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Brest : trois jeunes vont être jugés pour avoir tiré sur la police en novembre 2005
(Le 10 décembre 2007)

A Brest, trois jeunes vont être jugés pour avoir tiré sur la police

Le procès de cinq émeutiers de 2005 s’ouvre la semaine prochaine à Brest. Trois d’entre eux sont accusés de violence avec arme.

Délinquants qui versent dans la criminalité ou simples voyous emportés par la fièvre de l’émeute ? Les 18 et 19 décembre, le tribunal correctionnel de Brest se penchera sur le profil et la responsabilité de cinq jeunes soupçonnés d’avoir participé aux violences urbaines de 2005.

Dans la nuit du 7 au 8 novembre, soit dix jours après le début des émeutes à Clichy-sous-Bois, le quartier populaire brestois de Pontanézen s’embrase à son tour. Un cocktail Molotov est jeté sur une aile de l’école publique.

Une brigade de police, appelée en renfort, est prise à partie par une vingtaine de jeunes. Trois coups de fusil de chasse sont tirés à bout portant sur le véhicule. Des plombs s’enfoncent dans un appuie-tête. Par chance, seul un fonctionnaire de police est légèrement blessé par des éclats de verre.

Trois des jeunes qui comparaîtront la semaine prochaine sont impliqués dans les tirs. L’un est accusé d’avoir fourni l’arme, un autre d’avoir pointé le fusil et le troisième d’avoir tiré. Les deux autres sont accusés de destructions de biens par incendie. Des faits niés par les jeunes

Tous majeurs au moment des faits, ils sont présentés par le parquet comme des meneurs. Certains avaient déjà un casier judiciaire. C’est le cas en particulier de Nacir B., déjà condamné pour avoir incendié une annexe de la mairie de Pontanézen en 2003. Vahitu S., auteur présumé du coup de feu, avait pour sa part déjà été condamné pour vol.

Tous deux nient les faits qui leur sont reprochés et, selon les avocats, leur profil ne correspond pas à celui de dangereux délinquants. Fils de militaire, Vahitu n’habite pas le quartier de Pontanézen. Il n’aurait pas préparé sa participation aux violences mais, alerté par des amis, se serait spontanément rendu sur place au moment des affrontements, selon son avocat, Me Ronan Appéré.

En 2003, Nacir avait pour sa part reconnu sa responsabilité et n’avait pas fait appel, argumente Me Vincent Omez. Mais cette fois-ci, son client nie sa participation aux émeutes et met son arrestation sur le compte d’un contentieux avec la police brestoise. Le procès de Brest sera exemplaire

Au-delà des cas particuliers des cinq accusés, le procès de Brest sera exemplaire à plus d’un titre. Au lendemain de la nuit d’émeute, la police avait lancé un appel à témoin, sans récompense à la clé. C’est à partir d’un témoignage anonyme que, deux semaines plus tard, un important dispositif policier procédait aux interpellations dans le quartier de Pontanézen.

Me Vincent Omez dénonce les menaces que représente le recours aux témoignages anonymes pour les droits de la défense. L’avocat n’a pas pu obtenir de confrontation avec le témoin durant l’instruction et l’intervention à l’audience, selon les procédés vidéo et de brouillage des voix, relève d’un maniement très délicat.

Le contexte des émeutes de Villiers-le-Bel donne surtout à ce procès un relief particulier. Après qu’une cinquantaine de policiers ont été blessés par des tirs, le président de la République avait lancé : « Les faits commis portent un nom, c’est tentative d’assassinat. »

Mais à Brest, l’instruction n’a pas permis d’établir l’intention de tuer et les magistrats ont abandonné ce chef d’accusation pour celui de violence volontaire avec arme.

publié le 10-12-2007 sur le site www.la-croix.com

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