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Vienne (Isère) : (ré)pression contre des libertaires locaux pour des dégradations de locaux UMP
(Le 6 septembre 2007)

Répression politico-judiciraire

Aux prétextes de délits mineurs, Remiller (député-maire de Vienne, Isère) envoie la police « chasser des sorcières » "rouges" et "noires" afin d’étouffer les mouvements d’opposition non-institutionnels.

Graffitis, crachats, puis bris de vitres, les locaux UMP de la 8ème circonscription de l’Isère et la mairie de Vienne subissent des dégradations. Le député maire de Vienne Jacques Remiller n’apprécie guère. Il est allé, selon nos informations, quémander « justice » aux plus grandes figures politiques de son parti et de l’Etat. Malgré le ridicule des faits reprochés, la police, sous la pression hiérarchique, a mené une guerre psychologique à de très jeunes militants viennois, B, J et L (encore mineur), pour obtenir des aveux, coûte que coûte. Les réduire au silence sortirait de toute façon une épine du pied du député-maire de Vienne.

Des délits mineurs aux raisons politiques

Tout d’abord, plusieurs dégradations assez mineures sont commises sur le local de l’UMP de Vienne. Ce genre de locaux politiques sont, depuis plusieurs mois, attaqués partout en France.

Des graffitis le traitant de "fasciste" sont inscrits à deux reprises au marqueur indélébile sur la plaque parlementaire de Jacques Remiller, rue de la Chaîne (Vienne), près de la mairie. Le député-maire porte plainte. De la glue est insérée dans les serrures des deux portes du local UMP, rue Teste du Bailler (Vienne). Plusieurs graffitis politiques (un symbole "mort aux vaches", une étoile rouge et la "A" anarchiste entre autres) sont constatés sur les vitres du même local. Les vitres du local derrière lesquelles est affichée l’effigie de Nicolas Sarkozy sont très régulièrement maculées de crachats.

A partir du mois de mars, comme dans de nombreuses villes de France, les locaux UMP viennois subissent de nombreuses dégradations. Une vitre du local UMP de Vienne est brisée par un jet de pavé. Cité dans les dépositions de deux délateurs, dont l’un anonyme, un militant anarchiste mineur (qu’on nommera L) est convoqué au mois de mai par la police. Il est interrogé par l’officier de police judiciaire Emmanuel Such. Les témoignages des délateurs présentent L se vantant publiquement d’avoir brisé la vitre du local UMP. Un deuxième local est dégradé, au mois de juin, à Roussillon. Dans les deux cas, Remiller dénonce un « déni de démocratie », reconnaissant ainsi le caractère politique des dégradations..

Une tension grandissante entre la mairie et des militants de gauche viennois

L’affaire s’emballe, d’une part à cause de bisbilles entre Renan Remiller et de jeunes militants d’opposition, mais surtout à la suite de ce deuxième bris de vitre.

Fin mai / début juin, par deux fois, un militant anarchiste jeune majeur, B, a affaire à Renan Remiller, fils du député-maire de Vienne et colleur d’affiche bénévole pour son père. Une première fois, montée Saint-Marcel (Vienne), B, en compagnie de L, enlève des affiches électorales de Jacques Remiller, qui étaient déjà largement dégradées (et qui cachaient inutilement des affiches culturelles placées derrière), sur un panneau d’affichage libre. Quelques jours plus tard, B, en compagnie de plusieurs militants viennois de la cause sociale (de longue date), recroise Renan Remiller. Celui-ci accuse B et ses amis d’avoir retiré des affiches qu’il venait de coller.

Or, rappelons que, dans la nuit du 16 au 17 juin, les vitres du local UMP de Roussillon sont brisées et un engin incendiaire (qui semblait être un cocktail Molotov, à base de bouteille de Vodka), est jeté à l’intérieur. Des traces indiquent qu’un des « vandales » portait des chaussures de type Shox. Le 22 Juin,, B est convoqué à la gendarmerie de Vienne. En effet, Renan Remiller s’y était précipité après l’attaque de Roussillon. Renan l’a accusé d’avoir tenu en sa présence (lors de la seconde incartade) les propos suivants : « si Remiller est réélu, on brûle les locaux de l’UMP, la mairie, sa maison, tout... ». Ce qui le positionne en bonne place de la liste des suspects de l’affaire du local de Roussillon. B apprend également qu’un des militants avec qui il était lors de la deuxième rencontre avec Renan Remiller a déjà été convoqué à la gendarmerie concernant Roussillon. Ce militant, qu’on appellera P, a dû justifier sa localisation dans la nuit du 16 au 17 juin. L’organisateur du barbecue où il se trouvait cette nuit là, l’employeur de P ainsi qu’un de ses collègues ont été entendus par la gendarmerie. B nie toute implication dans le vandalisme de Roussillon ainsi que les propos que Renan Remiller que lui a prêté. Le domicile de sa mère a été perquisitionné. Celle-ci a été interrogée par la gendarmerie pour qu’elle confirme l’alibi de son fils. B a été disculpé grâce à son témoignage.

