ai longtemps reproché aux agriculteurs leur passivité. Ils ont laissé les faucheurs occuper le terrain » explique Jean-Marie Bidaux, fondateur du site web pro-OGM « Pour une agriculture demain ». « Mais depuis un an, ils commencent à réagir. » Alors œil pour œil, sabotage pour fauchage ? « Sûrement pas » rétorque Jean-Marie Bidaux, « le sabotage, sous quelque prétexte que ce soit, est inadmissible. Et puis je ne pense pas que les pro-OGM soient amenés à faire des actions radicales, car ils ne sont pas habités par l’agressivité qui caractérise les anti. »
Il faut dire aussi que le vent tourne plutôt dans le bon sens, pour les adeptes des biotechnologies. Cette année, la France a quadruplé sa surface de plantations transgéniques : 20 000 hectares accueillent désormais des OGM. Il y a deux ans, ils n’étaient que 500. « C’est une explosion » s’alarme Magali Ringoot, chargée de campagne OGM à Greenpeace. « Ca y est, la France s’engage clairement dans le transgénique. Nous sommes devenus le deuxième producteur d’Europe, après l’Espagne. » Autre victoire pour les pro : la France a accepté en juin que les produits bio puissent contenir jusqu’à 0,9 % d’OGM. Enfin, notons que le président nouvellement élu était le seul des candidats à ne pas s’être prononcé en faveur d’un moratoire sur les OGM.
Des évolutions bien douloureuses pour les anti, mais qui restent toujours aussi mobilisés. Le mois dernier, le semencier Limagrain a menacé de quitter la France après un énième fauchage de ses parcelles. Mais, comme l’affirme le pro-OGM Jean-Marie Bidaux, « Les faucheurs auront du mal à détruire les milliers de nouveaux hectares plantés cette année. Ils se sentent débordés. » Ce qui ne les empêche pas de se montrer virulents. Mardi dernier, un groupe de militants, parmi lesquels José Bové, ont exigé auprès du ministère de l’Ecologie la mise en place immédiate d’un moratoire sur les OGM. Mais le ministère les a renvoyés au « Grenelle de l’environnement », prévu en octobre. Une réponse insatisfaisante pour les militants, qui ont clairement menacé d’appeler au fauchage si rien ne changeait dans les jours à venir. « Les militants sont déterminés, malgré la répression qui s’intensifie. Maintenant, la prison avec sursis est devenue quasiment systématique » souligne Magali Ringoot.
En attendant, dans les campagnes, la situation deviendrait de plus en plus délicate. « C’est sans précédent. Avant, la question des OGM opposait surtout la société civile aux grandes multinationales. Là, ça se complique. Ce sont les agriculteurs qui s’opposent entre eux. C’est une guerre entre voisins. » Et une guerre du soupçon, puisque rares sont les agriculteurs connus pour cultiver des OGM. Aujourd’hui, les autorités ne précisent pas la localisation des parcelles transgéniques, seul le nombre d’hectares par canton est dévoilé, sans plus de précisions. « Comment un agriculteur peut-il savoir si son voisin ne cultive pas des OGM ? Comment peut-il être sûr de ne pas perdre son label bio ? » Mais avec l’extension des surfaces, l’augmentation du nombre d’agriculteurs OGM, et le lobbying des semenciers, cultiver du transgénique commence à devenir moins tabou. C’est pourquoi, selon Magali Ringoot, « on risque d’assister bientôt à une guerre plus ouverte. »
http://www.marianne-en-ligne.fr/une/e-docs/00/00/F3/9E/document_une.phtml
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Bernard Pouey, un agriculteur bio victime de sabotage ?
Par Daniel R (visiteur d’entreprise) 21H27 01/08/2007
Une curieuse aventure, rapportée lundi 30 juillet par le président de la Fédération Bio-Aquitaine, Jon Harlouchet, et Patrick De Kochko, ingénieur agronome. Elle s’est déroulée à Saint-Dos dans les Pyrénées-Atlantiques, la semaine dernière. Bernard Pouey, l’agriculteur bio (comme biologique) du village, a déposé plainte à la gendarmerie de Salies pour sabotage de parcelle de maïs.
Une étude scientifique était en cours pour mesurer le degré et l’étendue de la contamination pollinique générée par des maïs OGM (organisme génétiquement modifié) des champs voisins sur des maïs non-OGM. Suivant les résultats, il serait possible de déterminer si la coexistence est possible entre les deux filières. S’ils étaient contaminés, les maïs bio ne le seraient plus (bio). La victime potentielle pourrait demander l’interdiction des cultures OGM ou/et demander, devant la justice, la réparation des préjudices.
Hélas, l’étude ne pourra être menée à terme car les plants de huit espèces différentes de maïs ont refusé de pousser. Une première enquête a montré que la parcelle aurait été aspergée d’un produit chimique spécifique empêchant la pousse des plantes, ce qui ferait penser à l’action clandestine d’un spécialiste. Une expertise judiciaire devra apporter des informations plus précises. Le phénomène local détruisant les récoltes de maïs est peu probable dans la mesure où des parcelles similaires, quoique OGM, ne présentent aucun symptôme et apparaissent, par comparaison, dans une forme insolente.
Il s’agit, peut-être, du premier attentat terroriste porté contre une parcelle de maïs bio. Les Faucheurs volontaires ont-ils trouvé leur alter ego dans l’autre camp ? Mais peut-on mettre sur le même plan l’action en plein jour d’hommes sûrs de leur devoir et du principe de précaution, assumant leurs actes jusqu’à la prison, avec l’action clandestine, si elle est confirmée, de spécialistes rémunérés, d’empoisonnement des terres dans le but d’interrompre une étude scientifique neutre dont les résultats seraient déjà connus ?
Le cultivateur béarnais ne songe qu’aux conséquences dramatiques de la situation. Sa parcelle, si elle est empoisonnée, perdra son agrément bio et ne pourra être remise en culture qu’après sa dépollution :
http://www.rue89.com/2007/08/01/bernard-pouey-un-agriculteur-bio-victime-de-sabotage