Du mois de juin au mois de juillet, rien ne vient inquiéter B ou L. Les évènements précédents n’expliquent pas la vague de répression que les jeunes viennois ont affrontée au mois d’août. Il était évident que Jacques Remiller faisait pression pour que des enquêtes sérieuses soient menées sur ces délits ridiculement mineurs. Cependant, le rythme de ces enquêtes ne contente pas Remiller. Puisqu’il ne peut exercer suffisamment de pression de façon horizontale sur la police, il semblerait qu’il soit allé directement réclamer justice à la tête du ministère de l’Intérieur et de l’Etat.

D’après une source proche de la mairie, une discussion téléphonique aurait eu lieu entre la Ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie et Jacques Remiller. Jacques Remiller aurait demandé à ce que la police trouve des coupables aux dégradations à caractère politique, et particulièrement à Vienne. Nous ignorons si cette rencontre à eu des effets autre part que dans sa circonscription. D’autre part, selon une source interne à la police corroborée par un individu proche de la mairie, Remiller a également rencontré Nicolas Sarkozy de Nagy-Bosca. Le président de la république aurait déclaré à Remiller que c’est quand même chez lui qu’il reste une des dernières cellules anarchistes ( !). Nous avons appris que Emmanuel Such est, selon lui, depuis 6 ans officier de la police judiciaire détaché à la sécurité de l’Elysée. Selon la même source, Remiller aurait rencontré d’abord le directeur des renseignements généraux. Nous ne savons pas si les renseignements généraux sont en train d’enquêter sur ces mêmes affaires. Remiller a également rencontré Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy aurait déclaré à Remiller que c’est quand même chez lui qu’il reste une des dernières cellules anarchistes ( !). Nous avons appris que Emmanuel Such est depuis 6 ans officier de la police judiciaire détaché à la sécurité de l’Elysée. Nous ignorons l’ordre dans lesquels ces divers contacts ont été pris et ne pouvons certifier la véracité de ces informations.

Violente et soudaine vague de répression

Quoiqu’il en soit, la police, soudainement, semble pressée d’en finir. Elle n’a aucune preuve ni aucun indice matériel. Aussi, pour trouver des coupables, doit elle exercer une pression sans commune mesure avec les délits, à savoir principalement un bris de vitre et un graffiti au marqueur.

La répression s’est abattue sur les jeunes viennois soudainement. Alors que B allait porter plainte pour dénonciation calomnieuse, fin juillet, contre Renan Remiller, Emmanuel Such le croise. B est alors été interrogé. Il l’a questionné au sujet de L et de leur éventuelle complicité concernant la dégradation du local UMP de Vienne. B. a nié leur implication et il pensait n’être plus inquiété dans ce genre d’affaire. Il se trompe lourdement. Comme L. était dans l’incapacité de se rendre à une nouvelle convocation, l’O.P.J Such a essayé de s’attaquer à une étudiante en science politiques. N’étant pas elle non plus disponible, c’est son frère, un militant marxiste-léniniste, J, qui a été convoqué sans raisons apparentes, le 17 août. Certes, B et J sont amis, mais le seul lien invocable par la police pouvant relier J à B et L est une photographie prise de la mairie lors d’une manifestation anti-CPE. Cette photo datait de 2007 alors qu’elle a été prise en 2006. Ils ont demandé à ce que J et L reconnaissent plusieurs individus sur cette photographie. Pourtant, manifester ne constitue pas un délit et les regroupements par affinités politiques n’ont légalement rien de commun avec des organisations de malfaiteurs, surtout lorsqu’on tente de les prouver avec des photos vieilles d’un an. L’OPJ s’est servi de menus délits datant de l’époque où J était mineur pour faire pression sur lui. Il a menacé de le mettre en garde à vue, de l’impliquer dans l’affaire pour complicité et de lui "mettre des coups de pieds au cul". Il évoque de nombreux détails de la vie privée de J, de celle de ses parents et de sa sœur, qui lui ont été révélés par des délateurs.

L. est convoqué le 20 aout à 9h30 et est placé presque directement en garde à vue. Alors que pour tout mineur placé en garde à vue les parents doivent être prévenus, c’est B qui prévient la mère de L. l’OPJ Such essaie de lui mettre tous les délits commis sur le dos. L. avoue vaguement. Une perquisition est menée à son domicile dans la journée. Rien n’est découvert en rapport direct avec l’affaire. Cependant, des éléments disparates et inoffensifs sont regroupés par la police qui menace L. de les transmettre à la section anti-terroriste de Paris. Sous la pression L. signe l’aveu de son implication dans le bris de vitre du local UMP de Vienne. Il reste néanmoins en garde à vue puisque l’OPJ obtient une prolongation du procureur, soit disant pour que la police continue peaufine l’étude des objets perquisitionnés. Précisons que L n’obtient pas la nourriture que sa mère lui a apporté. L’OPJ a dit que Remiller retirerait sa plainte si L avouait. Que L reste en garde à vue permet à l’OPJ Such de mentir à J en lui disant que L lui a tout mis sur le dos. J est en effet convoqué à nouveau, alors que L est encore en garde à vue. Such tente de le faire craquer et de lui extorquer des aveux concernant les dégradations mineures commises à Vienne. Lors de toutes les convocations, Such affirmé que aux trois suspects c’était à eux de prouver leur innocence et non pas à la police de prouver leur culpabilité. J a été menacé une fois de plus de rester en garde à vue puis à pu quitter le commissariat. Such lui a précisé que dans huit jours il connaîtrait la vérité. L est remis en liberté le 21 Aout à 17h30.

Une semaine plus tard, le 27 Aout à 9h30, c’est à nouveau au tour B d’être convoqué par Such, par une convocation remise en main propre. Such a parlé de divergences de témoignage (qui se sont avérées inexistantes) entre L et B. Il l’a placé en garde à vue car il continuait de nier les dégradations commises à Vienne. Il a passé plusieurs heures en garde à vue. Puis il a été réinterrogé. Such lui a demandé plusieurs fois s’il avait assisté à des réunions d’obédience anarcho-libertaires, de façon insistante. B a signé de refuser le procès verbal de l’interrogatoire. Such lui a demandé d’autoriser la police à effectuer une perquisition. B a signé l’autorisation. Il n’a pas été menotté lors du trajet jusqu’à son domicile alors que la loi le prévoyait. La police a perquisitionné son ordinateur, sa chambre et sa cave. RIen n’a été découvert, au grand dam de la police. B a fini par avouer, obtenant le retrait de la plainte de Jacques Remiller, la non consultation du dossier par les renseignements généraux et la disculpation totale de J. Il n’a avoué que pour la glu dans la serrure et le graffiti "fasciste" mais le Dauphiné et la Tribune de Vienne lui ont mis sur le dos des tags sur les vitres de l’UMP. B est libéré après 25 heures en garde à vue, malgré ses aveux, au prétexte, selon l’OPJ, de pressions que pourraient exercer les renseignements généraux ( ?).

Renan Remiller a été entendu jeudi 30 par l’OPJ Such dans le cadre du dépôt de plainte de B. L sera jugé en novembre 2007 par le Tribunal pour enfants. L. doit payer 1825 euros pour rembourser la vitrer. B sera jugé en mars 2008 par un tribunal à juge unique et ignore combien il devra payer d’amende. J a été mis hors de cause.

Chronologie :

- Mars : une vitre du local de l’ump à Vienne est brisée
- L est interrogé par l’OPJ Emmanuel Such à ce sujet.
- Par deux fois, des incartades ont lieu entre des militants viennois et Renan Remiller
- 17 Juin : le local de campagne de Jacques Remiller à Roussillon est dégradé par un engin incendiaire
- P. est interrogé par la gendarmerie de Vienne. Un de ses amis, son employeur et un de ses collègues sont interrogés également.
- 22 Juin : B est convoqué à la gendarmerie de Vienne pour être interrogé à propos de la dégradation du local de Jacques Remiller à Roussillon.
- Fin Juillet : B porte plainte contre Renan Remiller et est interrogé par Such pour l’affaire du local de Vienne
- Le 17 Aout : J est convoqué au commissariat et interrogé par Such.
- Du 20 au 21 Août : L est placé en garde à vue, son domicile est perquisitionné et avoue avoir brisé la vitre du local UMP à Vienne. Pendant ce temps, J est de nouveau interrogé à propos des dégradations mineures commises.
- Renan Remiller est interrogé par Emmanuel Such.
- Du 27 au 28 Août : B est convoqué, interrogé, placé en garde à vue. Son domicile est perquisitionné et il avoue avoir commis les dégradations mineures.

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